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Bulletin crypto – semaine 417

Les dernières données sur l’emploi américain confirment un essoufflement graduel du marché du travail à l’approche de la fin de l’année. En novembre, l’économie des États-Unis a créé 64 000 emplois, un chiffre légèrement supérieur aux attentes, mais le taux de chômage a progressé à 4,6 %, son niveau le plus élevé depuis quatre ans. Ce mouvement suggère un affaiblissement plus large que ne le laissent paraître les seules créations de postes.

Les chiffres révisés d’octobre renforcent cette lecture prudente. Après un mois de septembre solide, l’emploi a reculé de 105 000 postes en octobre, une baisse attribuable en partie à la paralysie du gouvernement fédéral, qui a retardé la publication des statistiques. La combinaison de ces deux rapports, publiés tardivement, brosse néanmoins le portrait d’un marché du travail moins dynamique que prévu.

Du côté des marchés financiers, la réaction a été mesurée. Le bitcoin a effacé une partie de ses gains nocturnes immédiatement après la diffusion des données, reculant brièvement autour de 87 000 $, tandis que les contrats à terme sur les indices boursiers américains sont passés d’un léger optimisme à de modestes replis. Les rendements obligataires, pour leur part, sont demeurés relativement stables.

Malgré ces signaux de ralentissement, les anticipations de politique monétaire n’ont pratiquement pas bougé. Les investisseurs continuent d’évaluer à environ 75 % la probabilité que la Réserve fédérale maintienne ses taux inchangés lors de sa réunion de janvier, indiquant que ces données, bien que plus faibles, ne suffisent pas à elles seules à modifier les attentes à court terme.

La liquidité du marché des cryptomonnaies se contracte nettement à l’approche des fêtes, comme en témoigne le fort ralentissement des entrées de capitaux via les stablecoins. La croissance de la capitalisation du USDT, principal baromètre des flux de liquidités dans l’écosystème, a fortement décéléré depuis novembre, signalant un environnement de transactions plus calmes et moins propices aux mouvements haussiers marqués.

Cette stagnation ne signifie toutefois pas que les capitaux ont quitté le marché. Les analystes observent au contraire d’importantes réserves de stablecoins toujours présentes sur les plateformes, qualifiées de « poudre sèche ». Ces fonds demeurent largement inutilisés, les investisseurs privilégiant l’attentisme, des rotations de court terme ou l’attente de niveaux de prix jugés plus attractifs avant de s’engager de manière plus significative.

Dans ce contexte de prudence, le potentiel de hausse du Bitcoin apparaît temporairement limité. La cryptomonnaie reine conserverait une certaine solidité, mais évoluerait sans direction claire, faute d’un regain de demande — notamment via les FNB ou une nouvelle expansion de l’offre de stablecoins. Les altcoins, plus dépendants de l’appétit pour le risque et des rotations de capitaux, sont encore plus pénalisés par ce manque de liquidité, ce qui réduit la probabilité d’une véritable « altseason » à court terme.

Sur le plan technique, le Bitcoin pourrait continuer à osciller dans une large zone de consolidation, approximativement entre 81 000 $ et 102 000 $. Une sortie de ce range pourrait se faire dans un sens comme dans l’autre : une cassure haussière ouvrirait la voie à de nouveaux sommets, tandis qu’une rupture des supports renforcerait un scénario plus baissier. En l’absence de nouveaux catalyseurs majeurs, les marchés devraient rester volatils mais sans tendance affirmée, même si le sentiment des investisseurs demeure globalement optimiste sur le potentiel du Bitcoin.

Gemini franchit une étape réglementaire majeure aux États-Unis après avoir obtenu de la CFTC une licence de marché à terme reconnu, lui permettant de lancer officiellement des marchés de prédiction auprès du public américain. Cette autorisation met fin à un long processus d’approbation entamé il y a plusieurs années et ouvre la voie à l’offre de contrats événementiels encadrés, un segment en forte croissance au sein de l’écosystème crypto-financier.

Avec ce feu vert, Gemini rejoint des acteurs déjà bien établis comme Kalshi et Polymarket, illustrant un changement de ton progressif des autorités américaines à l’égard de ces produits. La direction de Gemini y voit le signe d’un environnement politique et réglementaire désormais plus favorable aux innovations liées aux actifs numériques, contrastant avec les restrictions observées ces dernières années.

Concrètement, les utilisateurs pourront négocier des contrats basés sur des événements — économiques, politiques ou liés aux cryptomonnaies — directement sur la plateforme web de Gemini, en utilisant leurs soldes en dollars américains. Des fonctionnalités mobiles sont également prévues. À plus long terme, l’entreprise ambitionne d’élargir son offre aux produits dérivés crypto, notamment les contrats à terme, les options et les produits perpétuels, encore peu accessibles aux investisseurs américains.

Ce positionnement s’inscrit dans une reconnaissance croissante du potentiel des marchés de prédiction, que certains dirigeants de l’industrie estiment capables de rivaliser avec les marchés financiers traditionnels en termes d’influence et de volumes. Cette dynamique est soutenue par une CFTC plus ouverte à l’innovation, qui multiplie les initiatives de dialogue avec les grands acteurs du secteur. Malgré un rebond ponctuel du titre en bourse à l’annonce de la nouvelle, Gemini demeure toutefois loin de ses niveaux atteints lors de son introduction en bourse, rappelant que la confiance des marchés reste à reconstruire sur le long terme.

La plus grande banque privée du Brésil, Itaú Unibanco, encourage désormais ses clients à intégrer le bitcoin à leurs portefeuilles comme outil de diversification et de protection monétaire. Selon un responsable de la gestion d’actifs du groupe, une exposition modérée aux cryptomonnaies peut jouer un double rôle : réduire la dépendance aux cycles économiques locaux et offrir une couverture partielle contre la dépréciation des devises. Dans une note de recherche récente, Itaú Asset Management recommande une allocation prudente, comprise entre 1 % et 3 % du portefeuille, tout en insistant sur une approche à long terme. L’objectif n’est pas de transformer le bitcoin en pilier central de la stratégie d’investissement, mais de l’utiliser comme composante complémentaire, capable d’apporter des rendements peu corrélés aux actifs traditionnels et un potentiel de croissance à long terme. Cette stratégie s’appuie notamment sur l’expérience brésilienne en matière de volatilité monétaire. Le réal a connu une forte faiblesse ces derniers mois, ce qui renforce l’attrait d’actifs libellés à l’échelle mondiale comme le bitcoin. Itaú met d’ailleurs en avant son propre produit coté en bourse, un ETF offrant une exposition au bitcoin, conçu pour faciliter l’accès à cette classe d’actifs dans un cadre réglementé.

La Cour suprême du Royaume-Uni a mis un terme définitif à une vaste action judiciaire intentée par des investisseurs de Bitcoin Satoshi Vision (BSV), en refusant d’examiner un appel réclamant plus de 13 milliards de dollars en dommages. Les plaignants soutenaient que le retrait du jeton de grandes plateformes d’échange avait provoqué une chute durable de sa valeur et compromis son potentiel de croissance à long terme. Selon les juges, la demande ne soulevait aucune question juridique suffisamment solide ou d’intérêt public général pour justifier une poursuite de la procédure. Les investisseurs affirmaient pourtant avoir subi un double préjudice : une baisse immédiate du prix après le retrait du BSV des plateformes, ainsi qu’un manque à gagner lié à une croissance qui n’aurait jamais pu se matérialiser par la suite.

Les juridictions inférieures avaient déjà rejeté ces arguments, estimant irréaliste l’hypothèse selon laquelle le BSV aurait pu atteindre une valorisation comparable à celle du bitcoin. Les tribunaux ont également rappelé que, dans un marché fonctionnel, les investisseurs ont l’obligation de limiter leurs pertes lorsqu’un risque devient évident, ce qui n’aurait pas été fait dans ce cas précis. Cette décision s’inscrit dans un contexte de déclin prolongé pour le BSV, dont le prix a chuté de plus de 96 % depuis son sommet de 2021. Entre problèmes techniques, retraits successifs des plateformes et controverses autour de son fondateur, le projet n’a cessé de perdre en crédibilité, tandis que le bitcoin, de son côté, a continué d’enregistrer de nouveaux sommets au fil des années.

BitMine Immersion Technologies renforce encore sa stratégie centrée sur Ethereum en augmentant massivement ses réserves d’ether. L’entreprise cotée à New York a récemment acquis plus de 100 000 ETH supplémentaires, portant ses avoirs à près de 4 millions de jetons. Cette accumulation place BitMine au premier rang mondial des trésoreries d’entreprise en Ethereum et témoigne d’une conviction affirmée quant au rôle central de cet actif dans l’évolution des marchés financiers. Avec ces achats, la valeur de la trésorerie numérique de la société approche désormais les dizaines de milliards de dollars, représentant plus de 3 % de l’offre totale d’ether en circulation. Cette position dominante s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à contrôler environ 5 % de l’offre globale. En parallèle, BitMine conserve également du bitcoin, d’importantes liquidités et des participations stratégiques, renforçant la diversification de son bilan.

Selon son président, Tom Lee, plusieurs facteurs structurels soutiennent cette approche, notamment un environnement réglementaire américain en mutation et une implication croissante des institutions financières. Malgré une volatilité récente qui avait ralenti le rythme des achats à l’automne, l’entreprise estime que le marché montre désormais des signes de stabilisation, renforçant sa confiance dans une reprise durable du secteur crypto. Au-delà de l’accumulation d’ETH, BitMine mise aussi sur l’infrastructure, avec le lancement prévu en 2026 de son réseau de validation et de staking MAVAN. Cette annonce intervient alors que l’écosystème Ethereum gagne en visibilité dans le domaine de la tokenisation, illustré par des initiatives institutionnelles majeures. Pour Tom Lee, ces développements confirment qu’Ethereum est appelé à devenir un pilier central de la finance de demain.

Strategy, anciennement connue sous le nom de MicroStrategy, a repris à un rythme soutenu ses achats de bitcoin, avec une deuxième acquisition consécutive avoisinant le milliard de dollars. La société a ajouté plus de 10 600 BTC en une semaine, confirmant son retour à une stratégie d’accumulation agressive après plusieurs mois d’activité plus modérée sur le marché. Grâce à ces opérations, Strategy détient désormais plus de 670 000 bitcoins, acquis à un coût moyen nettement inférieur aux niveaux de prix actuels. La valeur de cette réserve numérique atteint aujourd’hui environ 60 milliards de dollars, faisant de l’entreprise le plus important détenteur corporatif de bitcoin au monde. Les derniers achats ont été financés principalement par des émissions d’actions et de titres préférentiels, illustrant la volonté du groupe de continuer à renforcer son exposition au BTC malgré un contexte de marché moins favorable. Cette stratégie intervient toutefois dans un environnement boursier difficile pour l’entreprise. Le titre Strategy a fortement reculé au cours des derniers mois, enregistrant une baisse marquée bien supérieure à celle du bitcoin sur la même période. Consciente de cette volatilité, la direction a récemment constitué une réserve de liquidités afin de couvrir ses obligations financières et limiter le risque de devoir céder des bitcoins en période de repli.

Le bitcoin traverse actuellement une phase de correction marquée, avec un recul d’environ 30 % par rapport à son sommet récent, alimentant les craintes d’une poursuite de la baisse vers des niveaux plus bas. Malgré ce contexte fragile, les données on-chain révèlent un comportement contrasté parmi les investisseurs : alors que le prix reste sous pression, certains acteurs bien capitalisés profitent clairement du repli pour renforcer leurs positions.

Les détenteurs de taille intermédiaire, souvent appelés « sharks » et possédant entre 100 et 1 000 BTC, ont accumulé des volumes à un rythme inédit depuis plus d’une décennie. En l’espace d’une semaine, ils ont absorbé des dizaines de milliers de bitcoins, un phénomène historiquement associé à des périodes précédant de fortes phases haussières. Dans le passé, des vagues d’accumulation comparables avaient précédé des envolées spectaculaires du prix du bitcoin.

 

 

Toutefois, ce signal positif est contrebalancé par une pression vendeuse persistante de la part des plus gros détenteurs historiques. Les très grandes baleines et investisseurs de long terme continuent de distribuer leurs avoirs à un rythme élevé, limitant la capacité du marché à rebondir durablement. Cette dynamique crée un déséquilibre où les achats institutionnels et des investisseurs fortunés sont absorbés par des ventes massives d’anciens portefeuilles.

À court terme, cette situation maintient un risque baissier non négligeable. Certains analystes techniques soulignent même que la rupture de supports clés pourrait ouvrir la porte à des corrections plus profondes si les schémas historiques se répètent. En revanche, si la pression vendeuse des détenteurs de longue date s’atténue, l’accumulation soutenue observée chez les acteurs intermédiaires pourrait à nouveau servir de socle à une reprise significative du marché.

À noter que le fonds Rivemont crypto a augmenté sa position en encaisse, permettant de réduire l’exposition au prix des cryptomonnaies au cours des derniers jours.

Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.

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