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Bulletin crypto – semaine 430

Le bitcoin a poursuivi sa remontée et s’est rapproché du seuil des 75 000 $ lundi, porté par un mouvement de rachat massif de positions vendeuses. En l’espace de 24 heures, le marché des cryptomonnaies a enregistré plus de 600 millions de dollars de liquidations, dont une large majorité provenait de positions à la baisse. Cette dynamique a alimenté une hausse rapide des prix, avec un bitcoin en progression d’environ 4 % et un ether affichant une performance encore plus marquée.

Cette accélération s’explique en grande partie par un phénomène de « short squeeze », où les vendeurs à découvert sont forcés de racheter leurs positions dans un marché en hausse, amplifiant ainsi le mouvement. Toutefois, certains analystes demeurent prudents, estimant que ce type de rallye technique repose davantage sur des contraintes de marché que sur une demande fondamentale solide, ce qui pourrait en limiter la durée à court terme.

Parallèlement, le sentiment des investisseurs montre des signes d’amélioration après une période de pessimisme marqué. Ce regain s’appuie notamment sur un retour des flux vers les produits d’investissement institutionnels, comme les FNB adossés au bitcoin, ainsi que sur une reprise des achats du côté des entreprises. L’ether bénéficie aussi de cet environnement, avec des entrées de capitaux notables qui soutiennent sa performance relative.

Le bitcoin évolue aujourd’hui au-dessus des 73 000 $, affichant une certaine résilience alors que les marchés se préparent à une série de décisions monétaires majeures à l’échelle mondiale. Après un creux récent autour de 66 000 $, l’actif s’est redressé pour revenir dans la zone des 75 000 $, soutenu notamment par des achats au comptant et un retour progressif des flux institutionnels. Les données de marché indiquent que la pression vendeuse observée plus tôt dans le trimestre s’atténue, même si les investisseurs demeurent prudents à l’approche d’une semaine riche en événements macroéconomiques.

Certains signaux structurels pointent vers une phase d’accumulation plus avancée dans le cycle. Les avoirs sur les plateformes d’échange diminuent, les gros investisseurs renforcent leurs positions et les détenteurs à long terme semblent revenir progressivement sur le marché. Malgré cela, les incertitudes macroéconomiques demeurent importantes, notamment en lien avec les décisions de la Réserve fédérale et l’évolution des prix de l’énergie. À court terme, toute réaction du marché dépendra largement du ton adopté par les banques centrales, tandis que les perspectives à plus long terme restent partagées entre prudence réglementaire et optimisme quant au potentiel de croissance du bitcoin.

À noter que le bitcoin vient d’enchaîner huit séances consécutives de hausse, une performance rarement observée au cours des dernières années. Depuis le début de ce mouvement, amorcé autour de 68 000 $, l’actif a progressivement grimpé pour dépasser les 75 000 $, s’inscrivant parmi les actifs les plus performants dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques accrues. Historiquement, ce type de série haussière tend à s’accompagner d’une poursuite du mouvement dans les semaines suivantes, même si cela reste loin d’être systématique.

Les données passées montrent qu’un tel enchaînement de gains s’est produit à une quinzaine de reprises. Dans environ 60 % des cas, le bitcoin a poursuivi sa progression sur un horizon d’un mois, avec une hausse médiane avoisinant les 20 %. Ces statistiques suggèrent un biais favorable, mais ne constituent en rien une garantie, d’autant plus que les réactions du marché peuvent varier considérablement selon le contexte macro et le cycle en cours.

Selon plusieurs observations récentes, les investisseurs institutionnels ont fait preuve d’une solidité inattendue face à la forte correction du bitcoin. Malgré une baisse d’environ 50 % depuis l’automne 2025, les flux liés aux FNB indiquent que la majorité des positions ont été conservées. Sur les quelque 60 milliards de dollars injectés dans ces produits depuis leur lancement, seule une fraction relativement limitée a été retirée, ce qui suggère une certaine stabilité du capital institutionnel, même dans un contexte de marché difficile.

Ce comportement remet en question l’idée selon laquelle les investisseurs professionnels seraient plus enclins à se retirer rapidement en période de turbulence. En réalité, le bitcoin demeure encore un actif atypique et loin de faire l’unanimité, ce qui implique que les institutions qui s’y exposent prennent un risque de réputation. Cette réalité tend à filtrer les participants : ceux qui choisissent d’investir affichent généralement un niveau de conviction particulièrement élevé, ce qui contribue à rendre leurs positions plus durables.

Cette forte conviction explique en partie pourquoi les capitaux institutionnels semblent moins sensibles aux fluctuations à court terme. Plutôt que de réagir impulsivement aux baisses, ces investisseurs adoptent une approche de long terme, soutenant ainsi la structure du marché même en période de volatilité. Ce phénomène pourrait également refléter une maturation progressive du bitcoin en tant qu’actif financier reconnu.

Dans cette optique, certains analystes continuent de défendre des scénarios très ambitieux pour le bitcoin. L’idée qu’il puisse atteindre des niveaux extrêmement élevés, comme un million de dollars, repose sur l’hypothèse qu’il captera une part croissante du marché mondial des réserves de valeur. Si cette tendance se confirme au fil des années, la résilience actuelle des investisseurs institutionnels pourrait être un élément clé de cette trajectoire.

Pour la première fois, la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis a publié des lignes directrices visant à clarifier la manière dont les actifs numériques seront classifiés d’un point de vue réglementaire. Élaborée en collaboration avec l’organisme responsable des marchés de matières premières, cette approche propose une distinction plus structurée entre différents types de cryptomonnaies. Bien qu’il ne s’agisse pas encore d’une règle officielle, cette initiative marque une étape importante après des années d’incertitude dans le cadre juridique entourant les actifs numériques.

Le régulateur introduit ainsi plusieurs catégories, allant des actifs assimilables à des commodités numériques jusqu’aux jetons utilitaires ou de collection, en passant par les stablecoins. Parmi ces groupes, une seule catégorie — celle des titres numériques — relèverait directement des lois sur les valeurs mobilières. Cette clarification vise à recentrer le rôle de la SEC sur son mandat principal, soit la supervision des marchés de titres, tout en excluant une grande partie de l’écosystème crypto de cette juridiction.

Un élément clé de cette approche repose sur la notion de contrat d’investissement. Un actif numérique pourrait être considéré comme un titre lorsqu’il est proposé avec une attente de rendement liée aux efforts d’un émetteur ou d’une entité centrale. Toutefois, ce statut ne serait pas nécessairement permanent : une fois les engagements remplis — ou non respectés —, l’actif pourrait cesser d’être traité comme une valeur mobilière. Par ailleurs, certaines pratiques courantes dans l’univers crypto, comme le staking, le minage ou les distributions de jetons, ne seraient pas visées par cette réglementation.

Enfin, cette orientation s’inscrit dans une volonté plus large d’harmoniser les règles entre les différentes autorités américaines et de favoriser le développement de l’industrie sur le territoire. Une proposition réglementaire plus détaillée est attendue prochainement, incluant notamment des mesures destinées à encourager l’innovation. Néanmoins, plusieurs observateurs soulignent que seule une intervention législative du Congrès pourra véritablement assurer la stabilité et la pérennité de ce nouveau cadre réglementaire.

Un tribunal de Buenos Aires a ordonné le blocage complet de la plateforme Polymarket sur l’ensemble du territoire argentin, estimant que ce service de prédiction basé sur les cryptomonnaies s’apparente à un système de paris en ligne non autorisé. La décision impose aux fournisseurs d’accès à Internet de restreindre l’accès au site, tout en demandant à des acteurs comme Google et Apple de limiter la disponibilité de ses applications mobiles dans le pays.

Les autorités reprochent notamment à la plateforme de permettre la participation d’utilisateurs sans vérification d’identité ni contrôle d’âge, ce qui soulève des préoccupations en matière de protection des mineurs. L’enquête aurait été déclenchée à la suite d’une plainte de l’organisme local chargé de réguler les jeux de hasard, lequel affirme que Polymarket ne dispose d’aucune licence valide en Argentine. Par ailleurs, certaines activités de trading liées à la publication de données économiques sensibles, comme l’inflation, ont également attiré l’attention des régulateurs.

Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large de surveillance accrue des marchés de prédiction à l’échelle internationale. Plusieurs pays européens, ainsi que certaines juridictions en Amérique latine, ont déjà pris des mesures similaires pour restreindre l’accès à ces plateformes. Les régulateurs cherchent notamment à déterminer si ces services doivent être encadrés comme des instruments financiers ou assimilés à des activités de jeu non réglementées.

Strategy a réalisé sa plus importante acquisition de bitcoin depuis le début de l’année, en investissant près de 1,6 milliard de dollars pour ajouter plus de 22 000 BTC à ses réserves. Cette opération s’inscrit dans un contexte de forte demande pour son instrument de financement privilégié, une action à dividende variable, qui lui a permis de lever environ 1,2 milliard de dollars en une seule semaine — un bond significatif par rapport aux montants recueillis auparavant.

Avec cette nouvelle transaction, l’entreprise renforce encore sa position de principal détenteur corporatif de bitcoin, portant son total à plus de 760 000 BTC. Malgré la volatilité récente du marché et une baisse marquée des prix ces derniers mois, la valeur de ses avoirs s’est rapprochée de son coût d’acquisition moyen, réduisant considérablement ses pertes latentes. Cette amélioration a également contribué à soutenir le titre de la société en Bourse, qui a enregistré un rebond notable à court terme, bien qu’il reste en recul sur une période plus longue.

Selon les analyses de CryptoQuant, le bitcoin pourrait rencontrer des zones de résistance importantes si sa progression se poursuit, notamment entre 75 000 $ et 85 000 $. Bien que le marché affiche un regain d’optimisme, ces niveaux correspondent à des seuils techniques qui ont déjà freiné la hausse lors de phases précédentes, en particulier dans des contextes de marché plus fragiles.

Du côté des produits dérivés, le positionnement des investisseurs s’est nettement orienté vers la hausse. Les positions acheteuses dominent désormais, alors que de nombreux vendeurs à découvert ont été contraints de se retirer lors du passage au-dessus des 70 000 $. Les taux de financement, qui étaient fortement négatifs quelques jours auparavant, sont redevenus positifs, signe que les traders sont prêts à payer pour maintenir leurs positions longues. Par ailleurs, les volumes d’achat surpassent actuellement les volumes de vente, confirmant une dynamique favorable à court terme.

Malgré cet élan, certains indicateurs invitent à la prudence. La remontée des prix s’accompagne d’une augmentation notable des transferts de bitcoins vers les plateformes d’échange. Ce type de mouvement est souvent interprété comme un signe que des investisseurs pourraient se préparer à vendre, ce qui pourrait exercer une pression sur les prix si ces actifs sont effectivement liquidés.

En somme, même si le sentiment de marché s’est amélioré et que les traders anticipent une poursuite de la hausse, plusieurs facteurs techniques et comportementaux suggèrent que le bitcoin pourrait ralentir ou consolider dans les semaines à venir. L’évolution dépendra notamment de la capacité du marché à absorber d’éventuelles prises de profit, ainsi que du contexte macroéconomique, en particulier les décisions de la Réserve fédérale.

Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.

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