Le bitcoin a amorcé un rebond marqué pour atteindre la zone des 71 000 $, porté par un mouvement de liquidation massif sur le marché des dérivés. En l’espace de 24 heures, plus de 550 millions de dollars de positions ont été forcées à la fermeture, principalement du côté des vendeurs à découvert, ce qui a accentué la pression à la hausse. La cryptomonnaie affiche ainsi une progression d’environ 4 % sur la période, dans un contexte où le marché semblait auparavant hésitant.
Fait notable, cette remontée ne semble pas alimentée par une nouvelle vague de levier. Au contraire, la baisse de l’open interest suggère que le mouvement repose davantage sur des rachats de positions existantes que sur l’entrée de nouveaux capitaux spéculatifs. Cela traduit un certain apaisement du risque excessif, même si le sentiment global demeure prudent.
En toile de fond, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient restent un facteur clé. Malgré un contexte marqué par des frappes récentes et des incertitudes diplomatiques, le marché des cryptomonnaies fait preuve de résilience. Le bitcoin parvient même à surperformer des actifs refuges traditionnels comme l’or, alors que le pétrole évolue autour de 100 $ le baril et que les marchés boursiers américains affichent une légère faiblesse.
Le marché des altcoins traverse une phase de net ralentissement, marquée par une chute spectaculaire des volumes d’échange depuis l’automne 2025. Sur certaines plateformes majeures, l’activité est passée de dizaines de milliards de dollars à moins de 10 milliards, illustrant un désengagement massif des investisseurs. Cette contraction s’observe également ailleurs dans l’écosystème, confirmant une tendance généralisée de perte d’intérêt pour ces actifs.
Ce recul s’explique en grande partie par un environnement macroéconomique plus contraignant. Le resserrement des conditions monétaires, combiné à des incertitudes économiques persistantes — notamment autour de l’emploi, de l’inflation et des tensions géopolitiques — incite les investisseurs à adopter une posture plus prudente. Dans ce contexte, le capital tend à se concentrer sur le bitcoin, perçu comme l’actif le plus liquide et le plus lisible du marché.
Les indicateurs d’intérêt du grand public vont dans le même sens. Les recherches en ligne liées aux cryptomonnaies et aux altcoins ont fortement diminué depuis leur sommet atteint à l’été 2025, suggérant un essoufflement de l’engouement. Par ailleurs, les anticipations d’un retour à une « alt season » comparable à celles de 2020 ou 2021 restent très faibles, tant chez les investisseurs que chez les analystes.
Désormais, le marché semble évoluer vers une dynamique plus sélective. Plutôt qu’un mouvement généralisé, les hausses potentielles devraient concerner des projets bien ciblés, soutenus par des thématiques solides comme les infrastructures, les actifs du monde réel ou certaines applications émergentes. Une véritable rotation vers les altcoins dépendra largement d’une progression marquée du bitcoin, qui devra atteindre des niveaux nettement supérieurs pour déclencher un retour significatif de l’appétit pour le risque.
Le lancement du fonds iShares Staked Ethereum Trust de BlackRock a rapidement attiré l’attention des investisseurs, atteignant plus de 250 millions de dollars d’actifs sous gestion en l’espace d’une semaine. Une part importante de ces montants provient de nouveaux capitaux injectés après son introduction, en plus d’un apport initial significatif fourni au moment du lancement. Ce démarrage rapide témoigne d’un intérêt marqué pour les produits liés à l’ether intégrant des mécanismes de rendement.
La particularité de ce fonds réside dans son approche axée sur le staking. Une grande proportion des avoirs en ether est immobilisée afin de générer des revenus, dont la majorité est redistribuée aux investisseurs sous forme de paiements mensuels. Le reste est partagé entre les différents intervenants impliqués dans l’infrastructure du fonds, notamment les validateurs et les fournisseurs de services. Cette structure vise à offrir à la fois une exposition au prix de l’ether et un rendement récurrent.
Ce produit s’inscrit dans un environnement déjà concurrentiel, où d’autres acteurs avaient introduit des solutions similaires. Toutefois, contrairement à certains fonds existants qui ont ajouté le staking après leur création, celui de BlackRock a été conçu dès le départ autour de cette fonctionnalité, ce qui pourrait représenter un avantage en termes de positionnement et de clarté pour les investisseurs.
Le dirigeant de BlackRock, Larry Fink, met de nouveau en avant le potentiel de la tokenisation pour transformer en profondeur l’investissement. Selon lui, l’adoption massive des portefeuilles numériques ouvre la voie à une expérience où investir pourrait devenir aussi simple que d’effectuer un paiement depuis un téléphone. Cette vision repose sur l’idée que la technologie blockchain pourrait moderniser les infrastructures financières et en faciliter l’accès à grande échelle.
La tokenisation consiste à représenter des actifs traditionnels — comme les actions, les obligations ou l’immobilier — sous forme de jetons numériques échangeables sur des réseaux blockchain. Ce mécanisme permettrait notamment de fractionner ces actifs, rendant ainsi l’investissement plus accessible à un plus grand nombre d’épargnants. Fink insiste sur le fait que cette évolution pourrait simplifier l’émission, la négociation et la détention des placements financiers, tout en accélérant les transactions.
Cet engouement pour la tokenisation ne se limite pas à BlackRock. Des institutions majeures comme Nasdaq et la U.S. Securities and Exchange Commission explorent activement son intégration dans les marchés financiers. Des projets pilotes visant à tester la négociation de titres tokenisés sont en cours, tandis que des partenariats émergent pour connecter les infrastructures traditionnelles aux systèmes basés sur la blockchain.
Plus largement, l’intérêt croissant de Wall Street pour ces innovations reflète une transformation en cours du secteur financier. Des acteurs comme Goldman Sachs reconnaissent désormais l’impact des technologies liées aux actifs numériques, qu’il s’agisse des cryptomonnaies ou des registres distribués. Dans ce contexte, la tokenisation apparaît comme une étape clé vers des marchés plus rapides, plus flexibles et potentiellement plus inclusifs.
La société Strategy, dirigée par Michael Saylor, poursuit activement sa stratégie d’accumulation de bitcoin. Elle a récemment acquis un peu plus de 1 000 BTC pour un montant avoisinant les 77 millions de dollars, à un prix moyen légèrement supérieur à 74 000 $ par unité. Cette nouvelle opération porte désormais ses réserves totales à plus de 760 000 bitcoins, consolidant sa position comme l’un des plus importants détenteurs institutionnels de l’actif.
L’ensemble de ces acquisitions représente une part significative de l’offre maximale de bitcoin, soit plus de 3,5 % du total qui ne pourra jamais être émis. Toutefois, malgré cette accumulation massive, la société affiche actuellement une perte latente de plusieurs milliards de dollars en raison de la baisse récente des prix. Le coût moyen d’achat restant supérieur aux niveaux de marché actuels, la valorisation de cette réserve demeure sous pression.
Pour financer ces achats, Strategy s’appuie principalement sur l’émission d’actions sur le marché. Ce mécanisme lui permet de lever des capitaux importants, mais introduit également une dépendance aux conditions boursières et à la perception des investisseurs. Certains analystes soulignent que cette approche, bien qu’efficace en phase de marché favorable, pourrait devenir plus fragile si le sentiment venait à se détériorer ou si le titre de l’entreprise perdait sa prime.
Plus largement, cette stratégie d’accumulation de bitcoin est désormais adoptée par un nombre croissant d’entreprises cotées, bien que leurs performances boursières aient récemment souffert d’un recul de l’intérêt du marché. Dans ce contexte, la dynamique reste étroitement liée à l’évolution du prix du bitcoin et à la confiance des investisseurs, ce qui rend ces modèles particulièrement sensibles aux cycles du marché.
Le bitcoin poursuit sa progression malgré un contexte géopolitique instable, oscillant au gré des annonces contradictoires entourant les tensions au Moyen-Orient. Une accalmie temporaire, liée à un report d’actions militaires évoqué par les États-Unis, a permis à la cryptomonnaie de remonter au-dessus des 71 000 $. Même si ce regain d’optimisme s’est rapidement atténué, le marché a démontré une certaine solidité en maintenant ses gains récents.
Cette résilience s’observe également du côté des principales altcoins, qui suivent généralement la trajectoire du bitcoin. L’ensemble du marché montre des signes de reprise à court terme, avec une hausse notable sur les dernières 24 heures. Toutefois, cette dynamique reste fragile et dépend fortement de la capacité du bitcoin à franchir un seuil technique clé.
En effet, la zone des 75 000 $ apparaît comme un niveau déterminant. Ce seuil a déjà agi à plusieurs reprises comme point de bascule, tantôt comme résistance, tantôt comme support. Il correspond aussi à des repères techniques importants suivis par les analystes. Un dépassement clair et durable de ce niveau serait interprété comme un signal fort de reprise haussière, confirmant un retour de l’appétit pour le risque.
En parallèle, d’autres facteurs macroéconomiques continuent d’influencer les marchés. Les fluctuations des taux obligataires américains et les incertitudes liées à la politique monétaire pourraient limiter le potentiel de hausse à court terme. À plus long terme, une stabilisation de ces éléments pourrait toutefois favoriser un environnement plus propice aux actifs risqués, incluant les cryptomonnaies.
Certains indicateurs suggèrent que le bitcoin se négocie actuellement à des niveaux historiquement bas en termes de valorisation relative. Un outil d’analyse basé sur le rapport entre la capitalisation du marché et la puissance de calcul du réseau — souvent comparé à un ratio d’évaluation — montre que le BTC se situe dans une zone dite de « forte sous-évaluation ». Ce signal est apparu après un repli marqué des prix en début d’année, atteignant des niveaux rarement observés, même lors des cycles baissiers précédents.
Ce décalage entre le prix et les fondamentaux du réseau est particulièrement frappant. Alors que le bitcoin a subi une correction importante par rapport à ses sommets récents, la puissance de calcul sécurisant le réseau, elle, demeure proche de ses plus hauts historiques. Autrement dit, l’activité et la robustesse du réseau continuent de croître, malgré une baisse significative du prix, ce qui renforce l’idée d’un actif potentiellement sous-évalué.
Du côté des mineurs, la situation reste contrastée. La pression sur les revenus s’est accentuée avec la chute des prix, mais leur résilience est notable, notamment grâce au maintien d’un niveau élevé de hash rate. Par ailleurs, une diminution progressive des ventes de bitcoins par les mineurs a été observée récemment, un phénomène qui, historiquement, a souvent précédé des phases de reprise du marché.
Dans l’ensemble, ces éléments alimentent un discours plus optimiste chez certains analystes, qui estiment que le marché pourrait être en phase d’accumulation. Bien que cela ne garantisse pas un retournement immédiat, la combinaison d’une valorisation jugée attractive et de fondamentaux solides pourrait constituer un terrain favorable à une reprise à moyen terme.
Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.
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