Introduction
Bonjour à toutes et à tous,
En premier lieu, mes excuses sincères pour le retard dans la parution de ce bulletin trimestriel. Je voulais prendre le temps de m’asseoir afin de bien synthétiser les événements corporatifs et financiers des derniers mois, temps que je n’ai tout simplement pas eu. Note à moi-même : dire à mes filles d’arrêter de déménager !
Cela étant dit, je suis heureux de débuter avec plusieurs bonnes nouvelles. En premier lieu, il me fait plaisir d’accueillir Krysta Leduc au sein de l’équipe à titre de chargée de projet marketing. Nous avons déjà plusieurs idées pour faire rayonner davantage la marque Rivemont, et vous devriez voir dès cet été des changements intéressants au niveau de la création de contenu, notamment sur les réseaux sociaux. J’en profite donc pour rappeler qu’Investissements Rivemont est présent sur LinkedIn, Facebook et, plus récemment, Instagram. Si vous ne nous suivez pas encore, c’est exactement le bon moment pour le faire.
Je suis également heureux de vous annoncer que nous organiserons, pour une deuxième année consécutive, une rencontre destinée aux clients et amis de Rivemont cet automne. Les dates à inscrire à votre calendrier sont le 22 octobre pour la région de Montréal et le 29 octobre pour celle d’Ottawa-Gatineau. Nous vous reviendrons bientôt avec tous les détails !
Dans ce bulletin, je discuterai de notre approche en revenant sur nos bons et moins bons coups depuis le début de l’année. Je poursuivrai ensuite avec une réflexion sur l’intelligence artificielle, un sujet qui me passionne en raison des impacts que nous continuons de sous-estimer. Comme à l’habitude, nous conclurons avec nos perspectives sur les marchés et nos positions les plus importantes.
Bonne lecture !
Votre portefeuille
Petit rappel de notre approche dans la construction du portefeuille «Actions» de nos clients. En premier lieu, nous évaluons le marché dans son ensemble afin d’identifier les secteurs les plus intéressants, puis nous sélectionnons les entreprises les plus susceptibles de surperformer le marché boursier. Et depuis 15 ans, c’est ce que nous avons réussi à faire.
Mais la gestion active vient avec son lot de défis. Le plus important, à mon avis, est que le rendement diffère de celui de son indice de référence pendant des périodes parfois longues. Personnellement, j’estime que cinq ans représentent la période minimale idéale pour bien évaluer la qualité d’une gestion de portefeuille.
La rotation sectorielle, telle que nous l’utilisons, vise à tirer profit des différents thèmes qui émergent sur les marchés. En d’autres mots, à saisir les occasions que le marché nous offre. Notre plus grande réussite à ce chapitre au cours des 36 derniers mois a été le secteur aurifère, auquel nous n’avons toutefois plus d’exposition pour le moment. Nos principales positions ont été Wheaton Precious Metals (WPM), Osisko (OR), Agnico Eagle Mines (AEM) et Franco-Nevada (FNV).
Voyons maintenant les impacts à court et à long terme de cette exposition.
Titre de GLD en mois et en jours.


Source : GILD, TradingView
Nous avons acheté nos premières positions lors du bris haussier de février 2024 et vendu la dernière en avril de cette année. Le point que je souhaite illustrer ici est que, malgré le fait que l’or ait été très rentable pour nos clients sur l’ensemble de la période, il l’a été beaucoup moins à court terme, soit cette année. En d’autres mots, il faut savoir prendre du recul et considérer l’ensemble de l’œuvre plutôt que quelques grains du tableau.
Un autre défi auquel nous faisons face est la volatilité. Un secteur que nous avons partiellement manqué est celui des semi-conducteurs, bien que nous appréciions notre approche actuelle, notamment avec Element Solutions (ESI) et SkyWater (SKYT) dans les portefeuilles.
Il est prouvé qu’une façon de maximiser les rendements consiste à limiter les baisses importantes. Or, ce secteur est extrêmement volatil. En prenant SMH comme référence (VanEck Semiconductor ETF), on peut observer des reculs de 40 % en 2024-2025 et de 45 % en 2022. Cette volatilité sera un élément que nous devrons continuer à gérer efficacement dans l’avenir.
Une industrie que nous apprécions particulièrement actuellement est celui de la santé. Et si jamais IBB (iShares Nasdaq Biotechnology ETF) franchit son sommet historique, nous prévoyons des feux d’artifice !
IBB

Source : GILD, TradingView
Gilead Sciences (GILD) et Jazz Pharmaceuticals (JAZZ) figurent parmi les positions que nous détenons, en plus de nos entreprises plus traditionnelles dans les secteurs des résidences pour aînés et des hôpitaux.
Intelligence artificielle
J’accorde actuellement tellement d’importance à l’intelligence artificielle que mes deux derniers articles dans le Journal Les Affaires portaient sur ce sujet. Je vais tenter ici de vous résumer ma vision ainsi que les impacts potentiels sur les marchés.
Revenons un peu en arrière afin de bien comprendre pourquoi tout cela se produit actuellement. Les principaux modèles, Claude, Gemini et ChatGPT sont maintenant au troisième et dernier niveau de leur évolution, si l’on exclut l’éventuelle intelligence artificielle générale ou la superintelligence. En février 2026, tous ces modèles démontraient des capacités d’agentivité et de multimodalité permettant, en termes simples, d’exécuter des tâches de manière autonome, avec raisonnement, à un niveau comparable à celui de la plupart des humains.
Comme l’expliquent très bien Peter H. Diamandis et Steven Kotler dans leur récent ouvrage We Are as Gods, le plan d’affaires des dix mille prochaines startups est facile à prévoir : prenez X et ajoutez-y de l’IA. Lorsqu’on me demande à quelle étape de cette révolution nous sommes rendus, je réponds souvent que la première manche n’a même pas encore commencé, mais que l’hymne national vient de se terminer, avec quelques avions de chasse passant au-dessus de nos têtes. En d’autres mots, nous sommes encore à construire l’infrastructure nécessaire à la mise en place de ces possibilités quasi infinies.
Les implications de cette révolution sont innombrables, et les conséquences pour certaines entreprises de services sont déjà catastrophiques. Le meilleur exemple demeure Chegg (CHGG, 0,75 $ US), ancien leader mondial du tutorat et du matériel pédagogique. Il est désormais possible de demander à ChatGPT de produire ce type de contenu à un coût pratiquement nul pour l’utilisateur. L’action, cotée à la Bourse de New York, est passée de plus de 100 $ US en 2021 à moins de 1 $ US aujourd’hui.
Les exemples se multiplient. En réalité, toutes les entreprises spécialisées dans la production de logiciels ou le traitement de données subissent une pression importante. Au Canada, Constellation Software (CSU, 2 451,79 $) a perdu plus de 50 % de sa valeur, tandis que Thomson Reuters (TRI, 126,02 $) a chuté de plus de 60 %.
De notre côté, alors que plusieurs prônent l’attentisme, nous avons choisi le chemin inverse. Nous avons éliminé, il y a déjà plusieurs mois, toutes les positions que nous estimions vulnérables à un assaut irréversible de l’IA. Notre dernier survivant était IBM (IBM), qui a lui aussi appris qu’il n’était pas à l’abri : Anthropic a annoncé que Claude pouvait désormais comprendre et programmer en Cobol, une importante source de revenus pour Big Blue.
Il y aura évidemment des gagnants, et ceux qui sauront les identifier rapidement seront grandement récompensés. Tout comme à la fin des années 1990, alors que les fondations d’Internet se mettaient en place, nous assistons aujourd’hui à la construction physique de tout ce qui sera nécessaire au bon fonctionnement des agents conversationnels et autres intelligences artificielles des prochaines années.
À l’époque, il s’agissait de fibre optique et d’infrastructures numériques de gestion des données. Les grands bénéficiaires se nommaient alors Cisco (CSCO), Nortel, WorldCom ou Alcatel-Lucent. Aujourd’hui, les gagnants sont les entreprises qui construisent les centres de données nécessaires aux grands modèles de langage utilisés par Anthropic et OpenAI. Pensons à Nvidia (NVDA), AMD (AMD) ou Micron (MU) dans le domaine des semi-conducteurs, mais aussi aux exploitants de centres de données comme Equinix (EQIX).
Mais comme toujours, plus on descend dans la chaîne alimentaire, plus les occasions deviennent intéressantes. Des entreprises comme nVent Electric (NVT) sont essentielles au fonctionnement et à la sécurisation de ces systèmes électriques complexes. Element Solutions (ESI), pour sa part, protège et isole les circuits électroniques.
Comme le dit l’expression bien connue : parfois, vendre les pelles et les scies aux mineurs est tout aussi rentable que de miner soi-même.
Perspectives du marché

Les titres privilégiés

Conclusion
Nous sommes actuellement à un moment extrêmement intéressant dans le domaine de la gestion financière active. Certains fonds et gestionnaires plus risqués, à haut rendement et à forte volatilité, obtiennent d’excellents résultats, mais demeurent évidemment exposés à des pertes importantes si les évaluations venaient à se contracter. D’autres, davantage axés sur les titres de valeur, sous-performent fortement le marché, alors que le train a déjà quitté la gare et que l’écart continue de se creuser par rapport aux indices.
J’aime penser que Rivemont se positionne actuellement comme un compromis optimal entre ces deux approches : de bons rendements, mais sans risques inconsidérés.
Je vous souhaite plein de soleil !
Cordialement,
Martin Lalonde, MBA, CFA
Président



