Communications

Bulletin Crypto

9 février 2022

Bulletin crypto – semaine 217

Ce fut sans contredit une semaine positive sur les marchés des cryptomonnaies, de nombreuses actualités encourageantes aidant à l’amélioration du sentiment général, menant lui-même à la poursuite du rebond des prix amorcé en 2e moitié de janvier. Si les divers marchés demeurent fébriles à l’aube d’une première hausse de taux d’intérêt depuis de nombreuses années, nous sommes sans contredit sortis de la vague de peur extrême du tournant d’année.

Véritable coup de théâtre hier d’abord, le département de justice américain ayant annoncé la saisie de 3.6 milliards de dollars en bitcoins provenant de la fraude de l’échange Bitfinex en 2016. Un couple de Manhattan a par le fait même été arrêté par les autorités. On ne parle pas ici d’une opération parmi tant d’autres. En effet, il s’agit de la plus large saisie financière de l’histoire des États-Unis. Comme le mentionne la procureure générale adjointe Lisa O. Monaco, cela démontre bien « que les cryptomonnaies ne sont pas un refuge pour les criminels. »

«Dans un effort futile pour maintenir l’anonymat numérique, les accusés ont blanchi les fonds volés à travers un labyrinthe de transactions en cryptomonnaies», a déclaré Monaco. «Grâce au travail méticuleux des forces de l’ordre, le ministère a une fois de plus montré comment il peut et veut suivre l’argent, quelle que soit la forme qu’il prend.»

Les raisons de saluer cette nouvelle sont nombreuses. Outre l’évidente justice intrinsèque à ce dénouement, cette saisie enlève une épée de Damoclès sur les marchés, les fraudeurs n’ayant plus la possibilité de massivement et soudainement vendre les cryptoactifs et supprimant dès lors les prix. Rappelons que Bitfinex avait compensé les utilisateurs lors de la fraude. Ces bitcoins saisis devraient donc ultimement redevenir leur propriété. Or, sans distribution massive aux clients, le risque de vente soudaine entrainant une baisse des prix – ce qui nuirait à l’entreprise au passage – apparaît bien mince. Il ne fait d’ailleurs aucun doute qu’il faudra plusieurs années avant que ces bitcoins puissent réintégrer le marché.

Ce n’est pas tout. Surtout, on constate une collaboration étroite entre Bitfinex et les autorités américaines devant cette fraude passée. Cela redonne un bon lot de confiance envers l’entreprise derrière Tether, la cryptomonnaie stable chevillée au dollar américain. La montée des prix du bitcoin a souvent suivi l’émission de nouveaux jetons USDT. Or, récemment, les craintes de réserves de dollars afin de soutenir ce même jeton se sont multipliées. Ces dernières sont à tout le moins temporairement apaisées.

Finalement, tel que mentionné par la procureure, on a une preuve tangible que les cryptomonnaies ne sont pas synonyme de blanchiment d’argent, comme le suggèrent plusieurs discours populaires. Malgré des milliers de transactions cherchant à faire perdre la trace des bitcoins volés, les autorités ont au contraire réussi à suivre l’argent. En ce qui concerne la manière dont les fonds ont été transférés, les autorités fédérales affirment que les deux parties ont utilisé «de nombreuses techniques de blanchiment sophistiquées». Celles-ci incluraient l’utilisation d’identités fictives pour ouvrir des comptes en ligne, l’utilisation de programmes informatiques pour automatiser les transactions, et le dépôt des fonds volés sur des comptes dans plusieurs bourses et marchés darknet – un processus communément appelé «layering». Rien n’aura suffi. Voilà qui envoie un puissant message aux divers acteurs financiers basant leurs réticences face aux cryptomonnaies sur leur prétendue utilisation par les organisations criminelles.

Autre importante nouvelle de notre côté de la frontière cette fois, le géant KPMG ajoutant du bitcoin et de l’Ether à sa trésorerie corporative. Cette initiative est la dernière en date d’une tendance croissante des grands acteurs institutionnels à ajouter des cryptomonnaies à leur bilan, notamment MicroStrategy, Square et Tesla.  La branche canadienne du géant de la comptabilité a déclaré dans un communiqué lundi que cet investissement reflétait leur «conviction que l’adoption institutionnelle des cryptomonnaies et de la technologie blockchain continuera à croître et à devenir une partie régulière de la composition des actifs.» À noter que l’entreprise a aussi annoncé acheter des crédits carbone en parallèle afin d’annuler l’impact environnemental de cette décision.

Contrairement aux autres entreprises ayant franchi ce pas, KPMG n’est pas une entreprise essentiellement technologique où le mariage est plus naturel. KPMG est une multinationale anglo-néerlandaise et l’une des «quatre grandes» organisations comptables, qui comprennent PricewaterhouseCoopers, Deloitte et Ernst & Young.

Toujours au Canada, c’est sans contredit le convoi de camionneurs assiégeant la ville d’Ottawa qui défraye l’actualité. Si nous n’avons aucune intention politique à travers cette lettre, le financement derrière l’initiative, lui, retient notre attention. En effet, rappelons que 10M$ avaient été amassés via la plateforme GoFundMe. Or, il fut décidé que cet argent n’allait finalement pas être distribué, mais plutôt redistribué aux donateurs.

Quoi qu’on pense de la décision vis-à-vis cette situation bien précise, voilà un exemple flagrant de censure financière lorsque la gestion des fonds est centralisée. Une fois de plus, le bitcoin règle cela. C’est d’ailleurs précisément la manière utilisée pour contourner GoFundMe, 14.64 BTC ayant été amassés cette semaine en bitcoins directement. Ce que nous tenons à souligner ici est l’exemple concret et imprégné dans notre réalité de ce que signifie une monnaie résistante à la censure. Les infrastructures financières centralisées sont nécessairement la cible d’influence politique, d’une possible répression ou de censure. Les cryptomonnaies, elles, permettent de véritables campagnes de financement collaboratif.

Si la Russie semble jongler avec les différentes idées de régulation autour des cryptomonnaies depuis quelques mois, voilà que les médias nationaux annoncent des décisions formelles. En effet, le gouvernement russe et la banque centrale du pays seraient parvenus à un accord sur la manière de réglementer le bitcoin et d’autres cryptomonnaies dans le cadre d’un plan visant à reconnaître les actifs numériques comme une forme de monnaie. Selon un document publié sur le site officiel du gouvernement russe mardi soir, un projet de loi devrait être présenté d’ici le 18 février.

Selon les informations ayant coulé, l’objectif serait de reconnaître les cryptomonnaies comme outil financier et de les considérer au même titre que toute autre monnaie étrangère. «La circulation de ces actifs financiers sera réglementée par l’État avec des obligations strictes pour tous les participants au marché professionnel et un accent mis sur la protection des droits des investisseurs ordinaires», peut-on lire dans le document déposé.

Voilà hier exactement un an que Tesla annonçait avoir acheté 1.5 milliard de dollars en bitcoins. Aujourd’hui, la question mérite d’être posée : mis à part l’influence de Tesla sur les marchés cryptos, les achats de bitcoins ont-ils été bénéfiques pour l’entreprise?

La réponse courte est oui. La réponse longue est énormément. Dans un rapport annuel publié lundi, il est indiqué qu’en date du 31 décembre, Tesla avait réalisé 128 millions de dollars de bénéfices en vendant une partie des bitcoins qu’elle avait achetés au début de l’année dernière, mais qu’elle a également enregistré une perte de 101 millions de dollars sur sa position. Si cela peut sembler signifier un gain net de 27M$, les règles comptables rendent le tout plus complexe, mais à l’avantage de Tesla.  Plus précisément, ces règles comptables signifient que les entreprises doivent enregistrer une perte de valeur si le prix du bitcoin tombe en dessous du prix d’achat, même si le prix remonte subséquemment. Toutefois, même si le prix s’envole, une entreprise ne peut pas déclarer de gain à moins de vendre le bitcoin. Tesla l’indique clairement dans son rapport 10-K lorsqu’elle note que la juste valeur de ses bitcoins s’élevait à près de 2 milliards de dollars au 31 décembre, ce qui signifie que la position en bitcoins de la société a augmenté d’environ 500 millions de dollars (et cela s’ajoute aux 128 millions de dollars qu’elle a gagnés en en vendant en mars dernier).

«Nous continuons d’adapter notre stratégie d’investissement pour répondre à nos objectifs en matière de liquidité et de risque, notamment en investissant dans des titres d’État américains et d’autres titres négociables, des actifs numériques et en fournissant des financements liés aux produits » explique le rapport. «Au premier trimestre 2021, nous avons investi un total de 1,50 milliard de dollars en bitcoins. La juste valeur marchande de nos avoirs en bitcoins au 31 décembre 2021 était de 1,99 milliard de dollars. Nous croyons au potentiel à long terme des actifs numériques, à la fois en tant qu’investissement et aussi en tant qu’alternative liquide aux liquidités.»

Dans un précédent comptable crucial, l’IRS remboursera des impôts payés par un couple sur des gains effectués sur la détention de cryptomonnaies. Si les détails de l’histoire sont anecdotiques, ce qui importe est la conclusion que tout jeton acquis par la preuve d’enjeu (staking) doit être considéré comme un «nouvel actif» créé par le contribuable – et donc pas comme un revenu qui «rentre» dans les mains de celui-ci. Pour être imposés, les jetons acquis par staking (ou tout autre bien nouvellement créé) doivent d’abord être convertis en une «forme de richesse facilement accessible». Ainsi, tant que les jetons ne sont pas vendus, aucun événement imposable ne s’est produit.

Wells Fargo Investment Institute, la division de recherche de Wells Fargo Wealth and Investment Management, a publié un rapport soulignant le potentiel des cryptomonnaies en tant qu’opportunité d’investissement comparable aux premiers jours d’Internet. Ce dernier estime qu’il est encore tôt dans l’histoire des cryptomonnaies. Tellement tôt en fait, que rien ne presse, même. Or, la tendance d’adoption est quant à elle évidente. Selon une étude de Crypto.com datant de juillet, le nombre d’utilisateurs mondiaux de cryptomonnaies a plus que doublé, passant de 100 millions en janvier 2021 à 221 millions en juin.

«Si cette tendance se poursuit, les cryptomonnaies pourraient bientôt sortir de la phase d’adoption précoce et entrer dans un point d’inflexion d’hyper-adoption, similaire à d’autres technologies», indique le rapport. «Il y a un point où les taux d’adoption commencent à augmenter et ne regardent pas en arrière […] Les chiffres précis mis à part, il ne fait aucun doute que l’adoption mondiale des cryptomonnaies est en hausse, et pourrait bientôt atteindre un point d’inflexion d’hyper-adoption.»

 

 

Nous mentionnions la semaine encore faire preuve de prudence quant au déploiement des capitaux du fonds. Techniquement, ce qui motivait ce positionnement est le respect d’une résistance diagonale claire sur le graphique d’une heure depuis la fin 2021.

 

 

C’est lors du bris de cette résistance vendredi que l’importante poussée des prix s’est produite. Comme il s’agissait de notre signal d’entrée, tous les capitaux du fonds étaient donc déployés à partir de ce niveau des prix.

Techniquement, le portrait est limpide. Le bitcoin tentera certainement d’utiliser sa moyenne mobile sur 50 jours comme support, ce qu’il a d’ailleurs déjà fait à la lettre hier. S’il devait perdre cette dernière devant une prise de profit à court terme, la moyenne mobile exponentielle sur 21 jours, actuellement à 40 800 $, sera testée comme résistance devenant support.

Vers le nord, il faudra d’abord retester et franchir le cap des 45 000 $. Ce seuil est un ancien important support et a été refusé hier. Si nous devions fermer une journée au-dessus de ce cap, c’est alors tout feu vers les 50 000 $, là où se dresse présentement la moyenne mobile sur 200 jours.

Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.

Les renseignements présentés le sont en date du 9 février 2022, à moins qu’une autre date ne soit mentionnée, et à titre d’information seulement. Ils proviennent de sources que nous jugeons fiables, mais non garanties. Il ne s’agit pas de conseils financiers, juridiques ou fiscaux. Les investissements Rivemont ne sont pas responsables des erreurs ou omissions relativement aux renseignements, ni des pertes ou dommages subis.

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