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Bulletin crypto – semaine 422

Le marché des cryptomonnaies a nettement corrigé, avec un bitcoin retombé autour de 91 000 $ après avoir effacé la totalité du rebond observé la semaine précédente. Le mouvement vendeur s’est surtout déclenché durant la séance asiatique et s’est inscrit dans un climat plus large d’aversion au risque, alors que les contrats à terme sur les grands indices boursiers américains reculaient fortement. En toile de fond, les tensions commerciales ravivées entre les États-Unis et l’Union européenne, liées au dossier du Groenland, ont contribué à refroidir l’appétit pour les actifs risqués, tandis que l’or et l’argent poursuivaient leur ascension vers de nouveaux sommets.

Cette dégradation rapide des prix s’est accompagnée d’un important dénouement de positions sur les marchés dérivés. Plus de 360 millions de dollars de contrats à terme ont été liquidés en l’espace de 24 heures, touchant principalement les positions acheteuses. La volatilité implicite du bitcoin à 30 jours est repartie à la hausse, signe d’une demande accrue pour les instruments de couverture. Sur le marché des options, les primes des options de vente demeurent supérieures à celles des options d’achat, ce qui traduit une crainte persistante d’une poursuite de la baisse.

Les données on-chain mettent en évidence un net décalage entre le comportement des grands détenteurs de cryptomonnaies et celui des investisseurs particuliers. Alors que ces derniers continuent de réduire leur exposition, les acteurs disposant de capitaux importants renforcent progressivement leurs positions sur plusieurs actifs majeurs, dont le bitcoin, l’ether et le token de Chainlink. Cette divergence suggère une phase d’accumulation stratégique, souvent associée à une vision de long terme, dans un contexte de marché encore marqué par l’hésitation et la volatilité.

Du côté d’Ethereum, un seuil symbolique a été franchi avec près de 30 % de l’offre désormais immobilisée en staking, représentant plus de 120 milliards de dollars. Cette dynamique a été renforcée par des initiatives institutionnelles, notamment celle de Bitmine Immersion, qui a récemment ajouté pour plusieurs centaines de millions de dollars d’ETH à ses positions stakées. D’autres retraits importants d’ether depuis les plateformes d’échange confirment cette tendance à la raréfaction de l’offre disponible, souvent interprétée comme un signal de confiance accrue dans le réseau et son rôle futur.

Enfin, le bitcoin n’échappe pas à cette logique. L’accroissement des avoirs dans les portefeuilles de conservation institutionnels traduit un intérêt soutenu malgré la pression récente sur les prix. Cette accumulation progressive pourrait contribuer à établir un plancher à moyen terme, même si elle ne garantit pas un retournement immédiat de tendance. À court terme, le marché demeure partagé entre ces signaux de fond plutôt constructifs et un sentiment plus prudent, voire baissier, perceptible chez les acteurs spéculatifs.

Un mouvement inhabituel a attiré l’attention des observateurs du marché : un portefeuille bitcoin resté totalement inactif pendant plus de douze ans a soudainement transféré 909 BTC, aujourd’hui évalués à plus de 84 millions de dollars. Ces bitcoins avaient été acquis en 2013, à une époque où le prix unitaire était inférieur à 7 $, ce qui représente désormais une plus-value latente spectaculaire dépassant les 13 000 %.

Ce type de « réveil » de portefeuilles anciens n’est pas anodin. Historiquement, ce genre d’activité tend à se multiplier après de fortes hausses du bitcoin, lorsque des détenteurs de longue date, assis sur des gains considérables, réorganisent leurs avoirs. Le passage du bitcoin au-delà de seuils symboliques au cours de la dernière année a justement ravivé plusieurs adresses dormantes, alimentant les discussions et spéculations sur les réseaux sociaux.

Pour beaucoup d’investisseurs, ces transferts soulèvent immédiatement la crainte de prises de profits imminentes, susceptibles d’exercer une pression baissière sur les prix. L’idée qu’un acteur majeur puisse vendre une quantité aussi importante de bitcoins suffit souvent à créer de la nervosité à court terme, même en l’absence de confirmation concrète.

Toutefois, dans le cas présent, aucun des bitcoins déplacés n’a été envoyé vers des plateformes d’échange. Cette absence de flux vers des marchés de vente suggère que l’opération pourrait simplement viser une consolidation des fonds ou un renforcement de la sécurité, plutôt qu’une liquidation imminente. En l’état, le mouvement reste donc plus symbolique qu’alarmant pour le marché.

La New York Stock Exchange a annoncé le développement d’une nouvelle plateforme de négociation fondée sur la technologie blockchain, destinée aux actions et fonds négociés en bourse tokenisés. Exploitée par sa société mère Intercontinental Exchange, cette infrastructure ambitionne de permettre des transactions et un règlement quasi instantanés, accessibles en continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le projet marque une évolution majeure pour une institution historique qui cherche à adapter ses marchés aux standards technologiques émergents.

La future plateforme combinerait les systèmes de négociation existants du NYSE avec des mécanismes post-marché reposant sur la blockchain. Elle serait conçue pour fonctionner sur plusieurs réseaux blockchain, sans qu’aucun ne soit encore officiellement désigné. Les investisseurs pourraient y négocier à la fois des versions tokenisées de titres traditionnels et des titres nativement émis sous forme de jetons, tout en conservant les droits économiques et de gouvernance associés, comme les dividendes et le vote des actionnaires.

Pour soutenir cette transition, le groupe collabore avec de grandes institutions bancaires, notamment BNY et Citi, afin de gérer les dépôts tokenisés et les transferts de fonds en dehors des heures bancaires classiques et à travers différents fuseaux horaires. Le lancement du projet reste toutefois conditionnel à l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires, et aucun calendrier précis n’a encore été communiqué.

Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large de tokenisation des actifs financiers, devenue l’un des thèmes dominants de l’écosystème blockchain. Plusieurs acteurs majeurs du secteur y voient la prochaine étape de l’infrastructure des marchés, à l’image de BlackRock. Ces derniers mois, Robinhood a déjà proposé des actions tokenisées à ses clients européens, tandis que Coinbase prévoit d’intégrer ce type de produits à court terme, illustrant l’accélération de la convergence entre finance traditionnelle et technologies on-chain.

Vitalik Buterin estime que les organisations autonomes décentralisées doivent évoluer bien au-delà de leur forme actuelle, principalement fondée sur le vote des détenteurs de jetons. Selon lui, ce modèle dominant fonctionne en théorie, mais reste lourd, facilement manipulable et trop proche des travers de la politique humaine traditionnelle. Cette situation explique en partie le scepticisme croissant entourant les DAOs, alors même qu’elles constituaient l’une des sources d’inspiration initiales du projet Ethereum.

Buterin souligne que plusieurs usages clés nécessitent des structures de gouvernance bien plus robustes. Il cite notamment les oracles utilisés en finance décentralisée, qu’il juge insuffisamment sécurisés, ainsi que la résolution de litiges on-chain pour des applications complexes comme l’assurance. D’autres besoins incluent la gestion de listes de référence fiables (contrats sûrs, interfaces standards, adresses vérifiées), la capacité de mobiliser rapidement des fonds pour des projets ponctuels, ou encore l’entretien de projets à long terme après le départ de leurs fondateurs.

Deux obstacles majeurs freinent selon lui l’amélioration des DAOs : l’absence de confidentialité et l’épuisement décisionnel. Sans mécanismes de protection de la vie privée, la gouvernance devient un jeu social exposé aux pressions et aux stratégies d’influence. À l’inverse, lorsque les participants sont sollicités trop fréquemment, l’engagement décline rapidement, tant en termes de participation que de suivi des enjeux.

Pour dépasser ces limites, Buterin évoque l’apport des preuves à divulgation nulle de connaissance pour renforcer la confidentialité, ainsi que l’utilisation mesurée de l’intelligence artificielle afin d’alléger la charge décisionnelle sans remplacer le jugement humain. Il insiste aussi sur l’importance d’intégrer des outils de communication — forums et espaces dédiés — au cœur même des DAOs. À ses yeux, c’est à ce prix que la décentralisation et la solidité du protocole Ethereum pourront réellement se refléter dans les applications construites au-dessus.

Plusieurs indicateurs techniques et on-chain suggèrent que le bitcoin traverse une phase potentiellement favorable aux acheteurs, à condition que le seuil des 90 000 $ soit préservé. Après une période de pression, les acheteurs semblent déterminés à défendre ce niveau clé, considéré comme un pivot psychologique majeur du marché. Cette stabilisation intervient alors que certains signaux historiquement associés à des reprises de prix commencent à réapparaître.

Parmi eux, l’indicateur des Hash Ribbons, qui analyse l’évolution du taux de hachage des mineurs, vient de repasser en zone positive. Ce signal apparaît généralement après une phase de capitulation des mineurs suivie d’un redressement, un contexte qui, par le passé, a souvent coïncidé avec des points d’entrée attractifs à long terme. Des analystes de Capriole Investments et d’On-Chain Mind soulignent que ce type de configuration marque fréquemment la fin des ventes forcées liées aux coûts d’exploitation des mineurs.

Le sentiment de marché semble lui aussi s’améliorer. L’indice Fear and Greed affiche un croisement haussier de ses moyennes mobiles, un schéma qui, selon les données de CryptoQuant, survient généralement après des phases prolongées de prudence ou de peur. Historiquement, ces signaux ont davantage précédé des périodes de consolidation suivies de hausses que des sommets de marché, ce qui renforce l’idée d’un potentiel de rebond à moyen terme.

Un débat anime actuellement les analystes quant à la trajectoire future du bitcoin : pourrait-il connaître une envolée parabolique comparable à celle récemment observée sur l’or ? Selon Matthew Hougan, directeur des investissements chez Bitwise, la dynamique à l’œuvre sur les FNB Bitcoin rappelle fortement celle qui a précédé la flambée de l’or. Il souligne que, depuis leur lancement, ces produits absorbent une part de l’offre nouvelle supérieure à 100 %, un phénomène similaire à l’accumulation massive d’or par les banques centrales après 2022, qui avait fini par assécher l’offre disponible et propulser les prix.

Historiquement, l’or a connu plusieurs années de pression acheteuse soutenue avant que les vendeurs ne s’épuisent, déclenchant une hausse spectaculaire. Certains observateurs estiment que le bitcoin pourrait suivre un schéma comparable : une phase prolongée d’absorption de l’offre suivie d’un mouvement explosif. Cette séquence « l’or d’abord, le bitcoin ensuite » a déjà été observée par le passé, l’actif numérique ayant souvent fini par surperformer après les grandes phases haussières du métal précieux.

D’autres analystes appellent toutefois à la prudence et rappellent que les deux marchés reposent sur des structures très différentes. Tim Sun, du HashKey Group, souligne que les acheteurs d’or sont majoritairement des banques centrales et des fonds souverains, avec des horizons de placement très longs et peu de levier. À l’inverse, même si les FNB Bitcoin attirent des investisseurs institutionnels, le bitcoin reste traité comme un actif risqué, avec davantage de rotation, de levier et donc de volatilité.

Enfin, la sensibilité du bitcoin aux conditions macroéconomiques demeure un facteur déterminant. Là où l’or a profité de préoccupations géopolitiques et de la crédibilité des monnaies fiduciaires, le bitcoin reste étroitement lié à la liquidité globale et à la politique monétaire américaine. Un durcissement de la Réserve fédérale pourrait ainsi perturber toute trajectoire haussière trop linéaire. La question centrale pour les prochains mois reste donc ouverte : le bitcoin suivra-t-il fidèlement le modèle de rareté de l’or jusqu’à un sommet parabolique, ou tracera-t-il une route plus heurtée, marquée par des phases de forte volatilité ?

Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.

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