Le bitcoin a commencé la période du 10 au 16 juin dans un climat encore fragile, reculant près de 61 000 $ mercredi alors que les investisseurs réduisaient leur exposition aux actifs plus risqués. Ethereum est descendu autour de 1 630 $, tandis que Solana et XRP ont également enregistré des pertes plus marquées. Cette faiblesse s’inscrivait dans un mouvement plus large touchant les marchés technologiques américains, ce qui montre que la correction ne reposait pas uniquement sur des facteurs propres à l’industrie crypto.
Même si ce début de semaine a ravivé les craintes d’une nouvelle cassure sous les 60 000 $, le bitcoin a une fois de plus démontré une importante capacité de résistance. Les vendeurs ne sont pas parvenus à provoquer une accélération durable vers les plus bas, et le marché a progressivement reconstruit une base autour de cette zone. Cette réaction demeure encourageante, puisque le seuil des 60 000 $ avait déjà attiré une demande importante au cours des séances précédentes.
Le bitcoin a aussi réussi à progresser malgré une inflation américaine ayant atteint son niveau le plus élevé en trois ans. En temps normal, une inflation persistante réduit les probabilités de baisses de taux rapides par la Réserve fédérale et tend à pénaliser les actifs spéculatifs. Le fait que le BTC ait pu absorber cette nouvelle sans subir un nouvel effondrement suggère que beaucoup de mauvaises nouvelles étaient déjà intégrées dans les prix.
La volatilité des marchés boursiers et des prix de l’énergie a néanmoins continué de peser sur le sentiment. Les investisseurs sont demeurés attentifs à l’évolution du conflit entre les États-Unis et l’Iran, notamment en raison des risques entourant le transport du pétrole dans le détroit d’Ormuz. Une hausse durable du prix de l’énergie aurait pu alimenter davantage l’inflation et retarder l’assouplissement de la politique monétaire américaine.
Le marché crypto a toutefois changé de direction à mesure que les perspectives diplomatiques se sont améliorées. Samedi, le bitcoin est remonté au-dessus de 64 000 $, soit une progression de plus de 8 % par rapport à son creux de juin près de 59 000 $. Cette reprise a permis au BTC de mettre fin à une séquence de quatre semaines consécutives de baisse et a donné un premier signal que la pression vendeuse commençait à perdre de son intensité.
L’annonce d’un accord de paix intérimaire entre les États-Unis et l’Iran a ensuite provoqué un mouvement plus important. Le bitcoin a bondi lundi jusqu’à près de 67 000 $, son niveau le plus élevé en presque deux semaines. La diminution des tensions géopolitiques a entraîné une baisse du prix du pétrole et un retour plus marqué de l’appétit pour le risque sur les marchés mondiaux.
Cette remontée a été amplifiée par la fermeture forcée de nombreuses positions vendeuses. Environ 555 millions de dollars de positions crypto à effet de levier auraient été liquidées durant le mouvement, principalement chez les investisseurs qui misaient sur une poursuite de la baisse. Ce type de liquidation peut accélérer rapidement une reprise lorsque trop de participants sont positionnés dans la même direction.
La capacité du bitcoin à repasser au-dessus de 65 000 $ est particulièrement importante sur le plan psychologique. Le marché avait échoué à défendre ce niveau durant la correction précédente, ce qui l’avait transformé en résistance. Son retour au-dessus de cette zone montre que les acheteurs n’attendent pas nécessairement une amélioration complète du contexte économique avant de recommencer à accumuler.
La reprise doit encore être confirmée, mais le comportement du marché est plus constructif qu’il ne l’était au début du mois. Pour que le mouvement gagne en crédibilité, le bitcoin devra maintenant parvenir à se maintenir au-dessus de la zone comprise entre 65 000 $ et 66 000 $. Un retour durable au-dessus de 70 000 $ représenterait ensuite une étape importante et pourrait forcer davantage de vendeurs à racheter leurs positions.
Les flux vers les FNB Bitcoin au comptant ont également envoyé un premier signal d’amélioration. Vendredi, ces produits ont enregistré environ 85,9 millions de dollars d’entrées nettes, leur meilleure journée depuis le 14 mai. Même si ce montant demeure modeste par rapport aux importantes sorties observées au cours des semaines précédentes, il montre que certains investisseurs institutionnels sont prêts à revenir lorsque les prix leur semblent plus attrayants.
Ce retournement des flux est important puisque les FNB avaient constitué l’une des principales sources de pression sur le bitcoin depuis la mi-mai. Une journée positive ne suffit évidemment pas à confirmer une nouvelle tendance, mais elle pourrait représenter le début d’une stabilisation. Une succession d’entrées nettes au cours des prochaines séances renforcerait considérablement le scénario d’un creux de marché autour de 59 000 $ à 60 000 $.
Strategy a de nouveau renforcé la confiance des investisseurs en annonçant l’achat de 1 587 bitcoins entre le 8 et le 14 juin. L’entreprise a consacré environ 100 millions de dollars à cette acquisition, à un prix moyen de 63 024 $ par BTC. Elle détenait ainsi 846 842 bitcoins en date du 14 juin, acquis pour un coût total d’environ 64,1 milliards de dollars.
L’achat est particulièrement intéressant puisqu’il a été réalisé alors que le bitcoin évoluait près de ses plus bas récents. Strategy semble donc avoir profité de la faiblesse du marché pour poursuivre son accumulation, plutôt que d’attendre une confirmation complète de la reprise. Cette approche contribue à soutenir la demande et renforce l’idée que certains grands investisseurs considèrent la zone actuelle comme attrayante à long terme.
L’entreprise a financé ses achats au moyen de son programme d’émission d’actions au marché. Elle a vendu environ 1,73 million d’actions ordinaires durant la période, récoltant des produits nets de près de 209 millions de dollars. Une partie de ces capitaux a servi à acheter du bitcoin, tandis que le reste a permis de renforcer les liquidités de la société.
La réserve en dollars américains de Strategy atteignait environ 1,1 milliard de dollars au 14 juin. Celle-ci doit notamment servir à payer les dividendes de ses actions privilégiées et les intérêts sur sa dette. Le maintien d’une réserve de liquidités importante réduit les risques que l’entreprise soit forcée de vendre des bitcoins pour respecter ses engagements financiers, ce qui constitue un élément rassurant pour le marché.
Michael Saylor a également expliqué que la possibilité de vendre occasionnellement des bitcoins faisait partie du fonctionnement normal des produits de crédit numérique développés par Strategy. La vente de 32 BTC annoncée à la fin de mai ne semble donc pas représenter l’abandon de sa stratégie d’accumulation. Les achats effectués depuis confirment plutôt que l’entreprise demeure engagée à augmenter ses réserves sur le long terme.
Ethereum a connu une semaine plus difficile sur le plan du prix et des flux vers ses FNB, mais les développements institutionnels autour de son réseau demeurent favorables. Selon plusieurs acteurs de l’industrie, les grandes institutions financières ne se limitent plus à expérimenter avec Ethereum. Elles commencent maintenant à étudier ou à déployer concrètement des actions, des obligations, des fonds et des actifs immobiliers tokenisés sur son infrastructure.
Cette évolution est importante puisque l’adoption institutionnelle d’Ethereum dépend moins de la spéculation entourant son jeton que de l’utilisation réelle de son réseau. Plus les banques et les gestionnaires d’actifs développent des produits tokenisés, plus Ethereum pourrait générer de transactions, de frais et de demande pour ses services de règlement. Le prix de l’ETH ne reflète pas nécessairement encore cette progression structurelle.
BitMine, l’une des plus importantes sociétés de trésorerie Ethereum, a poursuivi son accumulation durant la semaine. L’entreprise aurait ajouté 76 881 ETH, d’une valeur approximative de 136 millions de dollars, portant ses réserves totales à environ 5,62 millions d’ETH. Elle a récemment récolté 274 millions de dollars au moyen d’une émission d’actions privilégiées perpétuelles offrant un dividende annuel de 9,5 %.
La structure utilisée par BitMine rappelle certains éléments du modèle popularisé par Strategy, mais appliqué à Ethereum. L’entreprise utilise les marchés financiers traditionnels pour acquérir davantage d’ETH et compte sur les revenus générés par le jalonnement pour soutenir une partie de ses obligations. Cette stratégie démontre que les sociétés de trésorerie crypto continuent d’innover malgré la faiblesse récente des prix.
Les actions privilégiées de BitMine doivent commencer à être négociées à la Bourse de New York sous le symbole BMNP. Leur introduction sur une grande place boursière constitue un nouveau pont entre les marchés traditionnels et Ethereum. Les investisseurs peuvent ainsi obtenir une exposition indirecte à une stratégie reposant sur l’accumulation et le jalonnement d’ETH, sans avoir à conserver eux-mêmes des cryptomonnaies.
Les stablecoins ont aussi franchi une nouvelle étape importante au Japon. Les trois plus grandes banques du pays ont annoncé leur intention d’émettre conjointement des stablecoins avant la fin de l’exercice financier se terminant en mars 2027. Le projet montre que les grandes institutions bancaires considèrent désormais les monnaies numériques comme un outil crédible pour moderniser les paiements et les règlements.
Le Japon demeure un marché où l’argent comptant et les cartes de crédit occupent une place importante. La décision de ses principales banques de développer des stablecoins illustre donc l’ampleur du changement en cours. Plutôt que de laisser ce secteur exclusivement aux entreprises crypto, les banques cherchent à intégrer la technologie blockchain à leurs propres services.
Aux États-Unis, JPMorgan Chase, Bank of America, Citigroup et Wells Fargo travaillent de leur côté sur un réseau national de dépôts tokenisés. Ce système, qui pourrait être lancé durant la première moitié de 2027, permettrait d’effectuer des règlements instantanés et continus au moyen de dépôts bancaires représentés sur une infrastructure blockchain.
Les dépôts tokenisés se distinguent des stablecoins puisqu’ils représentent directement des sommes conservées dans une banque réglementée. Ils demeurent donc intégrés au système bancaire traditionnel tout en utilisant certains avantages de la technologie blockchain, notamment la disponibilité en tout temps, l’automatisation et la rapidité des transferts.
Ce projet confirme que les banques ne cherchent plus seulement à se protéger contre la croissance des actifs numériques. Elles souhaitent maintenant utiliser la même infrastructure pour améliorer leurs propres produits. À long terme, la frontière entre la finance traditionnelle et l’industrie crypto pourrait devenir de plus en plus difficile à distinguer.
L’ensemble de ces initiatives appuie le scénario d’une adoption qui se poursuit indépendamment des fluctuations quotidiennes du bitcoin. Le prix des cryptomonnaies a connu une correction importante depuis les sommets de 2025, mais les banques, les gestionnaires d’actifs, les marchés à terme et les sociétés cotées continuent d’investir dans les infrastructures liées aux actifs numériques.
La semaine a donc commencé sous le signe de la prudence, mais elle s’est terminée sur une note nettement plus constructive. Le bitcoin a absorbé une inflation élevée, défendu une zone de soutien majeure, bénéficié d’un apaisement géopolitique et retrouvé le niveau des 65 000 $. Les FNB ont enregistré une première journée d’entrées significatives et Strategy a poursuivi ses achats.
Les risques n’ont pas disparu. Les taux d’intérêt pourraient rester élevés plus longtemps, les flux institutionnels demeurent irréguliers et une reprise des tensions géopolitiques pourrait rapidement raviver la volatilité. Le bitcoin reste aussi nettement sous ses sommets historiques, ce qui signifie qu’un important travail de reconstruction demeure nécessaire.
La situation semble néanmoins plus équilibrée qu’au début du mois. Le marché a traversé une importante phase de liquidations, les positions à effet de levier ont été réduites et les investisseurs les plus pessimistes ont commencé à être forcés de racheter leurs positions. Ce nettoyage pourrait permettre à la prochaine phase de hausse de reposer sur des fondations plus saines.
Le principal niveau à surveiller demeure maintenant la zone de 65 000 $ à 66 000 $. Si le bitcoin parvient à la défendre, un retour vers 70 000 $ deviendrait de plus en plus plausible. Une cassure au-dessus de ce seuil pourrait ensuite ramener l’attention vers 72 000 $ à 75 000 $, où se trouvent plusieurs anciennes zones de soutien et de résistance.
La correction récente ne semble donc pas avoir remis en question la trajectoire fondamentale de l’industrie. Elle a surtout rappelé que l’adoption technologique et la performance des prix n’évoluent pas toujours au même rythme. À court terme, le marché demeure volatil et sensible aux nouvelles macroéconomiques. À plus long terme, les progrès réalisés durant la semaine renforcent l’idée que les actifs numériques occupent une place de plus en plus durable dans le système financier mondial.
Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.
Les renseignements présentés le sont en date du 16 juin 2026, à moins qu’une autre date ne soit mentionnée, et à titre d’information seulement. Ils proviennent de sources que nous jugeons fiables, mais non garanties. Il ne s’agit pas de conseils financiers, juridiques ou fiscaux. Les investissements Rivemont ne sont pas responsables des erreurs ou omissions relativement aux renseignements, ni des pertes ou dommages subis.


