Le bitcoin a traversé la période du 8 au 14 juillet dans un environnement partagé entre une amélioration réelle de la demande institutionnelle et le retour de tensions géopolitiques importantes. Après avoir commencé la semaine autour de 62 000 $, le BTC a brièvement retrouvé la zone des 64 000 $, profitant d’un regain d’intérêt pour les FNB Bitcoin au comptant et d’une amélioration générale de l’appétit pour le risque. Cette progression n’a toutefois pas pu être entièrement conservée. Le retour des hostilités entre les États-Unis et l’Iran, accompagné d’une forte remontée du prix du pétrole, a ramené le bitcoin vers 62 000 $ à 63 000 $ en fin de période.
Même si le résultat hebdomadaire peut sembler relativement modeste, le comportement du bitcoin demeure encourageant. L’actif a dû absorber plusieurs facteurs qui auraient pu provoquer une correction beaucoup plus importante : remontée du pétrole, hausse des rendements obligataires, faiblesse des marchés technologiques et inquiétudes persistantes concernant l’inflation. Malgré ce contexte, le BTC est demeuré nettement au-dessus de son récent creux situé près de 57 000 $ à 58 000 $. Cette résistance suggère que la pression vendeuse s’est atténuée et que les investisseurs continuent d’accumuler lorsque les prix se rapprochent de la zone des 60 000 $.
La période a commencé avec une légère correction. Le 8 juillet, le bitcoin est redescendu près de 62 200 $, après avoir rebondi au cours des séances précédentes. Ethereum évoluait alors autour de 1 740 $, tandis que XRP, Solana et plusieurs autres grandes cryptomonnaies reculaient également. Ce mouvement a ravivé le débat entourant la possibilité que le marché ait déjà établi son creux pour le cycle actuel. Certains observateurs demeuraient prudents, mais la présence d’acheteurs institutionnels dans les zones de faiblesse offrait un argument de plus en plus crédible en faveur d’une stabilisation.
Les FNB Bitcoin au comptant avaient effectivement enregistré trois journées consécutives d’entrées nettes totalisant environ 511 millions de dollars avant le début de la période. Cette amélioration représentait un changement important après plusieurs semaines dominées par les sorties. Elle indiquait que certains investisseurs professionnels considéraient les prix situés autour de 60 000 $ comme suffisamment attrayants pour recommencer à bâtir leurs positions. Les flux ont ensuite été plus irréguliers les 8 et 9 juillet, mais le bilan de la semaine précédente est tout de même devenu positif, mettant fin à une séquence d’environ huit semaines de retraits nets pour les produits liés au bitcoin et à Ethereum.
Ce retournement demeure l’un des éléments les plus constructifs de la semaine. Les FNB avaient amplifié la baisse lorsque les investisseurs retiraient leurs capitaux, mais ils démontrent maintenant qu’ils peuvent redevenir une source de demande lorsque les prix se stabilisent. Le marché n’a pas encore retrouvé les niveaux d’entrées observés durant les phases les plus fortes du cycle, mais le simple fait que les flux hebdomadaires soient redevenus positifs réduit le risque d’une pression vendeuse institutionnelle continue.
La réaction du bitcoin durant cette période montre également que les investisseurs semblent davantage disposés à acheter les replis plutôt qu’à attendre une amélioration parfaite du contexte économique. Cette évolution est importante. Lorsque le marché est dominé par la peur, chaque mauvaise nouvelle entraîne de nouvelles ventes. Lorsqu’il commence à se reconstruire, les nouvelles négatives provoquent plutôt des corrections limitées qui attirent graduellement de nouveaux acheteurs. Le comportement observé cette semaine se rapproche davantage du deuxième scénario.
Le 10 juillet, le bitcoin a connu sa meilleure séance de la période, progressant vers 64 000 $. Il se négociait autour de 64 300 $ durant la matinée, comparativement à environ 62 700 $ la veille. Cette hausse a été accompagnée d’une amélioration du marché technologique et d’une certaine détente du dollar américain. Ethereum a également progressé vers 1 800 $, affichant une hausse quotidienne supérieure à celle du bitcoin. Sur une période de sept jours, le BTC gagnait alors environ 4 %, tandis qu’Ethereum progressait dans des proportions semblables.
Cette reprise a permis au bitcoin de tester de nouveau une zone technique importante. Depuis plusieurs semaines, la région comprise entre 64 000 $ et 66 000 $ représente une résistance difficile à franchir durablement. Chaque retour vers cette zone attire encore des prises de profits et des ventes provenant d’investisseurs qui avaient acheté à des prix plus élevés. La capacité du marché à s’en approcher de nouveau démontre néanmoins que les acheteurs ne sont plus entièrement sur la défensive.
Pour confirmer une reprise plus solide, le bitcoin devra maintenant réussir à dépasser cette résistance et à s’y maintenir. Une clôture durable au-dessus de 65 000 $ à 66 000 $ améliorerait considérablement la structure de court terme. Elle ouvrirait la porte à un retour vers 68 000 $, puis vers le seuil psychologique des 70 000 $. Cette progression pourrait aussi forcer certains investisseurs vendeurs à racheter leurs positions, amplifiant temporairement le mouvement.
À l’inverse, la zone des 60 000 $ demeure le soutien principal. Tant que le BTC se maintient au-dessus de ce niveau, la structure générale peut être interprétée comme une consolidation après la correction de mai et juin. Une nouvelle baisse sous 60 000 $ ne signifierait pas automatiquement que la tendance de fond est perdue, mais elle augmenterait le risque d’un retour vers 58 000 $, puis vers le récent creux situé autour de 57 000 $.
Le retour des tensions entre les États-Unis et l’Iran a empêché le bitcoin de conserver entièrement ses gains. À partir de la fin de semaine, les inquiétudes entourant les échanges militaires et le transport du pétrole dans le détroit d’Ormuz ont de nouveau dominé les marchés. Le prix du pétrole a fortement progressé le 13 juillet, alors que les investisseurs craignaient que les perturbations géopolitiques alimentent une nouvelle poussée inflationniste.
Les marchés boursiers ont réagi négativement. Le S&P 500 a perdu environ 0,8 % le 13 juillet, tandis que le Nasdaq reculait d’environ 1,6 %. Les sociétés technologiques et les fabricants de semi-conducteurs ont été particulièrement touchés. Le pétrole Brent a pour sa part enregistré une hausse approchant 10 % durant la séance. Le bitcoin a reculé dans ce contexte, mais il est demeuré autour de 62 000 $ à 63 000 $, une réaction beaucoup plus modérée que celles observées durant certains épisodes géopolitiques antérieurs.
Cette résilience ne signifie pas encore que le bitcoin est systématiquement considéré comme une valeur refuge comparable à l’or. À court terme, il demeure sensible aux mouvements de réduction du risque et aux conditions générales de liquidité. Toutefois, sa capacité à conserver la majorité de son rebond pendant que le pétrole, les rendements obligataires et la volatilité augmentaient constitue un signal intéressant. Elle montre que la demande sous-jacente est devenue plus stable qu’elle ne l’était au début de la correction.
La situation macroéconomique demeure néanmoins complexe. Une hausse durable du prix du pétrole pourrait ralentir la diminution de l’inflation et inciter la Réserve fédérale à conserver une politique monétaire restrictive. Des taux d’intérêt élevés augmentent le rendement disponible sur les obligations et les liquidités, ce qui peut rendre les actifs plus volatils relativement moins attrayants. Ils augmentent aussi le coût du financement pour les sociétés de trésorerie crypto et pour les investisseurs utilisant l’effet de levier.
Les données américaines publiées le 14 juillet ont toutefois donné un peu d’espoir aux marchés. Les signes d’un ralentissement de l’inflation ont réduit les attentes d’une hausse imminente des taux et favorisé une remontée des obligations, des contrats à terme boursiers et du bitcoin. Cette réaction illustre encore une fois la sensibilité du marché crypto aux perspectives monétaires. Si l’inflation poursuit son ralentissement malgré la hausse récente du pétrole, la Réserve fédérale pourrait conserver davantage de flexibilité, ce qui serait généralement favorable aux actifs risqués.
Ethereum a connu une période légèrement plus constructive que lors des semaines précédentes. L’ETH a commencé la semaine autour de 1 700 $ à 1 750 $, puis a brièvement dépassé 1 790 $ durant le rebond du 10 juillet. Il se négociait encore près de 1 780 $ au début de la semaine suivante, malgré la reprise des tensions géopolitiques. Ethereum demeure faible comparativement à ses anciens sommets, mais il a réussi à conserver une partie plus importante de ses gains récents.
Les flux vers les FNB Ethereum ont eux aussi montré des signes d’amélioration. Après plusieurs semaines difficiles, ces produits ont enregistré des entrées nettes hebdomadaires d’environ 84 millions de dollars durant la semaine terminée le 10 juillet. Le montant demeure limité comparativement à la taille du marché, mais le changement de direction est pertinent. Il indique que la faiblesse prolongée de l’ETH commence à attirer certains investisseurs qui considèrent sa valorisation plus intéressante.
Ethereum doit maintenant franchir la zone de 1 800 $ à 1 850 $ pour envoyer un signal technique plus convaincant. Une progression durable au-dessus de cette région pourrait ouvrir la voie vers 1 950 $, puis vers le seuil des 2 000 $. À l’inverse, la région comprise entre 1 650 $ et 1 700 $ demeure un support important. Le fait que l’ETH ait récemment réussi à s’éloigner de cette zone sans bénéficier d’un environnement macroéconomique particulièrement favorable constitue un premier signe d’amélioration.
Les développements fondamentaux entourant Ethereum demeurent également positifs. Le réseau continue de jouer un rôle central dans la tokenisation, la finance décentralisée, les stablecoins et le règlement d’actifs financiers représentés sur blockchain. Le marché exige maintenant que cette adoption se traduise plus clairement par une hausse de l’activité, des frais et de la demande pour l’ETH. Cette transition peut prendre du temps, mais les investissements institutionnels dans l’infrastructure continuent de progresser.
L’une des nouvelles les plus importantes de la semaine concernait justement les stablecoins. Circle, l’entreprise derrière le stablecoin USDC, a reçu l’approbation finale de l’Office of the Comptroller of the Currency pour établir une banque nationale de fiducie aux États-Unis. Cette autorisation permettra notamment à Circle d’offrir des services institutionnels de garde d’actifs numériques et de gérer ses activités dans un cadre fédéral plus clairement défini.
L’approbation de Circle représente une étape importante dans l’intégration des actifs numériques au système financier traditionnel. L’entreprise ne devient pas une banque commerciale ordinaire capable d’accepter des dépôts ou d’offrir des prêts au public. Elle obtient toutefois un statut réglementaire qui rapproche ses opérations de celles des grandes institutions financières supervisées au niveau fédéral.
Cette évolution est particulièrement pertinente pour USDC, dont la circulation dépasse 70 milliards de dollars. Les investisseurs institutionnels, les entreprises et les plateformes utilisant des stablecoins accordent une grande importance à la qualité des réserves, à la garde des actifs et à la supervision réglementaire. Une structure bancaire fédérale pourrait donc renforcer la crédibilité de Circle et faciliter l’utilisation d’USDC pour les paiements, les règlements et les produits financiers tokenisés.
Le développement des stablecoins demeure l’un des signes les plus clairs de l’adoption réelle de la technologie blockchain. Contrairement à plusieurs actifs dont l’utilité dépend principalement de la spéculation, les stablecoins sont déjà utilisés pour transférer des capitaux, régler des transactions, fournir de la liquidité et faciliter les paiements internationaux. Leur croissance peut se poursuivre même lorsque le bitcoin ou Ethereum traversent une période de consolidation.
La concurrence dans ce secteur devient toutefois plus importante. Les grandes institutions financières, les réseaux de paiement et les entreprises technologiques cherchent tous à développer leurs propres produits ou infrastructures. Cette concurrence pourrait réduire les marges de certains émetteurs, mais elle confirme aussi que le marché est devenu suffisamment important pour attirer les plus grandes entreprises financières mondiales. À long terme, les stablecoins et les dépôts tokenisés pourraient devenir l’un des principaux ponts entre les réseaux blockchain et la finance traditionnelle.
La réglementation demeure au centre de cette transformation. Les banques traditionnelles continuent de demander que les stablecoins offrant un rendement soient soumis à des exigences comparables à celles des dépôts bancaires. Elles craignent qu’une migration importante des dépôts vers des produits numériques rémunérés réduise leur capacité à financer les prêts et crée une forme de système bancaire parallèle. Les entreprises crypto soutiennent plutôt que ces produits peuvent améliorer la concurrence et permettre aux utilisateurs de recevoir une partie des revenus générés par les réserves.
Ce débat montre que l’industrie est entrée dans une nouvelle phase. Les discussions ne portent plus principalement sur la légitimité des stablecoins, mais sur la manière de les intégrer au système financier sans créer de risques excessifs. Cette évolution est fondamentalement positive. Elle démontre que les actifs numériques sont maintenant suffisamment établis pour influencer directement les politiques bancaires et monétaires.
La semaine a également attiré l’attention sur le risque posé par l’informatique quantique. Plusieurs entreprises et développeurs crypto commencent à préparer des stratégies permettant de remplacer les systèmes cryptographiques actuels par des solutions résistantes aux ordinateurs quantiques. Les signatures utilisées par le bitcoin et plusieurs autres réseaux pourraient théoriquement devenir vulnérables si des ordinateurs quantiques suffisamment puissants étaient développés.
Le danger ne semble pas immédiat, mais la transition pourrait demander plusieurs années. Les réseaux décentralisés doivent obtenir un large consensus avant de modifier leurs systèmes de signatures, et les utilisateurs doivent ensuite déplacer leurs actifs vers de nouvelles adresses protégées. Le fait que l’industrie commence à travailler sur ce problème bien avant qu’il devienne critique est plutôt rassurant. Cela démontre une volonté d’anticiper les risques technologiques à long terme plutôt que d’attendre une urgence.
Pour le bitcoin, cette question rappelle également que sa valeur dépend non seulement de sa rareté, mais aussi de la sécurité de son réseau. Les améliorations nécessaires devront probablement être apportées graduellement, avec beaucoup de prudence et de tests. Une transition réussie vers une cryptographie résistante aux ordinateurs quantiques pourrait éventuellement renforcer la confiance envers le bitcoin en démontrant sa capacité à évoluer sans compromettre ses principes fondamentaux.
Strategy est demeurée sous surveillance durant la semaine. L’entreprise n’aurait effectué aucune transaction en bitcoin durant la période la plus récente. Elle a plutôt récolté environ 467 millions de dollars au moyen de ventes d’actions ordinaires, portant ses réserves de liquidités à approximativement 3 milliards de dollars. Cette décision reflète une approche plus prudente après les inquiétudes entourant le financement des dividendes, de la dette et des autres obligations de l’entreprise.
Cette pause ne signifie pas nécessairement que Strategy abandonne sa stratégie liée au bitcoin. Elle montre toutefois que l’entreprise cherche à renforcer son bilan et à réduire le risque d’être forcée de vendre des actifs dans de mauvaises conditions. Dans une perspective de stabilité financière, l’accumulation de liquidités peut être interprétée positivement. Elle fournit une marge de sécurité supplémentaire et permet à l’entreprise de respecter ses engagements sans dépendre entièrement d’une hausse rapide du bitcoin.
Le marché doit néanmoins continuer de distinguer le bitcoin lui-même des entreprises qui utilisent des structures financières complexes pour y obtenir une exposition. Strategy demeure extrêmement sensible au prix du BTC, mais son action comporte aussi des risques liés à la dette, aux actions privilégiées, à la dilution et au coût du capital. Cette distinction devient plus importante à mesure que les sociétés de trésorerie crypto se multiplient.
Les altcoins ont affiché une performance généralement mitigée. Solana a progressé vers 78 $ durant le rebond du 10 juillet, mais demeurait légèrement négative sur une période de sept jours. XRP s’est maintenu près de 1,08 $ à 1,10 $, tandis que TRON s’est mieux comporté que plusieurs autres grandes cryptomonnaies. Le marché ne montre toujours pas les caractéristiques d’une véritable saison des altcoins. Les capitaux demeurent concentrés sur le bitcoin, Ethereum et quelques projets bénéficiant d’une forte liquidité ou d’un thème institutionnel clair.
Cette prudence est normale dans une phase de reconstruction. Les investisseurs reviennent généralement d’abord vers le bitcoin, puis vers Ethereum, avant d’augmenter leur exposition aux actifs plus spéculatifs. Pour qu’une rotation plus large se développe, le bitcoin devra probablement se stabiliser au-dessus de 65 000 $ sans absorber toute la liquidité disponible. Ethereum devra également démontrer une meilleure force relative et reconquérir le niveau de 2 000 $.
En résumé, le marché crypto ne se trouve pas encore dans une tendance haussière pleinement confirmée, mais il paraît plus solide qu’à la fin juin. Les flux institutionnels se sont améliorés, les supports majeurs ont résisté et l’industrie continue d’avancer sur les plans réglementaire et technologique. Le retour des risques géopolitiques limite l’enthousiasme à court terme, mais il met également en évidence la capacité croissante du bitcoin à absorber des périodes de stress sans subir systématiquement des liquidations désordonnées.
L’optimisme doit donc demeurer mesuré, mais plusieurs signaux justifient une lecture constructive. Le marché semble progressivement passer d’une phase de correction dominée par les sorties et la peur à une phase de consolidation où les investisseurs recommencent à bâtir leurs positions. La confirmation viendra lorsque le bitcoin réussira à reprendre durablement la zone des 65 000 $ à 66 000 $. D’ici là, la défense des 60 000 $, l’évolution des flux vers les FNB et la situation géopolitique demeureront les principaux éléments à surveiller.
Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.
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