Le marché des cryptomonnaies montre des signes de réveil, alors que le bitcoin s’est hissé au-delà de 92 000 $ avec une nette accélération des volumes d’échanges. Cette hausse, soutenue par une augmentation d’environ 25 % de l’activité quotidienne, ravive l’intérêt des investisseurs pour un possible changement de tendance. Le seuil des 94 500 $ demeure toutefois décisif : un franchissement clair ouvrirait la voie à un retour vers la zone psychologique des 100 000 $, ce qui mettrait fin à plusieurs mois de consolidation marqués par une dynamique baissière graduelle.
Du côté des produits dérivés, l’environnement reste prudent. Les liquidations sur les marchés à effet de levier ont diminué par rapport aux jours précédents, traduisant une phase de marché hésitante. Les indicateurs de volatilité demeurent contenus et l’intérêt ouvert sur les contrats à terme reste stable, les opérateurs préférant attendre la publication de données macroéconomiques clés aux États-Unis. Malgré ce calme apparent, la demande pour certaines options haussières suggère que le marché se prépare à un mouvement plus marqué, tout en conservant une protection contre un scénario de repli.
Les métaux précieux ont connu une envolée marquée, l’or et l’argent atteignant de nouveaux sommets historiques dans un contexte d’incertitude politique et monétaire aux États-Unis. Cette ruée vers les valeurs refuges s’est déclenchée alors que les investisseurs tentent de se protéger avant la publication de données d’inflation déterminantes. À l’inverse, le bitcoin est resté pratiquement immobile, illustrant une divergence nette entre les actifs numériques et les instruments de couverture plus traditionnels.
L’élément déclencheur de ce mouvement réside dans une crise politique inédite entourant la Réserve fédérale, après une action judiciaire du département de la Justice visant son président. Cet épisode a ravivé les inquiétudes quant à l’indépendance de la banque centrale et à la crédibilité de la politique monétaire américaine. Dans ce climat, les capitaux se sont redirigés vers l’or et l’argent, perçus comme des refuges éprouvés en période de turbulences géopolitiques et institutionnelles.
Le rallye a été particulièrement spectaculaire pour l’argent, qui a largement surperformé l’or sur une courte période, renforçant l’idée d’une rotation défensive classique. Cette évolution du sentiment se reflète également dans les marchés de prédiction, où les probabilités attribuées à une poursuite de la hausse de l’or se sont fortement accrues, surpassant même les attentes de performance pour certains grands actifs numériques.
La suite dépendra largement des prochaines statistiques d’inflation américaines, notamment les indices des prix à la consommation et à la production. Des chiffres plus faibles que prévu pourraient conforter les anticipations de baisses de taux par la Réserve fédérale, un scénario généralement favorable aux actifs sans rendement comme l’or et l’argent. À l’inverse, des données plus fermes mettraient à l’épreuve la solidité de cette poussée, en confrontant l’élan refuge à la réalité macroéconomique.
Les produits boursiers adossés aux cryptomonnaies ont connu un net retournement depuis le début de l’année, effaçant presque entièrement les gains enregistrés en 2026. Après avoir attiré d’importants capitaux en janvier, ces véhicules d’investissement subissent désormais des sorties massives, les investisseurs réévaluant leurs anticipations concernant l’évolution prochaine de la politique monétaire américaine. En l’espace de quelques jours seulement, une grande partie des flux positifs accumulés a été annulée.
Ce mouvement de repli s’explique principalement par l’atténuation des espoirs de baisse rapide des taux directeurs par la Réserve fédérale. Les marchés à terme suggèrent désormais qu’un statu quo est très probable lors des prochaines réunions, tant en janvier qu’en mars, alors que, quelques semaines plus tôt, un assouplissement monétaire semblait encore plausible. Cette révision brutale des attentes a pesé sur l’appétit pour le risque, particulièrement pour le bitcoin, qui concentre l’essentiel des sorties de capitaux observées.
Malgré ce contexte défavorable, le signal envoyé par le marché demeure nuancé. Les produits permettant de parier à la baisse sur le bitcoin ont eux aussi enregistré des retraits, ce qui suggère une hésitation généralisée plutôt qu’un pessimisme univoque. Par ailleurs, certains investisseurs continuent d’anticiper une détente monétaire plus tard dans l’année, même si l’échéancier s’est clairement déplacé vers le second semestre.
La banque Standard Chartered affiche une conviction marquée en faveur d’Ethereum, estimant que 2026 pourrait constituer un tournant comparable à celui observé lors du précédent cycle haussier. Selon son responsable mondial de la recherche sur les actifs numériques, Geoffrey Kendrick, l’amélioration des fondamentaux relatifs d’Ethereum devrait lui permettre de surperformer l’ensemble du marché crypto, même si la faiblesse récente du bitcoin continue de peser sur la dynamique globale du secteur.
Sur le plan des prévisions, la banque a toutefois ajusté à la baisse ses objectifs de prix à moyen terme pour Ethereum, reflétant un environnement macroéconomique moins porteur et un ralentissement des flux d’investissement. Les cibles pour 2026 à 2028 ont été revues plus prudemment, tandis que les perspectives à plus long terme ont été renforcées, traduisant une confiance accrue dans le potentiel structurel d’Ethereum à l’horizon de la fin de la décennie.
L’argumentaire repose avant tout sur la position centrale d’Ethereum dans plusieurs segments clés de l’écosystème numérique. Le réseau concentre déjà une part dominante des stablecoins, des actifs du monde réel tokenisés et de la finance décentralisée, des domaines appelés à croître fortement avec l’intégration progressive de la finance traditionnelle sur la blockchain. Cette avance structurelle, combinée à une activité on-chain en forte hausse, soutient l’idée d’un rééquilibrage progressif du rapport de force entre Ethereum et le bitcoin.
Enfin, la banque souligne l’importance des améliorations techniques en cours sur le réseau, notamment l’augmentation du débit de la couche principale, qui a historiquement été corrélée à une hausse de la valorisation. À cela s’ajoutent des facteurs externes potentiellement favorables, comme un cadre réglementaire américain plus clair et la solidité persistante des marchés boursiers. Dans ce scénario, un regain de vigueur du bitcoin pourrait même servir de catalyseur indirect, renforçant à terme la trajectoire haussière d’Ethereum.
Le président Donald Trump a clairement indiqué qu’il n’envisageait pas d’accorder de grâce présidentielle à Sam Bankman-Fried, l’ancien dirigeant de FTX, aujourd’hui symbole des dérives majeures du secteur crypto. Cette position a été exprimée lors d’un échange avec un journaliste du New York Times, dans le cadre de questions portant plus largement sur d’éventuelles demandes de pardon visant plusieurs personnalités médiatisées.
Condamné à l’issue d’un procès retentissant, Sam Bankman-Fried a été reconnu coupable de multiples chefs d’accusation liés à des fraudes massives et à l’utilisation abusive de fonds appartenant aux clients de FTX. Il purge actuellement une lourde peine de prison, tout en contestant le verdict et la sentence. Malgré des démarches entreprises par son entourage pour explorer la voie d’une clémence présidentielle, Trump a manifestement souhaité marquer une rupture nette entre son soutien général à l’industrie crypto et ce dossier judiciaire particulièrement emblématique.
Cette décision tranche avec d’autres grâces accordées par Trump à des figures controversées liées aux actifs numériques. Il a notamment usé de ses pouvoirs en faveur de Ross Ulbricht, créateur de Silk Road, ainsi que de dirigeants associés à BitMEX et à Binance, dont son fondateur Changpeng Zhao. L’administration a justifié ces décisions en invoquant un usage légitime des prérogatives constitutionnelles et une lecture critique des poursuites engagées sous l’administration précédente.
Enfin, Donald Trump assume pleinement son virage favorable aux cryptomonnaies, qu’il présente comme à la fois électoralement payant et stratégiquement nécessaire face à la concurrence internationale, notamment avec la Chine. Il rejette les critiques concernant d’éventuels conflits d’intérêts, y compris ceux liés aux activités économiques de sa famille, estimant que le soutien à l’écosystème crypto relève d’un choix politique assumé. Toutefois, en refusant toute clémence à Sam Bankman-Fried, il semble vouloir tracer une limite claire entre la promotion de l’innovation financière et une tolérance zéro à l’égard des fraudes les plus graves.
La société Strategy a réalisé son achat de bitcoin le plus important depuis l’été, en investissant plus de 1,2 milliard de dollars sur une seule semaine. Cette opération porte ses avoirs à près de 690 000 bitcoins, consolidant sa position de premier détenteur corporatif de l’actif numérique. À ces niveaux de prix, le portefeuille de bitcoins de l’entreprise atteint désormais une valeur proche de 63 milliards de dollars, illustrant la poursuite assumée de sa stratégie de trésorerie fortement orientée vers le BTC.
Pour financer cette acquisition massive, Strategy a principalement eu recours à l’émission de nouvelles actions ordinaires, complétée par une tranche d’actions privilégiées à rendement élevé. Ce produit, mis de l’avant par son président exécutif et cofondateur Michael Saylor, est présenté comme une alternative aux placements traditionnels pour des investisseurs recherchant du revenu, y compris certains profils plus prudents. Malgré une légère volatilité boursière à court terme, le titre de la société a rapidement montré des signes de stabilisation.
Ce mouvement intervient dans un contexte plus rassurant pour les actionnaires, après la décision de MSCI de reporter toute exclusion des entreprises fortement exposées aux cryptomonnaies de ses indices boursiers. Cette clarification a dissipé les craintes de sorties forcées de capitaux qui auraient pu peser lourdement sur le titre de Strategy. MSCI a toutefois précisé qu’elle n’augmenterait pas automatiquement la pondération de l’entreprise en cas d’émissions supplémentaires d’actions, laissant entrevoir une approche plus prudente à l’avenir.
La récente correction du bitcoin, qui l’a fait reculer d’un sommet autour de 126 000 $ vers la zone des 90 000 $, relance le débat sur un éventuel sommet de cycle. Certains observateurs estiment que le marché aurait déjà atteint son pic, en s’appuyant sur le schéma historique des cycles de quatre ans liés au halving. Toutefois, une analyse plus fine des données historiques tend à affaiblir cette lecture pessimiste et suggère plutôt une phase de consolidation intermédiaire.
En comparant les corrections passées, la baisse actuelle apparaît nettement moins violente que celles observées après les véritables sommets de cycle en 2013, 2017 et 2021. À ces périodes, les trois premiers mois suivant le pic avaient été marqués par des chutes de 50 % à plus de 70 %. Cette fois-ci, le repli enregistré environ trois mois après le sommet d’octobre se limite à un peu plus de 35 %, un comportement beaucoup plus proche des corrections temporaires observées en cours de marché haussier.
Le contexte récent renforce cette interprétation. Depuis le début du cycle entamé en 2023, le bitcoin a déjà traversé plusieurs phases de recul dépassant les 30 %, notamment après le lancement des FNB au comptant aux États-Unis et lors des tensions macroéconomiques de 2025. Comparativement, la correction actuelle est plus courte et moins profonde, ce qui correspond davantage à une respiration du marché qu’à l’amorce d’un long marché baissier.
Sur le plan technique, certains signaux plaident également en faveur d’un scénario constructif. Le retour du prix au-dessus de moyennes mobiles clés indique un regain de contrôle du côté des acheteurs et un possible redressement de la dynamique. Sans exclure des périodes de volatilité à court terme, les données disponibles suggèrent donc que le mouvement actuel s’inscrit davantage comme une pause dans la tendance haussière globale que comme la fin définitive du cycle.
Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.
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