Le Bitcoin évolue toujours autour des 90 000 $, un seuil qu’il défend depuis plusieurs jours dans un marché prudent en attendant la dernière décision annuelle de la Réserve fédérale. Les investisseurs semblent déjà avoir intégré l’hypothèse d’une baisse de taux, ce qui rend les commentaires de Jerome Powell encore plus déterminants que l’annonce elle-même. Dans ce climat d’attentisme, la volatilité reste faible : BTC oscille dans une fourchette étroite, et la capitalisation totale des cryptomonnaies s’est légèrement contractée.
Les mouvements sur les FNB révèlent une dynamique contrastée : alors que le Bitcoin subit de nouveaux retraits de capitaux, plusieurs altcoins — notamment ETH, SOL et XRP — attirent des flux positifs. Les analystes y voient moins un désengagement global qu’une rotation ciblée. Les indicateurs on-chain brossent d’ailleurs un portrait mitigé : l’activité s’améliore modestement, mais la confiance générale demeure limitée, ce qui suggère un début de reprise encore fragile.
L’ensemble du marché semble figé avant la décision de la Fed. Les anticipations pointent clairement vers un assouplissement monétaire, mais les perspectives demeurent brouillées par une consommation américaine affaiblie et un endettement record des ménages. Selon plusieurs spécialistes, le message de Powell fera office de véritable déclencheur : un ton prudent pourrait ramener le Bitcoin vers 88 000 $, tandis qu’une ouverture à de nouvelles baisses de taux pourrait raviver l’élan haussier, avec une possible poussée vers 93 000 $ à 95 000 $, voire davantage en cas d’emballement.
En parallèle, la liquidité sur les marchés dérivés s’est fortement réduite à l’approche des Fêtes, entraînant des mouvements brusques mais peu de liquidations. Les particuliers se retirent progressivement, alors que les investisseurs institutionnels continuent d’accumuler. Cette absorption silencieuse de l’offre, combinée à des retraits massifs de BTC des plateformes d’échange, crée un potentiel de resserrement de l’offre. Toutefois, faute de catalyseur macroéconomique immédiat, le Bitcoin demeure enfermé dans une tendance latérale — jusqu’à ce que la Fed trace enfin la voie à suivre.
Standard Chartered revoit drastiquement sa vision du marché : la banque ne prévoit plus qu’un Bitcoin à 100 000 $ en 2025, soit la moitié de son ancienne cible. Elle conserve une projection de 500 000 $, mais repousse désormais cet objectif à 2030 plutôt qu’en 2028. Cette révision s’inscrit dans un contexte où le prix du BTC oscille autour de 90 000 $, sans moteur évident pour relancer une tendance haussière durable. À court terme toutefois, les analystes s’accordent : la trajectoire du Bitcoin dépendra surtout de la réunion du FOMC de mercredi. Malgré plusieurs retours au seuil des 90 000 $, la cryptomonnaie reste confinée dans un canal étroit, faute de catalyseurs. Les modèles traditionnels basés sur les cycles de halving sont remis en question, certains estimant que les « crypto winters » appartiennent désormais au passé — une opinion que partagent d’ailleurs les utilisateurs des marchés prédictifs, qui jugent très improbable un nouvel hiver crypto d’ici 2026.
Les FNB américains détiennent désormais l’équivalent de 6,55 % de l’offre totale de Bitcoin, soit plus de 117 milliards de dollars, ce qui crée un socle structurel de demande. Cette accumulation contribue à amortir les ventes lors des phases de faiblesse, comme en témoigne le récent rebond depuis le creux du 2 décembre. Toutefois, l’enjeu du moment est de savoir si cet appui sera assez solide pour empêcher un glissement et relancer l’élan haussier. Plusieurs analystes estiment que le rapport risque-rendement devient intéressant à ces niveaux, mais que la confirmation dépendra du retour d’entrées positives dans les FNB.
Selon Joe Lau, cofondateur d’Alchemy, les stablecoins connaissent une accélération spectaculaire de leur adoption, bien au-delà de l’usage traditionnel sur les plateformes d’échange. Leur attrait provient surtout de leur capacité à permettre des règlements instantanés, 24 heures sur 24, propriété que les systèmes bancaires classiques peinent à égaler. De plus en plus d’entreprises — des fintechs aux géants du paiement comme Stripe, en passant par les solutions de paie et de trésorerie — commencent donc à intégrer ces actifs dans leurs processus opérationnels. Parallèlement à cette montée en puissance, les banques développent leurs propres jetons de dépôts tokenisés, une version « bancaire » des stablecoins qui offre des transferts rapides tout en restant entièrement dans le cadre réglementaire existant. Des initiatives comme JPM Coin ou les projets explorés par HSBC illustrent cette volonté d’offrir une alternative moderne aux virements traditionnels, jugés trop lents et coûteux. Dans ce modèle, les fonds demeurent à la banque, mais circulent avec la fluidité d’actifs numériques.
Cette évolution crée un système financier à deux vitesses : les stablecoins, ouverts et utilisables entre n’importe quels participants ; et les dépôts tokenisés, plus fermés et destinés principalement aux clients institutionnels des banques. Lau anticipe toutefois un rapprochement progressif entre ces deux univers. Les banques envisagent déjà d’étendre leurs infrastructures à d’autres actifs tokenisés, tandis que les émetteurs de stablecoins réfléchissent à des mécanismes plus proches du modèle bancaire, notamment pour améliorer leur efficacité en capital. Le marché, lui, confirme cet essor : la capitalisation totale des stablecoins a atteint 300 milliards de dollars, en hausse de 75 % sur un an. Des acteurs comme Morgan Stanley ou Citi revoient leurs prévisions à la hausse, certains imaginant un marché pouvant dépasser les 4 000 milliards de dollars d’ici 2030 dans les scénarios optimistes. Pour Lau, la convergence entre stablecoins et jetons bancaires transformera profondément l’infrastructure monétaire : un argent à la fois conforme, programmable et utilisable instantanément à l’échelle mondiale.
BlackRock poursuit son offensive dans l’univers des crypto-FNB en déposant auprès de la SEC une demande pour lancer ETHB, un nouveau FNB adossé à de l’Ethereum mis en staking. Contrairement à son fonds ETHA — un FNB au comptant traditionnel — cette nouvelle structure intégrerait les rendements générés par la mise en jeu d’une partie des ETH détenus, permettant ainsi aux investisseurs d’obtenir non seulement l’exposition au prix, mais aussi les récompenses du staking. Le document déposé précise que le fonds restera un véhicule d’investissement passif : il ne cherche pas à surpasser la performance de l’Ethereum, mais plutôt à la répliquer en y ajoutant les revenus de staking, dont la proportion pourra varier au fil du temps. Cette demande survient peu après la création d’un trust dans le Delaware, étape habituelle précédant le dépôt formel d’un FNB lié aux matières premières ou aux actifs numériques. BlackRock avait déjà tenté d’intégrer le staking directement dans ETHA, mais la SEC avait à plusieurs reprises repoussé sa décision.
L’arrivée de produits spécialisés dans le staking d’Ethereum s’intensifie depuis la mise en place de standards génériques permettant la cotation de trusts adossés à des actifs tokenisés. Grayscale a ouvert la marche avec ETHE, rapidement suivie par d’autres acteurs. Jusqu’à maintenant, aucun d’entre eux n’a réussi à ébranler la domination de BlackRock : ETHA gère plus de 11 milliards de dollars, soit environ 3,6 millions d’ETH, un volume bien supérieur à celui des fonds concurrents réunis. Le succès de BlackRock se confirme aussi du côté du Bitcoin, où son FNB IBIT occupe la position de plus grand FNB crypto sur le marché, avec environ 70 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Une fois approuvé, le FNB Ethereum mis en staking ETHB devrait être coté sur le Nasdaq aux côtés des autres fonds de la firme. Ce nouveau produit pourrait encore renforcer la domination de BlackRock dans l’écosystème des FNB crypto — un secteur où l’intérêt institutionnel ne cesse de croître.
Strategy vient de frapper un grand coup en réalisant son plus important achat de Bitcoin en plus de trois mois, déboursant près d’un milliard de dollars pour acquérir plus de 10 600 BTC. Cette opération a été financée principalement par l’émission de nouvelles actions ordinaires. Avec cette transaction, l’entreprise détient désormais environ 660 600 BTC, une réserve évaluée à près de 60 milliards de dollars. L’ampleur de cet achat équivaut à elle seule à l’ensemble des acquisitions réalisées par la société depuis la mi-septembre. Malgré cette annonce impressionnante, l’action Strategy est restée relativement stable autour de 180 $, même si elle a regagné environ 7,5 % au cours de la dernière semaine grâce au rebond du Bitcoin autour des 90 000 $. Certains analystes avaient exprimé des inquiétudes concernant un supposé ralentissement de la stratégie d’accumulation de BTC par l’entreprise, ce que les récents achats démentent clairement. Toutefois, des firmes comme Cantor Fitzgerald ont tout de même abaissé leur cible sur le titre, notamment en raison du risque que Strategy soit exclue des indices MSCI — une perspective qui a temporairement assombri le sentiment du marché.
Si l’incertitude plane à court terme, l’optimisme demeure entier à moyen et long terme. Lors d’une intervention à la Binance Blockchain Week, le PDG de Ripple, Brad Garlinghouse, a avancé une prévision audacieuse : selon lui, le Bitcoin pourrait atteindre 180 000 $ d’ici la fin de 2026, soit presque le double de son niveau actuel. Il n’a pas dévoilé de modèle précis pour justifier ce chiffre, mais il estime que les progrès réglementaires aux États-Unis — notamment l’adoption éventuelle du CLARITY Act — pourraient créer un environnement beaucoup plus favorable pour l’ensemble de l’industrie crypto. Garlinghouse anticipe que ce cadre législatif, bien qu’au point mort cette année, pourrait être adopté dans la première moitié de 2026 et agir comme un puissant moteur de croissance. Cette projection s’inscrit dans un contexte où plusieurs prévisions ambitieuses pour la fin de 2025 peinent déjà à se concrétiser. Tom Lee, qui estimait auparavant que Bitcoin atteindrait entre 150 000 $ et 200 000 $, a récemment revu ses attentes à la baisse. Michael Saylor, quant à lui, maintient ses objectifs agressifs — 150 000 $ à court terme, puis des prédictions dépassant le million de dollars par Bitcoin à plus long horizon — malgré la liquidation massive de 19 milliards de dollars enregistrée en octobre. Cathie Wood, de son côté, a réduit son objectif pour 2030, le ramenant de 1,5 million à 1,2 million en raison de la croissance fulgurante des stablecoins.
Matt Hougan, directeur des investissements chez Bitwise, estime que le marché des cryptomonnaies pourrait être multiplié par 10 à 20 au cours de la prochaine décennie. Selon lui, nous ne sommes qu’au début d’une transformation majeure où le Bitcoin, les stablecoins et surtout la tokenisation d’actifs traditionnels deviendront des piliers de l’économie numérique. Il s’appuie notamment sur les déclarations récentes de l’ancien président de la SEC, Paul Atkins, qui prédit que l’ensemble des marchés boursiers américains pourrait migrer “on-chain” d’ici quelques années. Avec 68 000 milliards de dollars d’actions américaines contre seulement 670 millions de dollars d’actions tokenisées aujourd’hui, le potentiel de croissance est colossal. Hougan anticipe aussi l’émergence de multiples autres cas d’usage — marchés prédictifs, finance décentralisée, solutions de confidentialité, identité numérique, nouvelles formes d’actions — qui, selon lui, renforceront encore la pertinence des cryptos. Mais malgré cet enthousiasme, il admet qu’il est presque impossible de prédire quelles blockchains domineront à long terme. Trop de variables — régulation, innovation technique, contexte macro, décisions individuelles clés, hasard — rendent l’avenir profondément incertain.
C’est précisément cette incertitude qui oriente sa stratégie personnelle : plutôt que de miser lourdement sur une ou deux chaînes, Hougan privilégie une exposition large via un indice crypto pondéré par la capitalisation, afin de profiter de la croissance globale du secteur sans courir le risque de choisir le “mauvais cheval”. Il rappelle que même dans un marché qui serait multiplié par 100 000, il serait possible de sous-performer fortement en sélectionnant les mauvais projets. À mesure que l’écosystème devient plus vaste et plus complexe, Hougan s’attend à ce que les fonds indiciels crypto gagnent une importance considérable d’ici 2026. Selon lui, ils deviendront un outil essentiel pour s’exposer à l’ensemble du secteur tout en gérant l’incertitude structurelle qui caractérise encore l’industrie.
Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.
Les renseignements présentés le sont en date du 9 décembre 2025, à moins qu’une autre date ne soit mentionnée, et à titre d’information seulement. Ils proviennent de sources que nous jugeons fiables, mais non garanties. Il ne s’agit pas de conseils financiers, juridiques ou fiscaux. Les investissements Rivemont ne sont pas responsables des erreurs ou omissions relativement aux renseignements, ni des pertes ou dommages subis.


