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Bulletin crypto – semaine 425

Comme vous l’avez certainement remarqué, la valeur du Fonds Rivemont Crypto a beaucoup moins baissé au cours de la dernière série de baisse que le marché de la cryptomonnaie en général. Nous avions bougé une partie de notre exposition vers des liquidités afin de protéger les actifs du fonds. Nous avons redéployé une partie de ces montants disponibles durant les derniers jours. Il est certainement possible que ce marché demeure difficile à court terme. Cela étant, nous demeurons persuadés qu’une exposition à cette classe d’actifs est nécessaire afin de profiter pleinement de tous les avantages que nous vous partageons chaque semaine dans ce bulletin.

La récente correction du bitcoin semble perdre de son intensité, selon plusieurs analystes qui s’appuient sur des données « on-chain ». Après avoir touché un plus bas inédit depuis la réélection de Donald Trump, la pression vendeuse montrerait des signes d’essoufflement. Des indicateurs comme l’équilibre entre achats et ventes agressives ou la part de l’offre encore en profit suggèrent que la phase de baisse ralentit, même si rien ne confirme à ce stade un véritable retournement de tendance.

Un élément clé de ce diagnostic réside dans le comportement des grands investisseurs. Durant la dernière vague de baisse, des portefeuilles de grande taille ont accumulé plus de 54 000 bitcoins, une dynamique souvent interprétée comme un signal de « buy the dip ». Selon des données relayées par CryptoQuant, cette accumulation intervient dans un contexte où la liquidité demeure limitée et où l’environnement macroéconomique, combiné à l’incertitude réglementaire, freine toujours l’appétit pour le risque.

Les indicateurs de marché confirment toutefois que la situation reste fragile. Le « cumulative volume delta » sur le marché au comptant demeure fortement négatif, un niveau que Glassnode associe historiquement à une fatigue des vendeurs plutôt qu’à une nouvelle vague de distribution massive. Parallèlement, la proportion de bitcoins en profit est tombée autour de 55 %, ce qui signifie qu’une majorité des détenteurs affichent des pertes latentes, réduisant leur incitation à vendre davantage.

Malgré ces signaux encourageants, plusieurs observateurs appellent à la prudence. L’accumulation par les « whales » tend surtout à stabiliser les prix plutôt qu’à provoquer un rebond immédiat. Dans un marché désormais largement dominé par les acteurs institutionnels, toute reprise durable dépendra surtout d’un retour clair et soutenu de leurs achats, conditionné à une détente des tensions financières et à un contexte macroéconomique plus favorable.

Le bitcoin traverse une phase charnière après une chute d’environ 45 % depuis son sommet d’octobre 2025, évoluant désormais autour de 68 500 $ selon les données de CoinGecko. Le débat ne porte plus sur l’existence d’un changement de régime, mais sur la direction suivante : un rebond technique rapide ou une longue période de digestion. Deux scénarios s’opposent clairement, reflétant une tension entre dynamiques de marché à court terme et contraintes macroéconomiques plus durables.

À court terme, certains analystes anticipent un rebond brutal alimenté par un excès de positions vendeuses. Dans cette lecture, la difficulté du prix à enfoncer de nouveaux supports pourrait forcer les vendeurs à se racheter, déclenchant un mouvement haussier rapide vers la zone des 84 000 $. Les marchés prédictifs traduisent ce regain d’optimisme : sur Myriad, la probabilité d’un tel rallye a fortement augmenté en quelques jours, signe d’un basculement du sentiment vers un scénario haussier de court terme.

D’autres observateurs privilégient toutefois une vision plus prudente. Selon eux, le marché entrerait dans une « phase de gravité » typique des cycles, marquée par une consolidation lente et heurtée. Dans ce scénario, le bitcoin pourrait osciller pendant six à douze mois dans une large fourchette comprise entre 45 000 $ et 55 000 $, sous l’effet d’une liquidité plus rare, de taux d’intérêt élevés et de l’excès d’enthousiasme accumulé lors des précédents sommets, notamment via les FNB.

Malgré ces divergences à court et moyen terme, un consensus se dessine sur le fond. À long terme, le bitcoin tendrait à s’affirmer comme une réserve de valeur non souveraine, dans un contexte où l’endettement public et la « dominance fiscale » pèsent de plus en plus sur les politiques monétaires. Cette transformation progressive le ferait passer d’un actif spéculatif sensible au cycle technologique à un pilier macroéconomique alternatif, dont l’attrait dépasserait les simples phases de marché.

Le rebond récent du bitcoin, remonté juste sous les 70 000 $ après une chute rapide vers 60 000 $, s’est accompagné d’un signal intéressant du côté de la demande américaine. Un indicateur clé, le Coinbase Bitcoin Premium Index, s’est redressé depuis des niveaux fortement négatifs, ce qui suggère que certains acheteurs basés aux États-Unis sont intervenus près des plus bas. Cette reprise reste toutefois partielle : malgré un gain de plus de 15 % depuis le point bas intrajournalier, le bitcoin affiche encore une baisse hebdomadaire marquée.

Le resserrement de cet écart de prix — mesuré entre les cotations sur Coinbase et la moyenne mondiale — traduit un changement de comportement. Lors de la phase de panique, l’indicateur était tombé autour de -0,22 %, signe d’un retrait ou de ventes forcées des investisseurs américains. Son retour vers -0,05 % indique que la pression vendeuse s’est atténuée et que des achats opportunistes ont émergé, probablement attirés par des niveaux jugés plus attractifs après la correction la plus rapide depuis l’épisode FTX en 2022.

Pour autant, ce signal reste prudent. Le fait que la prime demeure négative montre qu’on n’assiste pas encore à un retour franc de l’appétit pour le risque ni à une accumulation soutenue de la part des fonds américains. Il s’agirait davantage d’achats ciblés que d’un mouvement généralisé, dans un contexte où les volumes demeurent modestes et la liquidité limitée.

Les données de structure de marché vont dans le même sens. Selon Kaiko, l’activité globale sur les grandes plateformes reste nettement inférieure aux pics observés fin 2025. Cette faible liquidité peut amplifier les rebonds une fois les ventes épuisées, mais elle rend aussi le marché vulnérable à une nouvelle phase de baisse si la demande ne se renforce pas rapidement.

Le réseau Bitcoin vient d’enregistrer l’une de ses plus fortes secousses depuis plusieurs années, avec une chute d’environ 11 % de la difficulté de minage — un recul inédit depuis la répression chinoise de 2021. Cette baisse résulte d’un net repli du hashrate, provoqué à la fois par la correction brutale du prix du bitcoin et par des interruptions massives liées aux tempêtes hivernales aux États-Unis. Selon les données de Blockchain.com, la difficulté est passée d’environ 141 600 milliards à près de 125 900 milliards, traduisant la mise hors ligne d’un nombre important de machines.

Les mineurs sont sous forte pression économique. Depuis le sommet d’octobre, où le bitcoin évoluait autour de 126 000 $, le repli des prix vers la zone des 69 000 $ a lourdement entamé la rentabilité du secteur. Les exploitants utilisant du matériel moins performant ou confrontés à des coûts énergétiques élevés ont été les premiers contraints de réduire ou d’arrêter leurs opérations. Cette situation a aussi accéléré un mouvement de diversification, certains acteurs redirigeant leurs infrastructures vers l’intelligence artificielle, jugée plus stable et prévisible en termes de revenus.

La dégradation est particulièrement visible dans les revenus de minage. Le « hashprice », qui mesure les gains par unité de puissance de calcul, a été divisé par deux, passant d’environ 70 $ à un peu plus de 35 $. Les conditions météorologiques extrêmes, notamment au Texas, ont aggravé la situation : les opérateurs de réseau ont demandé des réductions de consommation, forçant plusieurs sociétés cotées à diminuer drastiquement leur production quotidienne. Dans ce contexte, Bitfarms a même vu son action s’envoler après avoir annoncé un repositionnement stratégique vers les centres de données et les charges de calcul haute performance liées à l’IA.

Malgré son apparente brutalité, cette baisse de difficulté joue un rôle d’autorégulation essentiel. En réduisant la concurrence, elle améliore mécaniquement les marges des mineurs encore actifs et contribue à rééquilibrer l’écosystème. Historiquement, de tels épisodes sont souvent associés à des phases de capitulation du marché, qui précèdent parfois une stabilisation — voire un rebond — du prix du bitcoin, une fois la pression vendeuse des mineurs affaiblis absorbée.

Lors d’une table ronde au Digital Assets Forum London, Bradley Duke, responsable Europe chez Bitwise, a proposé une lecture contrastée du rôle de l’or et du bitcoin dans un portefeuille. Selon lui, l’or agit avant tout comme un amortisseur en période de stress, tandis que le bitcoin joue un rôle plus offensif, capable de doper la performance lors des phases de reprise. Autrement dit, l’un protège contre les chocs, l’autre amplifie les rebonds — deux fonctions complémentaires plutôt que concurrentes.

Cette distinction intervient alors que la comparaison du bitcoin à un « or numérique » est de plus en plus remise en question. Sur les six derniers mois, le métal jaune a bondi à de nouveaux sommets, tandis que le bitcoin a fortement reculé. Duke explique cet écart par un réflexe profondément ancré chez les investisseurs : en période d’incertitude, ils se tournent instinctivement vers un actif refuge millénaire. La confiance dans le bitcoin, perçu comme une forme de « meilleure monnaie » à long terme, est en construction, mais ce processus demande du temps.

Les débats ont aussi porté sur la pertinence des cycles de quatre ans du bitcoin, historiquement liés aux « halvings ». Plusieurs intervenants estiment que leur influence s’estompe, car la majorité des bitcoins sont déjà en circulation et que les flux institutionnels — notamment via les FNB — pèsent désormais bien plus lourd que la création monétaire elle-même. Dans ce contexte, le marché du bitcoin se rapproche progressivement d’une logique macro, moins dominée par des cycles mécaniques et davantage par des arbitrages institutionnels.

La société cotée Strategy, spécialisée dans la détention de bitcoin en trésorerie, a continué d’acheter malgré la récente chute du marché. La semaine dernière, elle a acquis 1 142 BTC pour environ 90 millions de dollars, financés par la vente d’actions ordinaires. Or, cette opération est déjà en perte, le prix du bitcoin évoluant désormais bien en dessous du coût d’achat moyen de cette tranche, autour de 78 800 $ l’unité.

Au total, Strategy détient désormais près de 714 000 bitcoins, soit environ 3,4 % de l’offre maximale du réseau. La valeur de marché de ce portefeuille avoisine 50 milliards de dollars, mais l’entreprise a déboursé davantage pour l’accumuler. Avec un coût moyen estimé à un peu plus de 76 000 $ par BTC, la société affiche une perte latente d’environ 4,8 milliards de dollars. Cette situation est directement liée au repli du bitcoin, en baisse de plus de 23 % sur un mois et revenu près de 69 000 $ selon les données de CoinGecko.

Cette correction a également pesé sur le titre boursier de Strategy, qui a touché un creux de 18 mois avant de se redresser partiellement avec le rebond du marché crypto. Malgré une perte comptable colossale annoncée pour le quatrième trimestre 2025, la direction reste fidèle à sa stratégie de long terme. Son fondateur et président exécutif, Michael Saylor, continue de défendre une vision axée sur l’accumulation durable de bitcoin, qu’il considère comme le pilier central de la structure financière du groupe.

Selon une note récente de TD Cowen, Strategy serait aujourd’hui mieux armée que jamais pour traverser la correction du bitcoin et profiter d’un éventuel retournement de marché. Malgré la forte baisse de l’action MSTR — qui a chuté d’environ 17 % en une seule séance en parallèle du repli du bitcoin — les analystes estiment qu’il n’existe aucun scénario crédible dans lequel l’entreprise serait contrainte de vendre ses bitcoins ou de modifier en profondeur sa stratégie.

Cette volatilité boursière est jugée volontaire et structurelle. Les analystes rappellent que l’action Strategy a été conçue comme une exposition amplifiée au bitcoin, avec des mouvements historiquement plus prononcés à la hausse comme à la baisse. En pratique, le titre agit comme un levier, évoluant en moyenne avec une volatilité environ 1,5 fois supérieure à celle du bitcoin, un comportement assumé et cohérent avec le modèle de trésorerie de l’entreprise.

Sur le plan financier, TD Cowen se montre rassurant. Strategy disposerait de réserves de liquidités d’environ 2,25 milliards de dollars, suffisantes pour couvrir ses charges fixes pendant près de 17 mois et faire face à d’éventuels remboursements de dette convertible à partir de 2027. Selon leurs calculs, les premières tensions sérieuses n’apparaîtraient pas avant 2028, même dans l’hypothèse d’une baisse beaucoup plus sévère et prolongée du bitcoin.

Enfin, la banque met en avant l’émergence d’un véritable « moteur de crédit numérique » chez Strategy, alimenté par l’émission massive d’actions privilégiées et par des instruments offrant rendement et liquidité. TD Cowen maintient ainsi un objectif de cours élevé sur le titre et anticipe un nouveau sommet historique du bitcoin d’ici 2026–2027. Une vision partagée par la direction de Strategy, dont le président exécutif Michael Saylor, qui affirme que la structure financière du groupe pourrait supporter un bitcoin durablement très bas sans mettre en péril sa solvabilité.

Le sentiment autour du bitcoin a atteint un niveau historiquement pessimiste, avec l’indicateur Crypto Fear & Greed tombé à 7, un record absolu de peur extrême. Ce climat anxiogène a toutefois coïncidé avec un rebond du BTC au-dessus de 71 000 $, ravivant le débat sur la possibilité que la zone des 60 000 $ ait marqué un plancher. Pour certains investisseurs contrarians, ce type de panique généralisée a souvent précédé des phases de stabilisation ou de reprise.

Plusieurs analystes soulignent en effet que les indicateurs de survente sont exceptionnellement prononcés. Michaël van de Poppe rappelle que l’indice de peur, combiné à un RSI quotidien tombé autour de 15, n’avait été observé que lors de grands épisodes de capitulation, comme le marché baissier de 2018 ou le choc de mars 2020. À cela s’ajoute un déséquilibre notable du côté des liquidations : selon CoinGlass, une hausse marquée des prix exposerait plus de 5,5 milliards de dollars de positions vendeuses à des liquidations forcées, contre une pression nettement moindre en cas de retour vers 60 000 $, ce qui pourrait favoriser un mouvement haussier technique.

Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.

Les renseignements présentés le sont en date du 10 février 2026, à moins qu’une autre date ne soit mentionnée, et à titre d’information seulement. Ils proviennent de sources que nous jugeons fiables, mais non garanties. Il ne s’agit pas de conseils financiers, juridiques ou fiscaux. Les investissements Rivemont ne sont pas responsables des erreurs ou omissions relativement aux renseignements, ni des pertes ou dommages subis.