Le bitcoin évolue toujours sans direction claire et continue d’osciller autour de la barre des 66 000 $, dans un climat dominé par les tensions géopolitiques et les doutes entourant l’économie mondiale. Après une brève incursion sous ce seuil, la cryptomonnaie a tenté de se stabiliser, mais le contexte général demeure peu favorable à un véritable redémarrage haussier. L’ether suit une trajectoire semblable, lui aussi prisonnier d’un marché hésitant malgré un léger rebond observé en début de semaine.
Du côté des flux institutionnels, quelques signes de soutien sont apparus, notamment avec un retour modeste des entrées de capitaux dans les FNB bitcoin au comptant aux États-Unis. Cela dit, cette amélioration reste insuffisante pour raviver un optimisme durable. Le comportement des acteurs corporatifs illustre d’ailleurs bien ce manque de conviction : certaines entreprises réduisent ou interrompent leurs achats, tandis que d’autres poursuivent l’accumulation malgré un environnement boursier moins favorable. Le marché donne donc l’impression d’être partagé entre prudence et opportunisme.
Plus largement, ce sont surtout les facteurs externes qui dictent actuellement le ton. La remontée des prix du pétrole, les craintes inflationnistes persistantes, la possibilité de taux d’intérêt élevés plus longtemps que prévu ainsi que les développements géopolitiques au Moyen-Orient freinent l’appétit pour le risque. Dans ce contexte, le bitcoin évolue dans une zone de prix très serrée, davantage influencée par des mouvements de liquidité à court terme que par une conviction réelle des acheteurs ou des vendeurs. Le manque de profondeur du marché accentue d’ailleurs la sensibilité des prix à la moindre nouvelle macroéconomique ou politique.
Pour le deuxième trimestre, plusieurs analystes estiment que le marché pourrait bientôt sortir de cette phase d’attente, mais l’issue demeure très dépendante du contexte mondial. Si les tensions internationales s’aggravent et que les prix de l’énergie continuent de grimper, les actifs risqués pourraient subir une nouvelle pression. À l’inverse, un apaisement rapide du climat géopolitique pourrait redonner de l’élan au bitcoin et favoriser un retour de l’intérêt spéculatif. En attendant, le marché reste suspendu entre deux scénarios, sans catalyseur suffisamment fort pour imposer une tendance nette.
Plusieurs actions liées au secteur des cryptomonnaies ont fortement corrigé depuis leurs sommets de 2025, mais certains analystes estiment que cette faiblesse pourrait représenter une occasion d’achat intéressante. C’est notamment le point de vue de Bernstein, qui a abaissé ses objectifs de cours pour Coinbase, Robinhood et Figure, tout en conservant une recommandation positive sur ces trois titres. L’idée n’est pas que les prochains résultats seront brillants — au contraire, le premier trimestre pourrait être décevant — mais que le marché aurait déjà intégré une bonne partie des mauvaises nouvelles.
Coinbase demeure l’entreprise la plus directement exposée à la santé du marché crypto, ce qui explique en partie la pression sur son titre. Les volumes d’échange au comptant ont reculé de façon notable par rapport à la fin de 2025, ce qui a amené Bernstein à revoir à la baisse ses prévisions de bénéfices. Malgré cela, la firme continue de voir un potentiel important à moyen terme, notamment grâce à la croissance de ses revenus liés aux stablecoins et au développement accéléré de son activité dans les produits dérivés. Autrement dit, même si le court terme paraît plus difficile, plusieurs moteurs de croissance demeurent bien en place.
Robinhood et Figure sont perçues comme un peu plus résistantes, car leur avenir dépend moins directement d’un rebond immédiat du bitcoin ou de l’ensemble du marché crypto. Pour Robinhood, l’expansion des marchés prédictifs pourrait devenir un levier important de revenus au cours des prochaines années, venant compenser partiellement la faiblesse des activités plus traditionnelles liées aux actifs numériques. De son côté, Figure continue de miser sur la tokenisation et l’utilisation de la blockchain dans le financement, avec une présence qui s’élargit au-delà de ses créneaux initiaux.
En somme, Bernstein considère que ces titres offrent toujours une exposition intéressante à plusieurs segments appelés à prendre de l’ampleur, comme les stablecoins, les actifs réels tokenisés, les dérivés crypto et les marchés prédictifs. Même si la prudence reste de mise à court terme, notamment à l’approche de résultats trimestriels potentiellement faibles, la maison de recherche croit qu’un creux pourrait bientôt se former dans ce segment boursier. Pour les investisseurs tolérant davantage de volatilité, le recul actuel pourrait donc être vu comme une phase de repositionnement plutôt qu’un signal de rupture durable.
La société BitMine Immersion Technologies, dirigée par Tom Lee, poursuit activement sa stratégie d’accumulation d’ether, ajoutant récemment plus de 70 000 ETH, soit environ 146 millions de dollars. Cette nouvelle acquisition porte ses réserves totales à plusieurs millions d’ETH, représentant une valeur de plusieurs milliards. En parallèle, l’entreprise détient également une position plus modeste en bitcoin ainsi qu’un important niveau de liquidités, confirmant une stratégie clairement orientée vers l’ethereum comme actif principal.
À l’inverse, Strategy — acteur majeur connu pour ses achats réguliers de bitcoin — a interrompu temporairement son programme d’acquisition à la fin du trimestre. Ce ralentissement ne constitue toutefois pas une rupture de stratégie, mais plutôt une pause récurrente observée lors des périodes de clôture financière. Depuis le début de son accumulation en 2020, l’entreprise a bâti une réserve colossale de bitcoins, consolidant son positionnement comme l’un des plus importants détenteurs institutionnels de cet actif.
Tom Lee met en avant la résilience récente des cryptomonnaies dans un contexte géopolitique tendu, soulignant que l’ether et le marché crypto ont mieux résisté que plusieurs actifs traditionnels. Selon lui, ces actifs tendent même à se comporter comme des valeurs refuges en période de crise. Il observe également une relation croissante entre les prix de l’énergie et les marchés financiers : la hausse du pétrole exercerait une pression sur les actions, tout en influençant indirectement les cryptomonnaies. Il estime néanmoins que le marché crypto traverse une phase finale de consolidation avant un éventuel rebond.
Google a récemment officialisé son intention de rendre l’ensemble de ses systèmes compatibles avec une cryptographie dite « post-quantique » d’ici 2029, signe que la menace posée par l’informatique quantique n’est plus perçue comme un simple scénario lointain. L’entreprise estime désormais que les percées techniques dans ce domaine avancent plus rapidement que prévu, au point où il devient nécessaire d’anticiper dès maintenant la fin de vie des standards cryptographiques actuels. En clair, plusieurs des mécanismes de sécurité qui protègent aujourd’hui Internet pourraient éventuellement devenir vulnérables face à des machines quantiques suffisamment puissantes.
Cette réalité soulève naturellement des questions pour Bitcoin, dont la sécurité repose en partie sur des signatures cryptographiques qui pourraient, à très long terme, être compromises par ce type de technologie. Théoriquement, un ordinateur quantique assez avancé pourrait réussir à déduire une clé privée à partir d’une clé publique, ce qui mettrait potentiellement en danger certaines adresses et certains fonds. L’enjeu n’est pas immédiat, mais il est suffisamment sérieux pour être pris au sérieux dès aujourd’hui, surtout à mesure que les estimations techniques sur la puissance requise pour casser ces systèmes tendent à diminuer.
Cela dit, il n’y a pas lieu de céder à la panique. Google ne dit pas qu’un ordinateur quantique capable de briser les systèmes cryptographiques actuels existera nécessairement en 2029 ; l’entreprise affirme surtout vouloir être prête avant que ce moment n’arrive. Du côté de Bitcoin, les développeurs ont déjà commencé à réfléchir à des solutions, notamment par l’introduction de propositions visant à préparer le réseau à des formats d’adresses et à des mécanismes de sécurité plus résistants à l’ère quantique. Le vrai défi, cependant, n’est pas seulement technique : il est aussi organisationnel.
Contrairement à une grande entreprise technologique, Bitcoin ne peut pas imposer un changement de façon centralisée. Toute transition vers des standards post-quantiques nécessiterait une coordination complexe entre développeurs, mineurs, plateformes, portefeuilles et utilisateurs du monde entier. Et c’est précisément là que réside le cœur du problème : même si la menace n’est peut-être pas imminente, le temps nécessaire pour adapter un réseau aussi décentralisé pourrait être très long. Autrement dit, l’avertissement de Google ne signifie pas que Bitcoin est condamné, mais il rappelle que l’écosystème n’a probablement pas intérêt à attendre le dernier moment pour se préparer.
Le bitcoin montre actuellement une configuration de marché peu fréquente qui pourrait favoriser un rebond technique à court terme. Après être brièvement passé sous les 65 000 $, l’actif a suscité une réaction d’achat particulièrement marquée autour de cette zone, ce qui laisse penser qu’un creux local a peut-être été atteint. En d’autres mots, la pression vendeuse semble s’être temporairement essoufflée, tandis que les acheteurs ont répondu avec vigueur à un niveau jugé attractif.
Les données de marché indiquent en effet qu’un déséquilibre notable entre les ordres d’achat et de vente s’est formé près de 65 000 $, avec une présence d’acheteurs largement dominante sur plusieurs niveaux de profondeur du carnet d’ordres. Ce type de signal est relativement rare et traduit souvent une absorption efficace de la pression baissière. À cela s’ajoute un changement de structure plus encourageant sur les graphiques à court terme, renforçant l’idée qu’un mouvement de soulagement pourrait se mettre en place si le bitcoin parvient à conserver certains seuils clés au-dessus de 66 700 $.
Un autre élément alimente ce scénario : une importante concentration de positions vendeuses à effet de levier demeure vulnérable plus haut, notamment autour de 71 000 $. Si le prix continue de remonter, ces positions pourraient être forcées de se fermer, alimentant ainsi une poussée haussière supplémentaire. Ce mécanisme, souvent appelé « short squeeze », pourrait amplifier un simple rebond technique et accélérer le mouvement si les conditions s’alignent.
Cela dit, le marché n’est pas entièrement dégagé. Le début de mois d’avril a historiquement parfois coïncidé avec des points bas temporaires, ce qui appuie le scénario d’un rebond. En revanche, les lundis ont aussi souvent été marqués par des débuts de séance suivis de pressions vendeuses. Le bitcoin se retrouve donc dans une zone charnière : les conditions d’un rallye de soulagement existent bel et bien, mais elles devront rapidement se confirmer pour que le marché puisse viser plus sérieusement la région des 71 000 $.
Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.
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