Le bitcoin évolue actuellement autour de 75 000 $, dans un contexte marqué par des tensions renouvelées entre les États-Unis et l’Iran, qui ont secoué les marchés du pétrole et des actions. Malgré cette instabilité géopolitique, la cryptomonnaie a fait preuve d’une certaine résistance, soutenue par une demande institutionnelle en nette progression. Les investisseurs se retrouvent ainsi à arbitrer entre les risques macroéconomiques et l’afflux de capitaux provenant des acteurs traditionnels.
Les données récentes montrent que les fonds négociés en bourse adossés au bitcoin ont enregistré des entrées de capitaux particulièrement élevées, atteignant près d’un milliard de dollars sur une semaine — un sommet depuis plusieurs mois. Cette dynamique suggère que les investisseurs institutionnels restent présents, voire renforcent leur exposition, même dans un environnement incertain. L’ethereum a également bénéficié de cet intérêt, avec des flux entrants notables, ce qui confirme que les grandes institutions ne se retirent pas du marché crypto.
Un support important semble aussi vouloir se construire autour de la zone des 75k$-76k$. Cette ancienne résistance devenue support laisser présager une continuation de la hausse après la longue période de consolidation sous ces niveaux.
Par ailleurs, une part importante de la liquidité ne quitte pas l’écosystème, mais se repositionne. Les capitaux affluent vers les stablecoins, signe que les investisseurs préfèrent attendre des conditions plus claires avant de reprendre du risque. Cette évolution reflète un changement structurel : le bitcoin réagit désormais davantage aux cycles de liquidité, aux flux des FNB et aux événements géopolitiques qu’à son cycle interne de halving. À court terme, la capacité du marché à absorber les chocs dépendra donc largement du maintien de ces flux institutionnels.
Le bitcoin vient néanmoins de franchir un cap technique important en mettant fin à une tendance baissière qui durait depuis environ sept mois. Cette cassure s’est produite dans un contexte géopolitique inattendu : l’annonce du maintien de l’ouverture du détroit d’Ormuz a entraîné une chute du prix du pétrole et un regain d’intérêt pour les actifs risqués. Porté par ce mouvement, le BTC a brièvement dépassé les 78 000 $ avant de se stabiliser légèrement en dessous, tandis que certaines entreprises fortement exposées au bitcoin ont fortement rebondi.
Sur le plan technique, ce mouvement marque potentiellement la fin d’une longue phase de consolidation descendante amorcée après le sommet de 126 000 $ atteint en 2025. Depuis, le marché enchaînait des sommets et creux de plus en plus bas, avec chaque tentative de reprise rapidement freinée. La récente percée au-dessus de cette ligne de résistance suggère que cette dynamique pourrait être en train de changer, repoussant — voire annulant — le scénario d’un retour vers la zone des 50 000 à 55 000 $.
Certains indicateurs restent toutefois mitigés. La structure de fond demeure fragile, notamment avec un croisement baissier des moyennes mobiles toujours en place, signe que la tendance de long terme n’a pas encore basculé à la hausse. Cela dit, l’écart entre ces moyennes commence à se réduire, ce qui pourrait annoncer une transition progressive. Par ailleurs, la faiblesse de l’indicateur de tendance (ADX) montre que le marché manque encore de conviction, tandis que le RSI s’approche d’une zone de surachat sans l’avoir pleinement atteinte, laissant entrevoir un potentiel de progression supplémentaire à court terme.
Du côté du sentiment de marché, les anticipations deviennent plus optimistes. Certains traders estiment désormais qu’un mouvement vers les 84 000 $ est plus probable qu’un retour marqué à la baisse, bien que les attentes concernant un nouveau sommet historique à très court terme restent limitées. Pour que cette reprise s’installe durablement, le bitcoin devra maintenir son niveau au-dessus de l’ancienne résistance devenue support. À l’inverse, un rejet accompagné d’un essoufflement des indicateurs pourrait rapidement ramener les prix vers des zones inférieures et remettre en question la validité de cette percée.
La société Bitmine Immersion Technologies poursuit une stratégie d’accumulation agressive d’ether, portant désormais ses réserves à près de 5 millions de jetons, soit un peu plus de 4 % de l’offre totale en circulation. Cette progression s’explique notamment par l’achat de plus de 100 000 ETH au cours de la dernière semaine, rapprochant l’entreprise de son objectif de détenir environ 5 % de l’offre globale. À ce niveau, Bitmine s’impose comme le plus important détenteur corporatif d’ether, avec une trésorerie évaluée à plus de 11 milliards de dollars.
Son président, Tom Lee, estime que le marché des cryptomonnaies approche d’un point de bascule, suggérant que la phase baissière actuelle touche à sa fin. Il souligne que les cycles précédents de repli étaient généralement accompagnés de chutes marquées des marchés boursiers, ce qui n’a pas été le cas cette fois-ci. Selon lui, la résilience relative des actions en 2026, combinée à la montée de nouveaux moteurs de demande, laisse entrevoir une sortie progressive de ce qu’il qualifie de « mini hiver crypto ».
Parmi ces moteurs, on retrouve notamment l’essor de la tokenisation institutionnelle ainsi que l’utilisation croissante de blockchains publiques par des systèmes d’intelligence artificielle. Ces deux tendances contribuent à soutenir l’intérêt pour Ethereum, dont le prix évolue au-dessus de 2 300 $, malgré un recul encore significatif par rapport à ses sommets passés. Cette dynamique renforce la conviction de Bitmine dans le potentiel à long terme de l’actif.
En parallèle, l’entreprise tire également profit du staking à grande échelle, avec une part importante de ses avoirs déjà engagée dans ce mécanisme. Les revenus générés atteignent plusieurs centaines de millions de dollars par an, et pourraient encore augmenter avec l’expansion de ses infrastructures de validation. En plus de ses positions en ether, Bitmine dispose d’une solide trésorerie en liquidités et détient également d’autres investissements stratégiques, consolidant ainsi sa position dans l’écosystème crypto.
Le projet de loi américain visant à encadrer le marché des cryptomonnaies pourrait prendre du retard, alors que les discussions au Sénat s’intensifient. Un acteur clé des négociations au sein du comité bancaire, le sénateur Thom Tillis, a récemment indiqué qu’une audience pour modifier et voter le texte ne devrait finalement pas avoir lieu en avril. Ce report intervient alors que les pressions augmentent pour faire avancer rapidement cette législation jugée essentielle par de nombreux acteurs du secteur.
Au cœur des débats figure notamment la question des rendements associés aux stablecoins. Les discussions portent sur la possibilité — ou non — de permettre aux détenteurs de ces actifs de percevoir des récompenses. Certains représentants du secteur bancaire s’inquiètent de voir ces mécanismes détourner les dépôts des institutions traditionnelles, tandis que les entreprises crypto estiment qu’une interdiction freinerait l’innovation. Un compromis semble se dessiner, où les récompenses seraient limitées sur les avoirs passifs, mais autorisées dans le cadre d’activités comme les transactions.
Malgré ces avancées, le processus législatif reste complexe. Le texte devra franchir plusieurs étapes, incluant son adoption par différents comités du Sénat avant un vote global, puis une harmonisation avec une version déjà adoptée par la Chambre des représentants. Certains élus, comme Cynthia Lummis, espéraient encore récemment une progression rapide, mais d’autres mettent en garde contre un blocage durable si aucune décision n’est prise dans les prochains mois.
Face à ces incertitudes, les acteurs de l’industrie accentuent leur lobbying. Le dirigeant de The Digital Chamber a notamment exhorté les législateurs à accélérer le calendrier, soulignant l’importance d’apporter une clarté réglementaire à des millions d’Américains déjà exposés aux actifs numériques. Dans ce contexte, la suite des discussions au Sénat sera déterminante pour l’avenir du cadre réglementaire crypto aux États-Unis.
La société Strategy a récemment frappé fort en réalisant son acquisition de bitcoin la plus importante depuis plus d’un an, avec un achat d’environ 2,5 milliards de dollars en BTC sur une seule semaine. Cette opération a permis à l’entreprise de porter ses réserves à plus de 800 000 bitcoins, consolidant encore davantage sa position parmi les plus grands détenteurs institutionnels de l’actif. Cette accumulation massive intervient dans un contexte où le bitcoin évolue autour de 75 000 $, redonnant de la valeur au portefeuille de la société après une période plus difficile.
Ce mouvement s’inscrit parallèlement à un fort engouement pour son action privilégiée STRC, un produit offrant un rendement mensuel attractif. À l’approche de la date de détachement du dividende, la demande pour ce titre s’est intensifiée, certains investisseurs ayant possiblement adopté des stratégies de capture de dividendes, consistant à acheter avant la date clé puis revendre rapidement après. Cette dynamique a contribué à maintenir le prix du titre autour de son niveau cible et à soutenir une capitalisation importante pour ce produit financier.
Le dirigeant emblématique de l’entreprise, Michael Saylor, a également suggéré des ajustements à la structure des dividendes, notamment en proposant une distribution plus fréquente. L’objectif serait de réduire la volatilité du titre, améliorer la liquidité et renforcer l’intérêt des investisseurs. En parallèle, Strategy a continué de mobiliser des capitaux via différents instruments financiers, dont des obligations convertibles, afin de financer ses achats de bitcoin.
Malgré certaines interrogations sur la pérennité de cette stratégie, les marchés semblent pour l’instant soutenir cette approche. Le titre de la société a récemment rebondi, et les anticipations d’une réduction significative de ses réserves restent limitées. Pour Strategy, cette nouvelle acquisition marque une étape supplémentaire dans sa stratégie assumée : accumuler du bitcoin à grande échelle tout en s’appuyant sur des produits financiers innovants pour attirer et fidéliser les investisseurs.
Un indicateur technique particulièrement simple attire l’attention des analystes du marché du bitcoin, car il a historiquement permis d’identifier les points bas des cycles baissiers avec une étonnante régularité depuis 2015. Malgré le bruit constant des marchés — fluctuations quotidiennes, actualité macroéconomique et sentiment des investisseurs — cet outil basé sur deux moyennes mobiles de long terme n’a, pour l’instant, toujours pas confirmé un creux de marché en 2026.
Le principe repose sur la comparaison entre les moyennes mobiles sur 50 et 100 semaines. En phase normale de croissance, la moyenne à court terme (50 semaines) se situe au-dessus de celle à plus long terme (100 semaines). Toutefois, lors des périodes de stress extrême et de ventes massives, cette relation s’inverse : la moyenne courte passe sous la longue, formant un signal baissier. Fait intéressant, ce croisement s’est historiquement produit à proximité des planchers de marché, et non au début des baisses, ce qui en fait un indicateur contrariant.
Ce phénomène s’est manifesté à trois reprises au cours de la dernière décennie — en 2015, 2019 et 2022 — et chaque occurrence a coïncidé avec une phase de creux suivie d’un rebond majeur. Ces moments ont précédé des hausses spectaculaires du bitcoin, bien supérieures aux performances observées sur d’autres marchés financiers. Toutefois, dans le contexte actuel, ce signal ne s’est pas encore matérialisé, même si les deux moyennes se rapprochent progressivement après la correction entamée depuis le sommet de 2025. On le suivra de près!
Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.
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