Bitcoin évolue actuellement dans une zone particulièrement délicate, coincé entre plusieurs niveaux techniques et onchain importants. Depuis le début d’avril, son prix suit de près le prix réalisé de 2026, estimé autour de 76 200 $ selon Checkonchain. Ce seuil représente le coût moyen d’acquisition des bitcoins ayant bougé pour la dernière fois en 2026, ce qui en fait un repère de plus en plus surveillé par les analystes, parfois jugé plus pertinent que les simples seuils psychologiques.
Le marché a récemment montré une certaine résilience. Après avoir brièvement reculé vers 74 500 $ durant le week-end, bitcoin a rebondi sur sa moyenne mobile de 128 jours, un niveau technique suivi de près. Toutefois, il demeure sous plusieurs résistances onchain majeures situées près de 77 000 $, notamment la moyenne réelle du marché et le coût de base des détenteurs à court terme. Ces indicateurs sont souvent interprétés comme des baromètres du sentiment général et du positionnement des investisseurs les plus récents.
Un autre facteur contribue à maintenir le marché dans une fourchette étroite : l’importante expiration d’options prévue le 29 mai sur Deribit, avec environ 6,6 milliards de dollars d’intérêt ouvert. Les plus grosses positions se concentrent autour du put à 75 000 $ et du call à 80 000 $, ce qui crée un incitatif pour certains acteurs du marché, notamment les market makers, à maintenir le prix entre ces deux bornes à l’approche de l’échéance. Cette dynamique participe à la compression actuelle de la volatilité.
Les données de Glassnode confirment également cette forte concentration du marché. Plus de 15 % de l’offre en circulation de bitcoin aurait été acquise entre 74 000 $ et 83 000 $, ce qui montre à quel point cette zone de prix est dense en positions. Tant que bitcoin ne parvient pas à sortir clairement de cette fourchette, le marché pourrait rester prisonnier d’un équilibre fragile entre support onchain, résistance technique et pressions liées aux options.
Selon Enflux, l’intérêt acheteur existe toujours, mais les participants hésitent à augmenter significativement leur exposition. Le même constat ressort des données de Glassnode : la pression vendeuse semble s’atténuer et l’équilibre entre acheteurs et vendeurs s’améliore, mais l’activité globale reste trop faible pour confirmer un véritable retour de conviction. Autrement dit, le marché ne semble pas se préparer à une chute brutale, mais il ne montre pas non plus les signes d’un décollage imminent.
Le comportement récent de bitcoin intrigue aussi les analystes. Malgré plusieurs chocs macroéconomiques, dont la dégradation de la dette souveraine américaine par Moody’s et les avertissements de Walmart sur l’impact des coûts énergétiques géopolitiques et de la faiblesse de la consommation, le BTC est resté étonnamment stable. Pour que le marché reparte franchement à la hausse, il manque surtout un retour marqué de la demande institutionnelle.
Les FNB spot bitcoin américains avaient attiré 2,44 milliards de dollars en avril, mais les entrées se sont depuis calmées. En parallèle, les réserves de BTC sur les plateformes d’échange demeurent près de leurs plus bas niveaux en dix ans, autour de 2,3 millions de bitcoins, ce qui maintient un contexte d’offre favorable. Le prochain rapport d’inflation PCE aux États-Unis pourrait donc devenir déterminant : une inflation plus élevée que prévu renforcerait le scénario de taux élevés plus longtemps, tandis qu’un chiffre plus faible pourrait raviver l’appétit institutionnel pour les actifs risqués, dont bitcoin.
La position en ZEC prise par le fonds Rivemont crypto continue de créer de la surperformance relativement à l’indice du bitcoin, alors que le prix tout comme le ratio par rapport à BTC ont tous deux atteints des sommets n’ayant pas été vus depuis novembre 2025.
Un nouveau projet de loi bipartisan présenté jeudi à la Chambre des représentants propose d’encadrer plus strictement les avoirs en bitcoin du gouvernement américain en les plaçant dans une réserve stratégique pour une période minimale de 20 ans. Le texte, intitulé American Reserve Modernization Act of 2026 — ou ARMA — a été déposé par le représentant républicain Nick Begich, de l’Alaska, avec l’appui du démocrate Jared Golden, du Maine. Il vise à transformer en loi l’orientation déjà donnée par le décret présidentiel de Donald Trump en 2025, qui prévoyait la création d’une réserve nationale de bitcoin.
Contrairement à certaines propositions précédentes, notamment le BITCOIN Act, ARMA ne fixe pas d’objectif d’achat massif de 1 million de BTC. Le projet mise plutôt sur les actifs numériques déjà détenus par le gouvernement fédéral, souvent issus de saisies criminelles ou civiles. Les bitcoins transférés dans cette réserve ne pourraient pas être vendus, échangés, mis aux enchères ou autrement cédés avant l’expiration d’un délai de 20 ans. Après cette période, le secrétaire au Trésor pourrait recommander la vente d’un maximum de 10 % des actifs de la réserve sur une période de deux ans.
Le projet de loi prévoit aussi la création d’un inventaire distinct pour les autres actifs numériques détenus par l’État, comme l’ether ou certains stablecoins. Dans les 60 jours suivant l’adoption éventuelle de la loi, les agences fédérales devraient fournir un portrait complet des actifs numériques sous leur contrôle. Selon des données non officielles d’Arkham Intelligence, les avoirs crypto du gouvernement américain seraient actuellement évalués à environ 26 milliards de dollars, principalement en bitcoin, ether et USDT.
ARMA met également l’accent sur la transparence et la surveillance. Le texte imposerait des rapports publics trimestriels de preuve de réserve, des audits indépendants et un encadrement accru par le Congrès. Pour d’éventuelles acquisitions additionnelles, le projet ne propose pas d’achats directs financés par le budget, mais demande plutôt au Trésor et au Commerce d’étudier des mécanismes « neutres sur le plan budgétaire », comme la conversion d’actifs non-bitcoin, la réévaluation de certificats-or, les produits de confiscations, les revenus tarifaires ou encore des partenariats avec les États.
trategy, le plus important détenteur corporatif de bitcoin au monde, a choisi la semaine dernière de consacrer une partie de ses liquidités au rachat de dette plutôt qu’à l’achat de nouveaux BTC. Selon un dépôt réglementaire publié mardi, la société a racheté pour 1,5 milliard de dollars de billets convertibles seniors à 0 % arrivant à échéance en 2029, dans le cadre de transactions privées, pour un montant total de 1,38 milliard de dollars.
Cette opération a été financée à même les réserves de trésorerie de l’entreprise, qui sont descendues à environ 871 millions de dollars après le rachat et les transactions de capital connexes. Michael Saylor, président exécutif de Strategy, a fait allusion à cette décision sur X en indiquant que l’entreprise avait acheté des obligations cette semaine, et non du bitcoin. Ce geste marque une pause inhabituelle dans la stratégie d’accumulation agressive de BTC qui caractérise normalement la société.
Le rachat permet à Strategy de réduire son niveau d’endettement et de réorganiser une partie de ses obligations financières liées à son modèle de trésorerie adossé au bitcoin. Une fois l’opération réglée, la dette totale de l’entreprise passerait d’environ 8,2 milliards de dollars à 6,7 milliards de dollars, ce qui allège son bilan tout en maintenant son exposition massive au BTC.
Strategy détient toujours 843 738 bitcoins, acquis à un prix moyen d’environ 75 700 $ par unité, pour un coût total avoisinant 63,9 milliards de dollars. Malgré l’absence d’un nouvel achat de bitcoin, l’action MSTR progressait de 1,9 % en prémarché, soutenue par le léger rebond du BTC autour de 77 000 $.
La volatilité implicite de bitcoin est tombée à 36 %, son plus bas niveau en huit mois, ce qui indique que les traders professionnels anticipent une poursuite de la consolidation plutôt que de grands mouvements à court terme. Cette baisse de volatilité ne donne pas, à elle seule, une direction claire au marché. Elle montre surtout que les participants semblent moins inquiets d’un choc soudain, alors que le BTC évolue depuis plusieurs semaines dans une fourchette relativement contenue.
Après la forte correction observée entre janvier et février, la volatilité avait bondi, notamment parce que le mouvement semblait difficile à expliquer par un seul facteur évident. Même lorsque bitcoin s’est ensuite stabilisé entre 63 000 $ et 71 000 $ en mars, la volatilité implicite demeurait supérieure à 50 %. Avec le temps, la zone des 60 000 $ a été perçue comme un support plus crédible, réduisant la perception du risque. Certains analystes estiment aussi que la présence accrue des investisseurs institutionnels, l’essor des produits dérivés et l’utilisation de prêts garantis par du BTC contribuent à amortir les mouvements forcés de vente.
Cela dit, une période de faible volatilité peut souvent précéder un mouvement plus violent, surtout dans un actif encore jeune comme bitcoin. Historiquement, les grandes impulsions de prix surviennent souvent après des phases prolongées de compression. Les données de CoinGlass montrent notamment une forte concentration de positions vendeuses à effet de levier entre 78 000 $ et 83 000 $. Si bitcoin devait franchir cette zone, un mouvement vers 82 000 $ pourrait provoquer une vague de liquidations de shorts et accélérer la hausse.
Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.
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