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Bulletin crypto – semaine 428

Le bitcoin a récemment buté une nouvelle fois sous le seuil des 70 000 $, reculant vers 67 000 $ après une tentative de dépassement en début de semaine. Cette hésitation s’inscrit dans un contexte plus large où plusieurs forces contraires freinent l’élan du marché. Depuis plusieurs mois, les fonds négociés en bourse adossés au bitcoin au comptant enregistrent d’importantes sorties nettes de capitaux — plus de 9 milliards de dollars cumulés — ce qui limite la portée des rebonds. Les reprises observées semblent davantage alimentées par des rachats de positions vendeuses que par de véritables flux acheteurs structurants.

À cela s’ajoute un environnement macroéconomique tendu. Le regain de tensions au Moyen-Orient a provoqué une remontée des prix du pétrole, ravivant les craintes inflationnistes à l’approche d’une décision clé de la Réserve fédérale américaine. Cette pression sur l’énergie complique l’équation monétaire et réduit l’appétit pour les actifs jugés risqués. De plus, l’incertitude entourant la politique commerciale américaine, notamment la mise en place de nouveaux tarifs douaniers, entretient un climat d’attentisme sur les marchés financiers mondiaux.

Sur le plan domestique, les investisseurs surveillent également de près les données du marché du travail américain. Une éventuelle révision à la baisse des chiffres de l’emploi pourrait confirmer un ralentissement économique et accentuer la prudence. Dans ce contexte, le bitcoin continue d’évoluer en forte corrélation avec les actifs boursiers, se comportant davantage comme une valeur spéculative que comme une valeur refuge.

Tant que ces différents vents contraires — sorties institutionnelles, tensions géopolitiques, incertitudes commerciales et doutes sur la vigueur économique — ne se dissiperont pas, les analystes s’attendent à voir le bitcoin osciller dans une large fourchette plutôt qu’entamer une progression durable. La question demeure donc ouverte : assistons-nous à une simple phase de consolidation dans le cycle habituel de quatre ans, ou à un changement plus profond de dynamique ?

Selon une récente analyse de TRM Labs, l’activité des plateformes crypto iraniennes a chuté d’environ 80 % à la suite des frappes militaires américaines et israéliennes survenues à la fin février. Cette contraction marquée des volumes coïncide avec les restrictions d’accès à Internet imposées dans le pays au moment des opérations. Toutefois, malgré ce ralentissement brutal, l’infrastructure du marché ne montrerait pas de signes d’effondrement structurel.

Les principales plateformes locales continueraient de fonctionner, mais dans un mode plus prudent. Certaines ont temporairement limité ou regroupé les retraits, réduit la profondeur des carnets d’ordres et diffusé des mises en garde à leurs utilisateurs. De son côté, la banque centrale iranienne a ordonné la suspension temporaire de la paire USDT–toman — passerelle clé entre les cryptomonnaies et la monnaie nationale — sur plusieurs grandes plateformes. À la reprise des échanges, la liquidité s’est révélée plus faible, avec des écarts de prix ponctuels reflétant un marché fragilisé à court terme.

Malgré les rumeurs alarmistes circulant sur les réseaux sociaux, le conflit en Iran ne devrait pas ébranler de façon significative le réseau mondial de minage de Bitcoin, estiment plusieurs analystes et acteurs du secteur. Certains messages évoquaient un effondrement du hashrate mondial et une vague massive de ventes de BTC en cas de perturbations majeures sur le territoire iranien. Or, selon les spécialistes, la part réelle de l’Iran dans la puissance de calcul globale demeure limitée, ce qui réduit considérablement le risque systémique pour le protocole.

Même si des interruptions d’électricité ou des fermetures temporaires d’installations minières survenaient localement, l’impact sur les temps de validation des blocs et sur la sécurité du réseau serait marginal. Les estimations les plus répandues situent la contribution iranienne à quelques points de pourcentage tout au plus, certains l’évaluant même sous la barre de 1 %. On est donc loin d’un choc comparable à l’interdiction du minage en Chine en 2021, qui avait entraîné une chute brutale et mesurable du hashrate mondial.

Le bitcoin s’apprête à franchir un seuil hautement symbolique : l’émission de son 20 millionième jeton. Sur un plafond strictement limité à 21 millions d’unités, plus de 95 % de l’offre totale prévue par le protocole est désormais en circulation. Il ne reste qu’environ un million de bitcoins à créer, un processus qui s’étalera toutefois sur plus d’un siècle en raison du mécanisme d’émission programmé dès l’origine.

Cette rareté n’est pas le fruit du hasard. Le créateur du réseau, connu sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, a intégré dans le code une limite fixe afin de garantir une offre prévisible et non manipulable. Contrairement aux monnaies traditionnelles, dont la quantité peut être ajustée par les banques centrales, l’offre de bitcoin suit une trajectoire immuable. Cette caractéristique constitue l’un des piliers de sa proposition de valeur, souvent comparée à celle d’un actif rare comme l’or — à la différence près que sa production ne peut pas augmenter en réponse à une hausse des prix.

Le rythme de création ralentit progressivement à travers les “halvings”, qui réduisent de moitié la récompense accordée aux mineurs environ tous les quatre ans. Aujourd’hui, quelque 450 nouveaux bitcoins sont générés chaque jour, et si cette cadence se maintient, 99 % de l’offre totale devrait être atteinte autour de 2035. L’émission complète du dernier bitcoin, elle, est attendue aux environs de 2140, les fractions résiduelles étant distribuées bien après le cap des 21 millions approché.

À long terme, cette diminution graduelle de la nouvelle offre transformera le modèle économique du réseau : les mineurs dépendront essentiellement des frais de transaction plutôt que des récompenses en bitcoins nouvellement créés. Pour les partisans de l’actif, l’approche du cap des 20 millions renforce le récit de rareté numérique qui soutient sa valeur, tout en marquant une étape importante dans l’évolution économique du protocole.

Vitalik Buterin estime qu’Ethereum doit dès maintenant préparer une refonte en profondeur de ses fondations cryptographiques afin d’anticiper les progrès de l’informatique quantique. Selon lui, plusieurs briques essentielles du protocole reposent sur des schémas susceptibles d’être fragilisés par de futurs ordinateurs quantiques. Il identifie notamment les signatures BLS utilisées dans la couche de consensus, les engagements KZG liés à la disponibilité des données, le système de signatures ECDSA des comptes standards ainsi que certains mécanismes de preuves à divulgation nulle de connaissance (zero-knowledge) employés par des applications et des solutions de seconde couche.

Le plan envisagé repose sur une transition graduelle vers des alternatives dites « post-quantiques », fondées sur des fonctions de hachage, des constructions basées sur des réseaux (lattice-based) ou encore sur les STARKs, une forme avancée de preuve cryptographique. À la base de cette transformation se trouve également le choix d’une nouvelle fonction de hachage, que Buterin considère comme déterminante à long terme. L’objectif est de remplacer progressivement les composants vulnérables sans perturber la stabilité du réseau, via une série de mises à niveau échelonnées sur plusieurs années.

Un défi majeur réside toutefois dans les coûts techniques. Les signatures résistantes au quantique sont beaucoup plus lourdes à vérifier en termes de gas, tout comme les preuves cryptographiques adaptées à ce nouveau contexte. Pour éviter une explosion des frais sur la chaîne, Buterin propose de recourir à l’agrégation récursive : regrouper de nombreuses signatures ou preuves en une seule attestation compacte. Une proposition d’amélioration (EIP-8141) suggère ainsi d’intégrer, dans chaque transaction, un cadre de validation pouvant être compressé en une preuve unique au niveau du bloc.

Cette transition représenterait un chantier d’ingénierie considérable, mais jugé nécessaire pour préserver la sécurité d’Ethereum à long terme. Avec la création d’une équipe dédiée à la sécurité post-quantique et une feuille de route déjà amorcée, la fondation Ethereum semble vouloir prendre les devants face à une menace encore théorique, mais potentiellement déterminante pour l’ensemble de l’écosystème crypto.

Strategy a annoncé une nouvelle acquisition majeure de Bitcoin, investissant environ 200 millions de dollars pour ajouter près de 3 000 BTC à son bilan, à un prix moyen avoisinant 67 700 $ l’unité. Il s’agit de sa troisième plus importante opération de l’année. Avec cette transaction, l’entreprise détient désormais plus de 720 000 bitcoins, un portefeuille évalué à près de 50 milliards de dollars aux cours récents. Toutefois, la baisse du marché observée le mois dernier a laissé la société avec une perte latente de plusieurs milliards sur ses avoirs.

Pour financer ces achats, Strategy a combiné différentes sources de capitaux. Une partie des fonds provient de son instrument privilégié à taux variable, le STRC, mais l’essentiel a été levé par l’émission d’actions ordinaires. En parallèle, l’entreprise a annoncé une nouvelle hausse du dividende mensuel versé aux détenteurs de STRC, désormais porté à 11,5 %. Il s’agit de la septième augmentation depuis le lancement de ce produit en juillet, conçu comme un véhicule à rendement élevé et volatilité réduite.

Les analystes de JPMorgan estiment qu’un projet de loi américain encadrant la structure des marchés crypto pourrait être adopté d’ici le milieu de l’année, ce qui constituerait un facteur de soutien important pour le secteur au second semestre. Malgré un climat actuellement morose sur les actifs numériques, la banque juge qu’une clarification réglementaire pourrait raviver la confiance des investisseurs et relancer la dynamique du marché.

Le texte, souvent désigné sous le nom de « CLARITY Act », vise à établir un cadre global pour les actifs numériques aux États-Unis. Il prévoirait notamment une distinction plus nette entre les jetons considérés comme des matières premières numériques — supervisées par la CFTC — et ceux assimilés à des valeurs mobilières, relevant de la SEC. Cette séparation offrirait une meilleure visibilité réglementaire et mettrait fin à l’approche perçue comme une « régulation par l’application coercitive ». Le projet inclut également des mesures favorisant la tokenisation d’actifs traditionnels et l’entrée accrue d’institutions financières dans l’écosystème.

Plusieurs points restent toutefois sensibles, notamment la question du rendement offert sur les stablecoins, qui oppose les acteurs crypto aux banques traditionnelles, ainsi que les enjeux liés aux conflits d’intérêts pour les responsables politiques. Si ces obstacles sont surmontés, la loi pourrait introduire des allégements pour les nouveaux projets, clarifier le traitement fiscal de certaines activités comme le staking et exempter certains développeurs ou validateurs d’obligations comparables à celles des courtiers, tant qu’ils ne détiennent pas les fonds des clients.

Dans l’ensemble, JPMorgan considère que l’adoption d’un tel cadre favoriserait l’innovation domestique, encouragerait la participation institutionnelle et stimulerait les marchés dérivés et les infrastructures tokenisées. La banque demeure d’ailleurs constructive sur le bitcoin à long terme, réitérant récemment une cible ambitieuse fondée sur une comparaison ajustée à la volatilité avec l’or.

Selon Samson Mow, dirigeant de l’entreprise Jan3 et défenseur bien connu du Bitcoin, la cryptomonnaie afficherait actuellement un retard notable par rapport à l’or et à l’évolution de la masse monétaire mondiale. À ses yeux, le métal précieux aurait connu une progression excessive après avoir dépassé les 5 200 $ l’once, tandis que le Bitcoin évoluerait en dessous de sa trajectoire historique lorsqu’on le compare à la capitalisation de l’or ou aux grandes tendances monétaires globales.

Mow avance que le Bitcoin se situerait entre 24 % et 66 % sous sa tendance relative, ce qui pourrait indiquer un potentiel de rattrapage. Pour appuyer son analyse, il s’appuie notamment sur le Z-score du ratio Bitcoin/or, un indicateur statistique mesurant l’écart entre la valeur actuelle et sa moyenne historique. Lorsque ce score est négatif, cela signifie que le Bitcoin est sous-évalué par rapport à sa norme passée ; plus il s’enfonce en territoire négatif, plus l’écart est marqué.

Historiquement, lorsque le Z-score du ratio est tombé sous la barre des -2, le marché a souvent été suivi de phases de forte appréciation. Ce fut notamment le cas après la crise du Covid en mars 2020, puis à la suite de l’effondrement de la plateforme FTX en 2022. Dans ces deux épisodes, le recul prononcé du ratio a précédé des hausses spectaculaires du prix du Bitcoin au cours des mois suivants.

À l’heure actuelle, le ratio afficherait un niveau encore négatif, sans toutefois atteindre les extrêmes observés lors des précédents creux majeurs. Pour les partisans de cette lecture, la configuration suggère que le Bitcoin pourrait être en zone de sous-évaluation relative, laissant entrevoir la possibilité d’un retournement haussier si les conditions de marché deviennent plus favorables.

Les marchés d’options sur le Bitcoin laissent entrevoir un positionnement plus constructif, certains traders anticipant un rebond vers la zone des 90 000 $. Selon la plateforme Derive, plusieurs indicateurs suggèrent que le marché pourrait être en train de construire une base après plusieurs semaines de nervosité. La volatilité implicite s’est stabilisée autour de 50 %, un niveau davantage associé à des phases de consolidation qu’à des épisodes de panique, tandis que certains signaux de sentiment se redressent progressivement.

L’analyse du skew des options — qui mesure l’écart entre la demande de protection baissière et les paris haussiers — montre un rééquilibrage. Les opérateurs semblent réduire leurs couvertures agressives contre une chute marquée, sans pour autant abandonner toute prudence. Les échéances de fin mars concentrent d’ailleurs d’importants volumes d’options d’achat autour des seuils de 80 000 $ et 90 000 $, ce qui laisse penser qu’une partie du marché vise un retour dans une fourchette comprise entre 85 000 $ et 95 000 $ si les conditions de liquidité s’améliorent.

Du côté du fonds Rivemont crypto, les dégâts ont été limités en février suite à nos prises de liquidité. Ce dernier a enregistré une baisse de 13% contre un recul de 22% pour le bitcoin.

Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.

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