Introduction
Bonjour à toutes et à tous,
Le légendaire investisseur Stan Druckenmiller a souvent mentionné que ses meilleures périodes étaient celles où il se sentait connecté avec le marché, en quasi-symbiose. Lorsqu’il arrivait à bien le lire, il s’ensuivait ses meilleurs rendements. Je dois avouer que je me sens un peu de cette façon depuis quelques mois maintenant.
Notre portefeuille est désormais aligné d’une façon bien particulière comparativement aux principaux indices, et c’est évidemment l’aspect avec lequel je débuterai le cœur de ce bulletin. Depuis plusieurs années maintenant, nous réussissons à offrir à nos investisseurs les rendements attendus, mais avec une volatilité plus faible que celle du marché en général. C’est une caractéristique qui sera, à mon avis, appréciée, car les prochaines années apporteront, selon nos analyses, un retour des investisseurs vers des secteurs un peu oubliés depuis que les technologies et l’intelligence artificielle prennent toute la place. Qui se souvient de 1999?
Outre cet exposé, nous profiterons également de ce bulletin pour discuter de planification financière, plus précisément du débat entre le dividende et le salaire. Comme à l’habitude, nous conclurons avec nos perspectives sur les marchés et nos positions les plus importantes.
Bonne lecture !
2026 – La grande rotation sectorielle
J’ai appris tôt dans ma carrière que les marchés boursiers récompensent ceux qui pensent un peu plus loin que le bout de leur nez et qu’il y a toujours des occasions intéressantes malgré les baisses des indices. Par exemple, alors que le Nasdaq et le S&P 500 s’effondraient en 2000 et 2001, le marché canadien, de son côté (ex-Nortel), amorçait une hausse soutenue par les secteurs des ressources et des financières.
De notre côté, nous avons anticipé le même type de rotation, qui a maintenant lieu. Dans mon dernier article publié dans Les Affaires, que je vous invite à lire ici, j’expose notre thèse sur le secteur de la santé, un secteur que nous avons surpondéré de façon agressive. Fait intéressant, ce secteur est plus résilient et moins volatil que les indices, une caractéristique que nous apprécions particulièrement dans le contexte actuel.
Parmi les sous-secteurs qui composent le secteur de la santé, nous favorisons plus spécifiquement les établissements de soins de santé ainsi que les sociétés pharmaceutiques et les biotechnologies. Nous détenons, par exemple, Omega Healthcare (OHI) et CareTrust (CTRE), ainsi que Jazz Pharmaceuticals (JAZZ) et Exelixis (EXEL).
CareTrust (CTRE)

Source : TradingView
Le second secteur qui nous impressionne à l’heure actuelle est celui des financières canadiennes. Ainsi, malgré une économie canadienne qui vacille, ce secteur profite des quasi-monopoles des entreprises qui le composent pour maintenir des marges spectaculaires et des évaluations encore raisonnables. La Banque de Montréal (BMO) ainsi que Manuvie (MFC) sont des exemples de titres que nous détenons dans ce secteur, qui est aussi historiquement moins volatil que le marché. Cela étant, il ne faut pas s’emballer. BMO est en hausse de 40 % depuis le 1er janvier, ce qui est très inhabituel.
Banque de Montréal (BMO)

Source : TradingView
Salaire ou dividende ? Favoriser une approche sur mesure.
Par : Julien-Carl Landry
En tant que planificateurs financiers, nous sommes souvent interrogés par les entrepreneurs quant à la façon dont ils devraient se rémunérer. Puisqu’une société par actions est une entité juridique distincte, les sommes qu’elle gagne appartiennent à l’entreprise. Pour les utiliser à des fins personnelles, il faut donc verser un salaire, des dividendes ou une combinaison des deux. Le choix le plus avantageux dépend autant de la fiscalité de l’entreprise que des projets personnels de l’entrepreneur.
Les avantage du dividende
Le dividende offre une grande flexibilité et il est généralement simple à administrer. De plus, d’un point de vue fiscal, le taux d’imposition du dividende est inférieur à celui du salaire. En effet, en 2026, dans la tranche de revenu la plus élevée au Québec, le taux marginal est d’environ 40,1 % pour un dividende déterminé et de 48,7 % pour un dividende non déterminé, comparativement à 53,3 % pour le salaire. Cette comparaison est toutefois incomplète, puisque les dividendes sont versés à partir de profits sur lesquels la société a déjà payé de l’impôt. Il faut donc tenir compte autant de l’impôt payé par la société que de celui payé personnellement par l’actionnaire.
De ce fait, lorsque le dividende constitue le seul revenu, les crédits d’impôt applicables peuvent réduire considérablement la facture fiscale. Par exemple, en 2026, il n’y a aucun impôt à payer sur un dividende non déterminé jusqu’à 40 299 $ au fédéral et jusqu’à 21 807 $ au provincial.
Finalement, si la société a payé de l’impôt sur des revenus de placement, elle pourrait récupérer jusqu’à 38,33 % de celui-ci à la suite du versement d’un dividende.
Les avantages du salaire
Le salaire contribue davantage à la sécurité financière à long terme. Il permet notamment de bâtir des sources de revenus pour la retraite et de bénéficier de certaines protections sociales. Les principaux avantages sont :
- Il crée des droits de cotisation au REER et permet de reporter une partie de l’impôt jusqu’au moment du retrait. Cet atout devient particulièrement intéressant lorsque votre taux d’imposition actuel dépasse celui que vous anticipez à la retraite.
- Il entraîne des cotisations au RRQ, ce qui permet d’accumuler une rente de retraite indexée ainsi que certaines protections en cas d’invalidité ou de décès.
- Il crée des revenus assurables au RQAP en cas de naissance ou d’adoption.
- Il peut faciliter la déduction fédérale des frais de garde.
- Il peut donner accès aux assurances collectives ou aux régimes de retraite offerts par la société.
- Pour l’entreprise, il constitue généralement une dépense déductible qui réduit le bénéfice imposable.
Combiner le salaire et le dividende
Une stratégie mixte permet de profiter à la fois des avantages d’un salaire et d’un dividende. L’entrepreneur peut d’abord se verser un salaire suffisant pour lui permettre de cotiser à son REER ainsi qu’au RRQ et d’accumuler des revenus assurables au RQAP. Il lui sera ensuite possible de compléter ses besoins de liquidités avec des dividendes.
En 2026, un salaire d’au moins 85 000 $ permet d’atteindre les cotisations maximales au RRQ. Le salaire contribue ainsi à bâtir une rente de retraite indexée, tout en permettant d’accumuler une partie de l’épargne-retraite dans un REER. Cette approche combine la protection financière du salaire avec la flexibilité des dividendes, permettant ainsi d’adapter la rémunération aux besoins personnels de l’actionnaire.
Comme la répartition idéale dépend de la situation fiscale de l’entreprise, des projets familiaux et des objectifs de retraite, elle devrait toutefois être réévaluée chaque année avec des spécialistes.
Perspectives du marché

Les titres privilégiés
Vous trouverez ci-dessous la liste des actions dont la pondération est la plus grande au sein de nos portefeuilles. Ces titres ont été sélectionnés selon leur potentiel respectif de surperformer le marché. Vous trouverez une courte description de leurs activités, le rendement annuel du dividende, s’il y a lieu, ainsi que le rendement total du titre depuis sa première inclusion dans les portefeuilles.

Conclusion
La première moitié de 2026 est maintenant derrière nous et, jusqu’à présent, nous avons évité les écueils les plus importants. Les liquidités sont cependant un peu trop élevées à notre avis et nous cherchons évidemment à les déployer. En revanche, il y a des moments où la protection du capital est tout aussi importante que la découverte des prochaines occasions.
En terminant, nous avons plusieurs projets intéressants pour l’automne, notamment sur les réseaux sociaux. Restez à l’écoute!
Je vous souhaite toujours plein de soleil !
Cordialement,
Martin Lalonde, MBA, CFA
Président


