Passez à l'action

Bulletin crypto – semaine 424

Le bitcoin a connu une nouvelle phase de faiblesse marquée, chutant brièvement vers 74 500 $ au cours du week-end avant de rebondir autour de 78 500 $. Cette baisse s’inscrit dans une tendance négative persistante, avec une quatrième clôture mensuelle consécutive dans le rouge — une situation qui rappelle les épisodes les plus difficiles du marché baissier de 2018. Sur le dernier mois, la correction atteint environ 13 %, confirmant une pression vendeuse toujours bien installée.

Ce mouvement s’explique par un environnement macroéconomique particulièrement tendu. Les inquiétudes liées aux menaces de nouveaux droits de douane américains ont déclenché une vague de liquidation massive sur les marchés à effet de levier, entraînant plus de 2,2 milliards de dollars de positions forcées en seulement 24 heures. Contrairement aux attentes habituelles, même les valeurs refuges traditionnelles n’ont pas résisté : l’or et l’argent ont subi des chutes historiques, illustrant une ruée généralisée vers la liquidité en dollars plutôt qu’une simple aversion au risque ciblée sur la crypto.

Sur le plan technique, le tableau reste largement défavorable malgré un léger rebond. Les moyennes mobiles confirment une dynamique baissière bien établie, soutenue par des indicateurs de tendance qui signalent une forte conviction du marché à la baisse. Seul élément plus nuancé : certains oscillateurs indiquent que le bitcoin évolue désormais en zone de survente, ce qui ouvre la porte à des rebonds techniques à court terme, sans pour autant valider un véritable retournement de tendance.

Enfin, le sentiment des investisseurs s’est nettement dégradé. L’indice Fear & Greed est tombé en zone de « peur extrême ». Un retour au-dessus de la zone des 80 000 $ serait le premier signal crédible d’un affaiblissement de la pression baissière, même si les résistances supérieures demeurent nombreuses et difficiles à franchir.

Malgré la forte correction du bitcoin sous les 75 000 $ durant le week-end, l’appétit des investisseurs institutionnels américains ne s’est pas démenti. Les FNB bitcoin au comptant cotés aux États-Unis ont enregistré une entrée nette de près de 562 millions de dollars en une seule séance, leur plus importante depuis la mi-janvier. Ce regain d’achats suggère que de nombreux acteurs ont profité de la baisse récente pour se repositionner, alors même que certains craignaient un scénario de panique généralisée sur les marchés.

Les flux ont été principalement portés par les grands émetteurs, avec BlackRock et Fidelity en tête, illustrant une demande toujours solide de la part de Wall Street. Cette vague d’entrées met fin à une séquence d’une dizaine de jours marquée par des sorties continues, période durant laquelle le bitcoin est passé d’environ 98 000 $ à moins de 75 000 $. Contrairement aux craintes d’un « lundi noir », les marchés ont finalement montré des signes de stabilisation.

Un contraste important persiste toutefois entre le prix du bitcoin et les positions détenues via les FNB. Bien que le cours actuel soit encore environ 40 % sous son sommet d’octobre, les FNB américains détiennent près de 1,3 million de bitcoins, soit seulement un léger recul par rapport à leur niveau record. Cela indique que, jusqu’ici, les investisseurs n’ont pas massivement réduit leur exposition malgré la volatilité.

Reste que ces investisseurs se trouvent désormais en situation latente de perte. Le coût moyen d’acquisition des FNB avoisine 84 000 $, bien au-dessus du prix du marché actuel. Ce décalage constitue un test clé pour la solidité de la demande : si les détenteurs de FNB venaient à céder sous la pression, des rachats importants pourraient accentuer la tendance baissière. À l’inverse, leur maintien confirmerait une conviction de long terme face aux turbulences actuelles.

La récente correction du bitcoin relance le débat sur la nature réelle de ce mouvement : s’agit-il d’un simple épisode de tensions liées au positionnement et à la liquidité, ou d’un signal plus inquiétant pour son statut de réserve de valeur ? La plupart des analystes s’accordent pour dire que la baisse est avant tout cyclique et non structurelle. Toutefois, les opinions divergent quant à la capacité du bitcoin à redevenir un pôle d’attraction pour les capitaux, dans un contexte marqué par un dollar fort et une incertitude macroéconomique persistante.

Malgré tout, quelques éléments positifs émergent. Une part importante de l’offre de bitcoins se situe désormais en perte latente, ce qui pourrait, à terme, réduire l’intensité des ventes forcées. Le marché semble avoir traversé cette phase de correction sans panique majeure, laissant le prix dépendre d’un éventuel regain d’intérêt ou d’initiatives réglementaires favorables. En ce sens, la « lueur d’espoir » ne vient pas d’un basculement immédiat vers le bitcoin comme valeur refuge, mais plutôt d’un assainissement du marché, qui prépare le terrain à un nouveau cycle si les conditions s’y prêtent.

Selon Matt Hougan, chef des investissements chez Bitwise, le marché des cryptomonnaies traverse depuis le début de 2025 un véritable « hiver crypto », comparable aux grandes phases baissières de 2018 et 2022. Loin d’une simple correction passagère, cette période se caractérise par des reculs marqués : le bitcoin a perdu près de 40 % depuis son sommet d’octobre 2025, l’ether plus de la moitié de sa valeur, et de nombreux autres actifs ont subi des chutes encore plus sévères. Pour Hougan, reconnaître cette réalité est essentiel pour comprendre pourquoi le pessimisme domine malgré certaines nouvelles favorables.

Il estime toutefois que la gravité de la baisse a été partiellement masquée l’an dernier par les flux institutionnels. Les achats soutenus via les FNB et les trésoreries d’entreprises exposées aux actifs numériques ont amorti le choc, en particulier pour les grandes capitalisations. Ainsi, des actifs comme le bitcoin, l’ether ou le XRP ont relativement mieux résisté que les jetons dépourvus de canaux d’investissement institutionnels, lesquels ont parfois plongé de plus de 60 %. Sans ce soutien massif — plus de 740 000 bitcoins achetés sur la période — la correction aurait, selon lui, pu être bien plus profonde.

Hougan souligne que, malgré la faiblesse des prix, l’écosystème crypto continue de progresser sur le plan structurel. Les avancées réglementaires, l’adoption institutionnelle, le développement des stablecoins et la tokenisation d’actifs réels posent des bases solides pour la suite. Comme lors des cycles précédents, il rappelle que les marchés baissiers se terminent rarement dans l’enthousiasme, mais plutôt dans une lassitude généralisée — un climat qui ressemble fortement à celui observé près des creux historiques.

Enfin, même si le calendrier exact reste incertain, Hougan juge que le marché serait désormais plus proche de la fin de l’hiver que de son commencement. La durée déjà inhabituelle de cette phase, combinée à une croissance économique robuste, à des signaux réglementaires encourageants et à un intérêt émergent de certains États pour le bitcoin, nourrit l’idée qu’un retournement pourrait se profiler. En résumé, le contexte demeure sombre, mais les conditions d’un redémarrage progressif semblent lentement se mettre en place.

La nomination de Donald Trump de Kevin Warsh à la tête de la Federal Reserve, en remplacement de Jerome Powell, intervient dans un contexte délicat pour les marchés financiers et les cryptomonnaies. L’annonce arrive alors que le bitcoin recule nettement et que les investisseurs réévaluent leurs anticipations de politique monétaire. Comme les actifs numériques réagissent fortement aux conditions de liquidité et aux taux d’intérêt, tout changement à la Fed est scruté de près par le marché crypto.

Le profil de Kevin Warsh nourrit des perceptions contrastées. Connu pour ses positions plutôt fermes sur l’inflation et ses critiques passées des politiques monétaires accommodantes, il est perçu comme potentiellement plus « hawkish » que son prédécesseur. Cette posture pourrait freiner l’appétit pour le risque à court terme. Paradoxalement, certains estiment qu’une Fed plus dure pourrait, à plus long horizon, renforcer l’attrait du bitcoin comme contrepoids à une politique monétaire centralisée et restrictive.

Enfin, les positions de Warsh sur les cryptomonnaies sont nuancées. S’il a déjà sévèrement critiqué une grande partie de l’écosystème crypto et soutenu l’idée d’une monnaie numérique de banque centrale, il s’est montré plus ouvert à l’égard du bitcoin, qu’il considère comme un actif distinct capable de jouer un rôle disciplinaire face aux décideurs publics. En résumé, sa nomination ne constitue ni un signal clairement haussier ni franchement baissier pour la crypto, mais elle accentue une phase où le marché doit composer avec davantage d’incertitude politique et monétaire.

La société Strategy, dirigée par Michael Saylor, a poursuivi sa politique d’accumulation de bitcoin en achetant 855 BTC supplémentaires pour environ 75 millions de dollars, à un prix moyen proche de 88 000 $ l’unité. Cette opération, financée par l’émission d’actions ordinaires, porte les avoirs totaux de l’entreprise à plus de 713 000 bitcoins, soit une part significative de l’offre maximale du réseau. Malgré l’ampleur de ces positions, la récente baisse du marché a fortement réduit les gains latents de Strategy.

Avec le recul du prix du bitcoin sous certains seuils clés, le coût moyen d’acquisition de la société a brièvement dépassé la valeur de marché, plaçant ses avoirs en situation de perte non réalisée pour la première fois depuis plus d’un an. Cette situation illustre la sensibilité du modèle de Strategy aux fluctuations de prix à court terme, même si l’entreprise reste globalement proche de l’équilibre grâce à son historique d’achats étalés dans le temps.

Pour financer ces acquisitions, Strategy continue de s’appuyer principalement sur la vente progressive de ses actions cotées, dont plusieurs milliards de dollars restent encore disponibles à l’émission. Cette approche dilutive fait partie intégrante de sa stratégie assumée d’exposition maximale au bitcoin. Par ailleurs, le titre Strategy est devenu un véhicule indirect privilégié pour certains grands investisseurs institutionnels, notamment le fonds souverain norvégien, qui concentre l’essentiel de son exposition indirecte au bitcoin via ces actions.

Toutefois, cette stratégie n’est pas sans coût pour les actionnaires. Le cours de l’action Strategy a fortement reculé par rapport à ses sommets, et la valorisation boursière de l’entreprise est désormais inférieure à la valeur de ses bitcoins détenus. Saylor maintient que la structure financière du groupe est conçue pour encaisser un choc prolongé, même en cas de chute extrême du bitcoin, tout en reconnaissant que les investisseurs subiraient des pertes importantes dans un tel scénario.

Selon les analystes de Compass Point, le marché baissier des cryptomonnaies serait entré dans sa phase finale. Même si les risques à court terme demeurent orientés à la baisse, ils estiment qu’une chute nettement plus prononcée du bitcoin nécessiterait un choc externe majeur, comme l’entrée des marchés boursiers américains en véritable marché baissier. En l’absence d’un tel scénario, la correction actuelle ressemblerait davantage à un processus de fin de cycle qu’au début d’une nouvelle vague de baisse.

Dans leur scénario central, le bitcoin trouverait un plancher durable entre 60 000 $ et 68 000 $, avec un point d’ancrage autour de 65 000 $. Cette zone correspond à des niveaux où les détenteurs de long terme ont historiquement montré une forte volonté d’accumulation. Une part significative des bitcoins conservés depuis plus de six mois a en effet été acquise dans cette fourchette, ce qui renforce l’idée d’un socle de soutien relativement solide à ces niveaux.

À l’inverse, la zone comprise entre 70 000 $ et 80 000 $ apparaît beaucoup plus fragile. Les analystes la décrivent comme un véritable « trou d’air », caractérisé par un manque de support structurel. Peu de bitcoins détenus à long terme ont été achetés dans cette plage de prix, ce qui laisse le marché vulnérable à de nouvelles pressions vendeuses, d’autant plus que les sorties de capitaux des FNB bitcoin restent élevées et que plusieurs investisseurs sont actuellement en perte latente.

Le bitcoin a rebondi d’environ 5 % depuis son plus bas de neuf mois autour de 74 500 $, ravivant l’espoir d’un mouvement de reprise vers la zone des 80 000 $, voire des 85 000 $. Après cette chute marquée, les acheteurs ont réussi à défendre le niveau des 78 000 $, un seuil désormais observé de près par les traders à la recherche d’un retournement technique à court terme.

Sur le plan graphique, plusieurs analystes soulignent l’importance des zones laissées « vides » lors de la récente baisse rapide des prix. Ces déséquilibres, créés par des mouvements brusques, constituent souvent des aimants pour les cours lors des phases de rebond. Une première zone se situe autour de 79 000–81 000 $, tandis qu’un niveau plus stratégique apparaît entre 84 000 et 88 000 $, correspondant à un important écart de prix formé sur les contrats à terme. Le franchissement durable des 80 000 $ pourrait ainsi déclencher un effet d’accélération.

Les données de liquidité vont dans le même sens. Les carnets d’ordres montrent une forte concentration de positions vendeuses autour de 80 000 $ et juste au-dessus de 85 000 $. Si le prix parvient à dépasser ces seuils, un mouvement de rachats forcés de positions vendeuses pourrait se produire, amplifiant la hausse et propulsant rapidement le bitcoin vers la zone des 85 000 $.

Enfin, le retour des flux positifs vers les FNB bitcoin au comptant renforce ce scénario de rebond technique. Après plusieurs jours de sorties, les entrées nettes observées en début de mois suggèrent que certains investisseurs institutionnels profitent de la peur ambiante pour se repositionner. Combiné à un sentiment de marché extrêmement pessimiste — souvent observé près des creux locaux — cet afflux de capitaux alimente l’idée qu’un rallye de soulagement pourrait se matérialiser à court terme, même si la tendance de fond reste encore fragile.

Finalement, impossible de ne pas prendre un pas de recul et de voir le scénario à long terme. Le bitcoin a toujours montré une volatilité élevée et clairement, l’action actuelle n’y fait pas défaut. Toutefois, ce sont ceux qui ont osé acheter alors que la crainte était à son apogée qui ont ultimement réalisé les plus larges profits. C’est une approche certes difficile à réaliser, mais ultimement gagnante.

Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.

Les renseignements présentés le sont en date du 3 février 2026, à moins qu’une autre date ne soit mentionnée, et à titre d’information seulement. Ils proviennent de sources que nous jugeons fiables, mais non garanties. Il ne s’agit pas de conseils financiers, juridiques ou fiscaux. Les investissements Rivemont ne sont pas responsables des erreurs ou omissions relativement aux renseignements, ni des pertes ou dommages subis.