Le marché des cryptomonnaies a rebondi mardi, porté par un regain d’appétit pour le risque sur les marchés financiers. Le bitcoin s’est apprécié d’environ 4 % depuis le début de la journée, franchissant à nouveau la barre des 71 000 dollars, tandis que l’ether est parvenu à repasser au-dessus du seuil psychologique des 2 000 dollars, un niveau qu’il avait récemment eu de la difficulté à maintenir. Cette progression s’inscrit dans un mouvement plus large touchant plusieurs classes d’actifs.
Cette remontée s’explique en partie par l’affaiblissement du dollar américain après des déclarations de Donald Trump laissant entendre que le conflit en Iran pourrait se terminer plus rapidement que prévu. Dans la foulée, l’indice du dollar (DXY) a reculé vers 98,5 après avoir atteint près de 100 la veille. Ce repli du billet vert a contribué à soutenir plusieurs actifs sensibles au climat macroéconomique, dont les cryptomonnaies, les marchés boursiers et les métaux précieux, tandis que les prix du pétrole ont cédé une partie de leurs gains récents.
Le lien inverse souvent observé entre le bitcoin et le dollar demeure un élément clé de cette dynamique. Si le DXY poursuit sa baisse au cours des prochains jours, certains observateurs estiment que le marché des cryptomonnaies pourrait bénéficier d’un soutien supplémentaire. Le contexte géopolitique lié au conflit iranien semble également avoir mis en lumière une certaine résilience du bitcoin, qui a mieux résisté que plusieurs autres actifs depuis le début des tensions.
Selon plusieurs indicateurs analysés par la firme Glassnode, l’état du marché semble s’améliorer graduellement. Certaines mesures internes, comme la rentabilité des détenteurs ou la dynamique des prix, montrent un redressement modeste. Les analystes parlent toutefois d’une amélioration prudente plutôt que d’un véritable retournement haussier, soulignant que l’élan reste encore fragile.
Les marchés dérivés suggèrent néanmoins un retour progressif de l’appétit pour le risque. L’intérêt ouvert sur les contrats à terme a augmenté, ce qui indique que certains investisseurs recommencent à utiliser l’effet de levier. De plus, des achats plus agressifs sont observés sur les marchés de contrats perpétuels. Parallèlement, les fonds négociés en bourse américains adossés au bitcoin enregistrent de nouveaux apports de capitaux, avec des entrées cumulées d’environ 934 millions de dollars, en hausse par rapport à la semaine précédente.
Malgré ces signaux encourageants, la reprise demeure précaire. Les volumes sur les marchés au comptant restent relativement faibles et l’activité sur le réseau bitcoin demeure modérée, ce qui suggère que la participation globale des investisseurs n’a pas encore pleinement repris. Autrement dit, même si certaines tensions semblent se dissiper et que plusieurs indicateurs se redressent, la confiance du marché n’est pas encore totalement rétablie.
La plateforme d’échange de cryptomonnaies Binance a rejeté les accusations selon lesquelles elle aurait facilité plus de 1,7 milliard de dollars de transactions liées à l’Iran en violation des sanctions américaines. Dans une lettre adressée au sénateur Richard Blumenthal, l’entreprise affirme que les informations ayant motivé l’ouverture d’une enquête reposent sur des affirmations inexactes et dépourvues de preuves solides. Le sénateur avait lancé cette investigation à la suite d’un article de presse affirmant que des milliers de comptes associés à des entités iraniennes auraient été actifs sur la plateforme.
Selon ces informations médiatiques, environ 2 000 comptes liés à l’Iran ainsi que certaines transactions visant à contourner les sanctions auraient transité par Binance, notamment via deux partenaires basés à Hong Kong. L’entreprise reconnaît avoir examiné ces situations, mais soutient qu’elle a rapidement réagi après avoir reçu des demandes des autorités. Des enquêtes internes auraient été menées afin d’identifier les comptes concernés et d’évaluer toute exposition potentielle sur la plateforme.
Binance affirme ainsi avoir procédé à la fermeture des comptes associés aux entités mentionnées. L’un d’eux aurait été retiré de la plateforme à l’été 2025, tandis qu’un autre aurait été désactivé au début de 2026 à l’issue d’analyses internes. L’entreprise insiste sur le fait que ces actions démontrent le fonctionnement normal de ses mécanismes de conformité et sa volonté de coopérer avec les autorités lorsque des risques crédibles sont identifiés.
L’exchange rappelle également avoir considérablement renforcé ses contrôles réglementaires ces dernières années, affirmant avoir investi des centaines de millions de dollars dans ses systèmes de conformité et mobiliser plus de 1 500 employés dans ce domaine. Ces nouvelles accusations interviennent toutefois dans un contexte délicat : en 2023, Binance avait déjà plaidé coupable à des infractions liées aux lois américaines contre le blanchiment d’argent et aux sanctions, acceptant de payer une amende de 4,3 milliards de dollars. Son cofondateur et ancien dirigeant, Changpeng Zhao, avait pour sa part purgé une peine de prison avant d’être gracié par le président Donald Trump en 2024.
Le réseau Bitcoin vient de franchir un jalon majeur de son histoire : plus de 20 millions de bitcoins ont désormais été minés. Cela signifie que plus de 95 % de l’offre maximale prévue par le protocole — fixée à 21 millions d’unités — est déjà en circulation. Ce cap a été atteint environ dix-sept ans après la création du premier bloc en janvier 2009, illustrant la progression constante du réseau depuis ses débuts.
Il reste maintenant moins d’un million de bitcoins à produire. Toutefois, ces nouvelles unités apparaîtront beaucoup plus lentement que les premières en raison du mécanisme de « halving », qui réduit périodiquement la récompense accordée aux mineurs. Aujourd’hui, la subvention par bloc est de 3,125 BTC, un niveau établi lors du dernier halving d’avril 2024. À ce rythme, les mineurs créent environ 450 bitcoins par jour, soit deux fois moins qu’avant cette réduction.
Le calendrier d’émission du bitcoin est entièrement programmé dans le protocole imaginé par son créateur, connu sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto. La récompense initiale de 50 BTC par bloc est divisée par deux environ tous les quatre ans, ce qui ralentit progressivement la création monétaire. Avec chaque halving, la quantité de nouveaux bitcoins entrant sur le marché diminue, rendant l’actif de plus en plus rare.
En conséquence, la production des derniers bitcoins devrait s’étaler sur plus d’un siècle. Les analystes estiment que les fractions finales — mesurées en satoshis, la plus petite unité du réseau — seront extraites autour de l’année 2140. Cette émission prévisible et décroissante constitue l’un des traits distinctifs du bitcoin, souvent mis de l’avant comme une alternative aux systèmes monétaires traditionnels dont l’offre peut être ajustée par les autorités centrales.
Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.
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