Communications

Bulletin Crypto

2 février 2022

Bulletin crypto – semaine 216

« Une forme supérieure d’argent ». Voilà les termes on ne peut plus clairs utilisés pour qualifier le bitcoin dans le plus récent papier de la multinationale Fidelity. Le document affirme que le bitcoin est fondamentalement différent des centaines d’autres actifs numériques qui s’échangent sur le marché et qu’aucun autre actif numérique n’est susceptible de dépasser la première cryptomonnaie «en tant que bien monétaire». Si vous êtes un maximaliste du bitcoin, il ne fait aucun doute que votre biais de confirmation sera titillé à la lecture de l’analyse.

Selon le document de Fidelity, le bitcoin est une forme supérieure d’argent plutôt qu’une simple technologie. Il s’agit de la forme d’actif la plus sûre et la plus décentralisée. «Le bitcoin possède clairement beaucoup de bonnes qualités d’argent, combinant la rareté et la durabilité de l’or avec la facilité d’utilisation, de stockage et de transport de la monnaie fiduciaire». Le fournisseur de services financiers estime que le bitcoin possède toutes les qualités d’une forme de monnaie saine, car il n’est pas géré par une organisation, ne verse pas de dividendes et n’a pas de flux de trésorerie. La rareté et la nature décentralisée du bitcoin ne font qu’ajouter à ses propriétés d’outil monétaire parfait. «Nous n’aurons pas l’audace de prédire qu’il n’y aura jamais qu’une seule monnaie, mais nous pensons qu’un seul bien monétaire finira par dominer l’écosystème des actifs numériques en raison des effets de réseaux très puissants.»

Parlant de Fidelity, soulignons au passage que la firme a déposé deux demandes de fonds négociés en bourse (FNB) supplémentaires, selon des documents de la Securities and Exchange Commission (SEC). Ces deux FNB sont le Fidelity Metaverse ETF et le Fidelity Crypto Industry and Digital Payments ETF. Le premier cherche à fournir des rendements d’investissement correspondant à des entreprises qui développent et vendent des produits liés au metaverse. Le second cherchera à suivre les performances des entreprises actives dans le secteur des cryptomonnaies.

De son côté, la firme Grayscale a annoncé le lancement d’un FNB d’entreprises exposées au bitcoin. Le fonds détiendra un panier d’actions composé de 22 sociétés publiques très engagées dans les cryptomonnaies. Il s’agit notamment de sociétés de paiement et de technologie comme PayPal et Block (anciennement Square), ainsi que de sociétés de cryptomonnaie pure comme Coinbase et de sociétés d’investissement comme Silvergate Capital.

Les rumeurs entourant le cadre légal des cryptomonnaies en Inde abondent depuis quelques mois. Nous avons cette semaine enfin obtenu un portrait plus clair. En effet, le gouvernement indien a révélé mardi qu’il allait lancer une roupie numérique et commencer à taxer les revenus issus des crypto. Dans sa présentation du budget 2022, la ministre indienne des Finances, Nirmala Sitharaman, a déclaré que la Reserve Bank of India (RBI) introduira une monnaie numérique de banque centrale (CBDC) au cours du prochain exercice financier. Selon elle, l’introduction d’une CBDC «donnera un coup de fouet à l’économie numérique», conduisant à «un système de gestion des devises plus efficace et moins coûteux.»

Si on pousse soudainement une future cryptomonnaie centralisée, on y va d’une lourde taxation des revenus provenant des actifs numériques actuellement échangés. Tout revenu provenant du transfert d’un actif numérique virtuel sera taxé à hauteur de 30 %. De plus, «aucune déduction au titre d’une dépense ou d’une allocation n’est admise lors du calcul de ce revenu, à l’exception du coût d’acquisition». En d’autres termes, les investisseurs ne pourront pas démontrer que des pertes ont eu lieu en raison de baisses de prix ou d’incidents de piratage pour compenser l’imposition des bénéfices. En termes encore plus directs : « Bonne chance dans votre prise de risque. Tant pis si vous perdez, mais voici quelle sera notre part de votre profit si vous gagnez. »

Position à 180 degrés du côté de la Thaïlande. Le pays a abandonné un projet visant à imposer une retenue à la source de 15 % sur les transactions en cryptomonnaies. La nouvelle survient au milieu de l’opposition des commerçants du pays. La nouvelle approche permet aux investisseurs crypto thaïlandais de compenser leurs gains réalisés avec leurs pertes annuelles au cours de la même année.

Les choses évoluent vite dans l’industrie. On se rappellera qu’au printemps 2019, Facebook annonçait son grand plan crypto, soit une «monnaie mondiale sans frontières» appelée Libra, adossée à une «collection d’actifs à faible volatilité comme des dépôts bancaires et des titres gouvernementaux, dans des monnaies de banques centrales stables et réputées.» Bref, un stablecoin. Deux ans et sept mois plus tard, Facebook s’appelle Meta, Libra s’appelle Diem, et Diem est en train de vendre tous ses actifs. Un projet, somme toute, ultimement mort dans l’œuf.

Ne pensez toutefois pas que Facebook abandonne ses intentions dans l’industrie virtuelle. Son simple changement de nom en témoigne. La compagnie mise au contraire tout sur le metaverse. À cet effet, Zuckerberg apprend des erreurs de Libra et affirme, qu’on le croit ou non, que les projets reliés seront quant à eux moins centralisés. «Le metaverse devrait être plus interopérable et ouvert que n’importe quelle plateforme informatique auparavant. Meta est fier de rejoindre la Crypto Open Patent Alliance afin de rendre nos brevets cryptographiques accessibles à tous pour que nous puissions tous construire cet avenir ensemble.» a-t-il inscrit via son propre compte Facebook lundi.

Jack Dorsey, acteur principal derrière cette alliance, n’a pas pour autant manqué l’occasion afin de lancer une flèche à Zuckerberg. «Le fait qu’internet ait une monnaie native pour lui-même ouvre tellement de portes : notamment pour les sociétés internet, les sociétés technologiques, mais surtout pour les gens de tous les jours, les activistes, les gens qui ont des questions dans le monde, de la curiosité, et qui reconnaissent que les systèmes monétaires ne fonctionnent tout simplement pas pour eux», a-t-il déclaré. Il a ajouté que Facebook a «gaspillé des efforts et du temps» en travaillant sur le projet anciennement connu sous le nom de Libra et qu’il aurait été mieux utilisé «pour rendre le bitcoin plus accessible à davantage de personnes dans le monde.»

Ces propos ont été tenus dans le cadre d’une entrevue tenue avec le PDG de MicroStrategy, Michael Saylor. Ce dernier abonde clairement dans le même sens, ayant dans la même veine qualifié le bitcoin de «technologie égalitaire et utilitaire» et ajoutant qu’il apporterait «une valeur réelle aux sociétés de services financiers à l’avenir».

Parlant de l’entreprise de Saylor, soulignons que cette dernière a publié ses résultats financiers trimestriels hier. On y a d’abord appris l’achat – un autre – de 660 nouveaux BTCs pour la trésorerie corporative. Surtout, MicroStrategy enregistre une charge de dépréciation de 147 millions de dollars sur ses avoirs en bitcoins au quatrième trimestre. La dépréciation reflète la baisse du prix du bitcoin par rapport au prix auquel le bitcoin a été acquis. Selon les règles comptables habituelles, la valeur des actifs numériques tels que les cryptomonnaies doit être enregistrée à leur coût, puis ajustée uniquement si leur valeur est dépréciée, ou si elle baisse. Si le prix augmente toutefois, cela ne se reflète pas jusqu’à ce l’actif soit vendu. Les 124 391 bitcoins détenus par la société à la fin du 31 décembre 2021 ont été acquis pour 3,752 milliards de dollars, ce qui représente un coût moyen par bitcoin d’environ 30 159 dollars, a indiqué la société.

Sans surprise, la mise à jour Altair du réseau ETH 2.0 s’est passée sans heurt. En date de cette semaine, 98.7% des nœuds ont fait la migration. Altair est la première mise à niveau de la chaîne Beacon depuis sa mise en ligne en décembre 2020 et probablement la dernière avant la fusion avec le réseau principal Ethereum et le passage à la preuve d’enjeu. Pendant ce temps, il est certes intéressant de noter que 33.5 milliards de dollars sont « retenus » dans le plus large contrat de preuve d’enjeu de la chaîne Beacon. Ce dernier, contenant 8 641 954 Ether, reste inactif, car il ne peut n’être ni dépensé ni envoyé. Il faudra le hard fork vers ETH 2.0 pour que cela change. Ce qui rend la chose encore plus étonnante est le fait que les conditions du hard fork n’ont pas encore été décidées, et que les personnes envoyant leurs ETH dans le contrat étaient bien conscientes de ce fait. Difficile d’imaginer une meilleure preuve de confiance envers le futur du réseau.

Une partie des bitcoins inactifs volés lors du piratage de la bourse Bitfinex en 2016 est passée des portefeuilles des pirates à un portefeuille inconnu mardi. Vingt transactions impliquant les bitcoins volés ont été signalées. Une somme de 64 641,29 BTC, d’une valeur de près de 2,5 milliards de dollars, a été déplacée. C’est plus de la moitié du montant total saisi par les hackers, qui est estimé à environ 120 000 BTC.  Bien qu’il soit impossible de déterminer la raison exacte pour laquelle les pirates déplacent les bitcoins, certains spéculateurs pensent que c’est pour effrayer les investisseurs et les inciter à vendre leurs BTC. En 2021, lorsque les pirates ont déplacé 10 000 de leurs BTC volés, est née l’hypothèse que, puisque les pirates sont incapables d’encaisser, ils pourraient déplacer les bitcoins pour provoquer une panique sur le marché tout en ayant des positions courtes.

Selon les dernières statistiques officielles, la dette nationale américaine atteint des niveaux jamais vus auparavant, franchissant pour la première fois cette semaine la barre psychologique des 30 000 milliards de dollars. Voilà un chiffre si large que la capitalisation totale des cryptomonnaies n’est qu’une goutte dans l’océan en comparaison. Si l’on considère spécifiquement le bitcoin, avec une capitalisation boursière de 731 milliards de dollars, il représente 2,44 % du total de la dette nationale. Ainsi, même si les États-Unis devaient acheter tous les BTC en circulation, ils ne rembourseraient qu’une infime partie de leur dette. Devons-nous rappeler que d’être long bitcoin, c’est aussi en quelque sorte être court le dollar américain?

Si le bitcoin a certes rebondi cette semaine, en parallèle du marché boursier soit dit en passant, il n’a jusqu’ici pas relevé son important test, soit de briser sa diagonale descendante vers le haut. S’y trouve au même niveau l’importante moyenne mobile exponentielle sur 21 jours. Si les deux se pointent autour de 39 500 $, on peut donc dire que c’est la reprise des 40 000 $ avec une fermeture claire au-dessus de ce niveau qui permettrait de conclure à un rebond véritable relativement aux bas de janvier.

L’indice crypto « Fear & Greed » est sorti du territoire de «peur extrême» de la semaine dernière, ce qui signifie que le sentiment baissier a commencé à s’estomper. L’indice est maintenant proche de ses bas de juillet 2020, qui ont précédé une reprise des prix des crypto.
 

 

Un bris convaincant du cap des 40 000 $ pourrait toutefois créer des artifices, du moins à court terme. En effet, de nombreuses positions courtes risquent fort d’être liquidées autour de cette zone, stimulant momentanément la force de la poussée haussière. «Avec une forte négativité, un effet de levier élevé et une tendance générale à la vente, on peut raisonnablement penser qu’il y a un potentiel de vente forcée à contre-courant à court terme», explique la firme d’analyse Glassnode aux côtés de cet intéressant graphique :

 

 

Comme le montre l’action d’aujourd’hui jusqu’ici, bien que le bitcoin soit passé de 36 700 $ à 39 280 $ en février, il ne dispose pas de l’élan nécessaire pour défier la résistance de 40 000 $. Cela pourrait cependant bientôt changer selon certains indicateurs, dont notamment le RSI qui est enfin maintenant sorti de son plongeon en territoire de « survente ». Le RSI examine à quel point un actif est «survendu» ou «suracheté» à un point de prix donné. Depuis la fin du mois de novembre, il s’est enfoncé, culminant dans des bas rares vus seulement une poignée de fois au cours des dernières années. Bref, si le prix doit toujours briser sa tendance baissière, le RSI, lui, l’a déjà fait.

 

 

Du côté du fonds, la prudence continue de guider les décisions. Il en sera ainsi jusqu’à ce que cette même tendance des prix soit brisée.

En ces temps tumultueux où plusieurs voient un marché boursier baissier véritable se dessiner, les fonds d’investissement alternatifs peuvent représenter une solution pour l’investisseur. À titre d’exemple, le Fonds Rivemont Alpha, qui ne se gêne pas pour vendre à découvert lorsque la tendance le suggère, a enregistré une hausse de 7% en janvier alors que l’indice Nasdaq était en baisse de 9% pour la même période.

Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.

Les renseignements présentés le sont en date du 2 février 2022, à moins qu’une autre date ne soit mentionnée, et à titre d’information seulement. Ils proviennent de sources que nous jugeons fiables, mais non garanties. Il ne s’agit pas de conseils financiers, juridiques ou fiscaux. Les investissements Rivemont ne sont pas responsables des erreurs ou omissions relativement aux renseignements, ni des pertes ou dommages subis.

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