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Bulletin crypto – Semaine 441

Le bitcoin a reculé en direction du seuil psychologique des 70 000 $ lundi soir, dans un mouvement de baisse qui a également touché plusieurs grandes cryptomonnaies. En 24 heures, le BTC a perdu un peu plus de 4 %, tandis qu’Ethereum est repassé sous la barre des 2 000 $. D’autres actifs majeurs comme BNB, XRP et Solana ont aussi terminé en territoire négatif, signe d’un affaiblissement généralisé de l’appétit pour le risque dans le marché crypto.

Cette pression vendeuse s’explique en partie par le retour des inquiétudes géopolitiques, notamment autour des tensions entre les États-Unis et l’Iran. La suspension de certaines discussions par Téhéran, en réaction aux opérations militaires israéliennes au Liban, a ravivé les craintes d’instabilité dans la région du détroit d’Ormuz. Même si Donald Trump a affirmé que les pourparlers avec l’Iran se poursuivaient à un rythme soutenu, les investisseurs ont préféré réduire leur exposition aux actifs plus volatils.

Le climat de marché a également été affecté par l’annonce de Strategy, qui a vendu 32 bitcoins pour environ 2,5 millions de dollars. En soi, cette vente demeure très limitée par rapport à l’ampleur de ses réserves, mais elle a eu un impact symbolique important. Pour plusieurs analystes, le fait qu’une société aussi associée à l’accumulation de bitcoin procède à une vente, même modeste, remet temporairement en question le narratif de confiance absolue qui l’entourait.

L’un des principaux facteurs derrière cette faiblesse demeure la sortie massive de capitaux des FNB Bitcoin au comptant. Ces produits ont enregistré près de 3 milliards de dollars de retraits au cours d’une séquence négative de dix jours consécutifs. Cette dynamique a même fait basculer les flux nets des FNB Bitcoin en territoire négatif depuis le début de l’année, ce qui suggère que plusieurs investisseurs préfèrent réduire leur exposition au BTC, récupérer des liquidités ou redéployer leur capital ailleurs.

Les marchés traditionnels ont pourtant évolué dans une direction plus positive aux États-Unis, où le S&P 500 et le Nasdaq ont inscrit de nouveaux gains. En Asie, la tendance était plus contrastée, avec des replis marqués au Japon et en Corée du Sud, mais des hausses à Hong Kong et en Chine continentale. Pour les traders crypto, l’attention reste désormais concentrée sur deux éléments : l’évolution des tensions géopolitiques et la capacité du bitcoin à défendre le niveau clé des 70 000 $.

L’entreprise de Michael Saylor, longtemps associée à une stratégie d’accumulation agressive et quasi inconditionnelle de BTC, a cédé pour environ 2,5 millions de dollars de bitcoins entre le 26 et le 31 mai, à un prix moyen d’un peu plus de 77 000 $ par unité. Il s’agit de sa première vente en quatre ans, ce qui explique pourquoi l’annonce a immédiatement soulevé des questions sur un possible changement de cap.

Dans les faits, la transaction demeure minuscule par rapport à l’ampleur des réserves de Strategy. À la fin mai, la société détenait toujours plus de 843 700 BTC, ce qui signifie que la vente représentait environ 0,004 % de son trésor en bitcoin. Pour certains analystes de Wall Street, les réactions du marché ont donc été exagérées. Ils considèrent plutôt cette vente comme une mesure ponctuelle destinée à financer les dividendes liés à STRC, l’action privilégiée perpétuelle à haut rendement de Strategy, et non comme l’abandon de sa thèse d’accumulation à long terme.

D’autres observateurs reconnaissent toutefois que le geste pourrait modifier la façon dont les investisseurs perçoivent les réserves de bitcoin de l’entreprise. Même si Strategy ne devrait pas dépendre principalement de ventes de BTC pour financer ses dividendes, ses avoirs peuvent désormais être vus comme une forme de filet de sécurité pour soutenir sa structure de capital. En parallèle, la société semble aussi chercher à reconstruire ses liquidités, notamment par l’émission d’actions et le rachat de dette convertible à escompte.

La véritable question n’est donc pas tant de savoir si la vente de 32 BTC est importante en elle-même, mais plutôt ce qu’elle révèle sur la flexibilité future de Strategy. Certains y voient une simple décision de trésorerie, sans conséquence sur la vision de long terme de Michael Saylor. D’autres y lisent le signal que l’entreprise pourrait être prête à utiliser ses bitcoins lorsque la santé financière ou la perception de sa structure de capital l’exige. Dans ce contexte, le titre de Strategy a reculé d’environ 5 %.

La vente récente de bitcoins par Strategy a déclenché une controverse inattendue sur Polymarket, où plus de 50 millions de dollars ont été misés sur une question bien précise : l’entreprise allait-elle vendre du BTC avant le 31 mai? Strategy a annoncé lundi matin avoir cédé une partie de ses avoirs, une première depuis 2022, mais le moment exact de l’annonce a semé la confusion parmi les participants du marché prédictif.

Selon les informations publiées par la société, la vente portait sur 32 bitcoins, pour une valeur d’environ 2,5 millions de dollars, et aurait eu lieu entre le 26 et le 31 mai. Sur le fond, cela semble correspondre à une résolution en faveur du “Oui”. Toutefois, comme Strategy n’a confirmé publiquement la transaction que le 1er juin, certains utilisateurs soutiennent que l’information n’était pas disponible dans la période prévue par les règles du marché. C’est cette nuance entre la date réelle de la vente et la date de confirmation publique qui alimente maintenant le différend.

Le marché avait d’abord été proposé en faveur du “Non”, mais cette résolution a été contestée à deux reprises par des utilisateurs. Le dossier doit maintenant être tranché par un vote des détenteurs du jeton UMA, l’oracle utilisé par Polymarket pour régler ce type de litige. Certains parieurs favorables au “Oui” affirment que la question portait uniquement sur le fait que Strategy ait vendu ou non dans le délai fixé, et non sur le moment où cette vente a été confirmée publiquement.

Polymarket a indiqué ne pas pouvoir intervenir directement pour imposer une résolution, mais a tout de même fourni des éléments de contexte aux votants d’UMA. Selon ces indications, aucune donnée officielle, information on-chain ou couverture crédible n’avait confirmé la vente dans la fenêtre prévue par le marché, et une confirmation obtenue après coup ne serait pas suffisante. Pendant ce temps, d’autres marchés portant sur d’éventuelles ventes de Strategy d’ici le 30 juin et le 31 décembre ont déjà été résolus en faveur du “Oui”, laissant les participants du marché du 31 mai dans l’attente d’une décision finale.

Mt. Gox a effectué un important déplacement de bitcoins tôt mardi, ravivant l’attention du marché autour des remboursements encore attendus par les créanciers de l’ancienne plateforme. Selon les données d’Arkham Intelligence, l’entité liée à l’exchange disparu a transféré au total plus de 10 400 BTC, pour une valeur d’environ 739 millions de dollars, vers deux adresses distinctes.

La plus grande partie du mouvement concerne 10 306 BTC, évalués à environ 730,8 millions de dollars, envoyés depuis des portefeuilles froids de Mt. Gox vers une adresse non identifiée. Au même moment, 116,3 BTC ont aussi été transférés vers le hot wallet de l’entité. Un peu plus tard, un montant équivalent de 116,3 BTC a été déplacé vers une autre adresse, accompagné d’un très petit transfert vers un portefeuille froid de Bitstamp.

Pour l’instant, les bitcoins déplacés sont toujours indiqués comme non dépensés, et il n’est pas encore clair s’ils serviront à de futurs remboursements aux créanciers. Historiquement, de grands mouvements de fonds provenant de Mt. Gox ont souvent précédé des distributions, ce qui explique pourquoi ces transactions sont suivies de près par les investisseurs. Il s’agit par ailleurs du premier déplacement notable de bitcoins par Mt. Gox depuis la fin mars.

Mt. Gox détient encore environ 34 504 BTC, soit près de 2,43 milliards de dollars aux prix actuels. L’ancienne plateforme japonaise, qui dominait autrefois le marché mondial du bitcoin, a commencé à rembourser ses créanciers en juillet 2024 par l’intermédiaire de partenaires comme Kraken et Bitstamp. Le processus demeure toutefois long et complexe : le fiduciaire chargé de la réhabilitation a repoussé l’échéance finale des remboursements à octobre 2026, après plusieurs reports depuis la date initiale de 2023.

La CFTC a autorisé Kalshi à proposer aux États-Unis des contrats à terme perpétuels liés au prix du bitcoin, une décision qui marque une étape importante pour un type de produit jusqu’ici surtout associé aux plateformes étrangères. Kalshi prévoit lancer cette nouvelle offre prochainement et présente cette approbation comme l’une de ses plus grandes expansions depuis l’arrivée de ses contrats événementiels.

Les contrats perpétuels permettent aux traders de spéculer sur les mouvements de prix sans échéance fixe, contrairement aux contrats à terme traditionnels. Ce marché est actuellement dominé par des plateformes comme Hyperliquid, tandis que plusieurs acteurs américains ont jusqu’ici dû composer avec des produits limités dans le temps. La CFTC avait déjà donné un signal favorable à Bitnomial en décembre, même si ses contrats comportaient une durée maximale de 25 ans, ce qui les distinguait des véritables contrats perpétuels.

Pour Kalshi, cette approbation représente aussi une évolution stratégique. La société, déjà connue pour ses marchés prédictifs et souvent comparée à Polymarket, cherche désormais à se positionner comme une plateforme de dérivés plus complète. Son dirigeant estime que des contrats perpétuels réglementés et accessibles aux États-Unis pourraient améliorer la gestion du risque et l’allocation du capital pour plusieurs entreprises et investisseurs américains.

Mastercard a obtenu une BitLicense du Département des services financiers de l’État de New York, une autorisation très recherchée dans l’industrie des actifs numériques. Cette approbation permet au géant des paiements de renforcer sa présence à Wall Street tout en s’inscrivant dans l’un des cadres réglementaires les plus stricts des États-Unis pour les activités liées aux cryptomonnaies.

Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large visant à développer les stablecoins et les dépôts tokenisés dans un environnement conforme aux attentes des régulateurs. Mastercard insiste sur l’importance de règles claires pour instaurer la confiance, notamment en matière de protection des consommateurs, de cybersécurité, d’intégrité financière et de résilience opérationnelle. Pour l’entreprise, l’innovation dans les actifs numériques doit donc se faire en parallèle d’un solide encadrement réglementaire.

L’obtention de cette licence arrive alors que les grandes institutions financières accélèrent leur adoption des stablecoins, notamment depuis l’adoption du GENIUS Act, qui a donné un cadre fédéral à ce secteur. Mastercard a déjà investi massivement dans cette direction, notamment avec son projet d’acquisition de BVNK, une entreprise spécialisée dans l’infrastructure permettant aux sociétés d’envoyer, recevoir, convertir et conserver des stablecoins à l’échelle mondiale.

Standard Chartered demeure très optimiste à l’égard d’Ethereum, malgré la faiblesse récente de son prix. La banque estime que le marché sous-évalue actuellement l’activité réelle du réseau, notamment le nombre croissant de transactions et la valeur importante verrouillée dans les applications de finance décentralisée. Pour illustrer son point, elle compare la situation d’Ethereum à celle d’Amazon après l’éclatement de la bulle Internet, lorsque le titre chutait fortement alors que les indicateurs fondamentaux de l’entreprise continuaient de s’améliorer.

Ethereum s’échangeait récemment autour de 2 000 $, soit environ 60 % sous son sommet d’août, près de 5 000 $. Cette contre-performance est plus marquée que celle du bitcoin, qui a reculé d’environ 42 % par rapport à son sommet historique d’octobre. Selon les analystes de Standard Chartered, cet écart pourrait se refermer si le prix d’Ethereum finit par mieux refléter la progression de ses indicateurs internes et son rôle central dans l’infrastructure des actifs numériques.

La banque maintient ainsi un objectif de 4 000 $ pour la fin de l’année et va beaucoup plus loin à long terme, avec une cible de 40 000 $ d’ici la fin de la décennie. Cette prévision repose principalement sur la domination d’Ethereum dans deux secteurs appelés à croître fortement : les stablecoins et la tokenisation d’actifs réels. Les stablecoins représenteraient déjà une part importante des transactions sur le réseau, tandis que les actifs tokenisés, comme les actions, les obligations ou les matières premières, pourraient devenir un moteur majeur d’activité dans les prochaines années.

Standard Chartered souligne également que les développements techniques et réglementaires pourraient renforcer cette tendance. La création d’une nouvelle “zone économique” soutenue par la Fondation Ethereum devrait faciliter la circulation des actifs numériques entre différents réseaux bâtis sur Ethereum. En parallèle, une meilleure reconnaissance réglementaire de la DeFi pourrait attirer davantage d’institutions. Même si le marché demeure prudent à court terme, la banque considère qu’Ethereum conserve un potentiel important si son écosystème continue d’enregistrer de nouveaux sommets en matière d’activité et de valeur verrouillée.

La volatilité du bitcoin a fortement diminué au cours des dernières semaines, mais plusieurs analystes estiment que cette accalmie pourrait précéder un mouvement important du prix. Selon certaines données, la volatilité réalisée sur une semaine, lissée sur 30 jours, est passée d’environ 39 % à 17,2 % durant le trimestre, soit une baisse de 56 %. Ce niveau se situe nettement sous la médiane de long terme, ce qui indique que le marché traverse une phase de compression marquée.

Historiquement, ce type de compression a souvent précédé des mouvements à deux chiffres, même si la direction reste impossible à prévoir à partir de la volatilité seule. Les mesures à plus long terme confirment aussi ce ralentissement : la volatilité réalisée sur trois mois et sur six mois a reculé depuis le début d’avril. En parallèle, certains indicateurs de valorisation montrent que la capitalisation de marché du bitcoin progresse moins vite que sa capitalisation réalisée, ce qui reflète un marché plus prudent et moins porté par l’élan spéculatif.

Le bitcoin évolue maintenant depuis 114 jours dans une large fourchette comprise entre 60 000 $ et 80 000 $. Pour certains analystes, une sortie claire de cette zone pourrait ouvrir la porte à un mouvement de 10 % à 20 %. Certains demeurent optimistes et considèrent la zone actuelle comme un support important, mais préviennent qu’une cassure à la baisse pourrait ramener le BTC vers 61 000 $. À l’inverse, si le support tient, le marché pourrait connaître une reprise plus soutenue après cette période de correction.

Les signaux demeurent toutefois partagés. Les entrées de bitcoins sur Binance ont augmenté depuis avril, tant chez les petits investisseurs que chez les baleines, ce qui peut créer une pression vendeuse à court terme. En revanche, les portefeuilles détenant entre 1 000 et 10 000 BTC ont fortement accumulé à la fin mai, atteignant leur rythme d’achat le plus élevé depuis février. Le marché semble donc pris dans un bras de fer : les dépôts sur les plateformes suggèrent un risque de vente, tandis que l’accumulation par les grands portefeuilles pourrait offrir un soutien si la demande reste solide.

Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.

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