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Bulletin crypto – semaine 420

Le marché des cryptomonnaies a entamé 2026 sur une note nettement positive, porté par un regain d’appétit pour le risque en ce début d’année et par des flux de capitaux à la recherche de valeurs refuges dans un contexte géopolitique tendu. Après un mois de décembre marqué par des ventes liées à l’optimisation fiscale et aux ajustements de fin d’exercice, la pression vendeuse s’est dissipée, laissant place à un rebond généralisé. Le bitcoin, l’ether et plusieurs grandes capitalisations ont ainsi enregistré des hausses significatives dès les premiers jours de janvier.

Cette dynamique s’inscrit également dans un climat plus favorable sur les marchés traditionnels. Le redressement des actions américaines, en particulier dans les secteurs technologique et énergétique, a contribué à soutenir les actifs numériques, historiquement corrélés aux valeurs de croissance. Par ailleurs, les tensions géopolitiques récentes, notamment autour du Venezuela, ont ravivé l’intérêt pour le bitcoin en tant qu’actif perçu comme alternatif ou protecteur, à l’image de l’or. Certains investisseurs y voient aussi un possible effet désinflationniste indirect, susceptible de redonner de la marge de manœuvre aux banques centrales.

Un autre facteur clé du regain de confiance réside dans le retour marqué des flux institutionnels via les FNB au comptant cotés aux États-Unis. Après plusieurs semaines de désengagement, ces produits ont enregistré d’importantes entrées de capitaux, signalant un changement de ton chez les investisseurs professionnels. En parallèle, le marché des options montre une augmentation des positions haussières, notamment sur des niveaux de prix élevés pour le bitcoin, ce qui traduit des anticipations de poursuite du mouvement à court terme.

Malgré ce tableau constructif, la prudence demeure de mise. Les volumes sur le marché au comptant restent faibles et la liquidité limitée, ce qui rend les prix plus sensibles aux mouvements de capitaux marginaux. Dans un tel environnement, des accélérations rapides comme des corrections abruptes restent possibles. Autrement dit, si la tendance de fond s’améliore, l’adhésion du marché n’est pas encore suffisamment large pour écarter les risques de volatilité marquée.

Le bitcoin débute la nouvelle année sur une dynamique nettement plus constructive, après plusieurs semaines de stagnation. Sa récente progression l’a propulsé au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours, un niveau technique clé qu’il n’avait plus franchi depuis l’automne. Ce dépassement marque un changement important dans la structure du marché, alors que la cryptomonnaie semblait jusqu’ici prisonnière d’une tendance hésitante, voire défavorable, malgré un contexte macroéconomique agité et des marchés financiers en pleine recomposition.

Cette amélioration intervient après une année 2025 décevante pour le bitcoin, contrastant fortement avec l’envolée spectaculaire observée en 2024. Les attentes liées à un environnement politique perçu comme favorable aux cryptos avaient déjà été intégrées par les marchés, ce qui a mené à une correction une fois ces espoirs concrétisés. Pendant ce temps, les actifs refuges traditionnels comme l’or ont capté l’essentiel des flux dans un climat géopolitique instable, reléguant le bitcoin au second plan malgré son statut souvent évoqué d’« or numérique ».

Sur le plan technique, le mouvement récent met fin à une phase de compression des prix et redonne de l’élan aux acheteurs. Le franchissement net de résistances importantes suggère un retour progressif de la confiance, même si la configuration de long terme demeure fragile. Certains indicateurs montrent que la pression vendeuse s’essouffle et que l’élan acheteur se renforce sans excès, plaçant le marché dans une zone d’équilibre propice à une poursuite de la hausse.

Les FNB bitcoin au comptant cotés aux États-Unis ont connu un net regain d’intérêt en début d’année, enregistrant leur plus forte journée d’entrées nettes depuis l’automne. En une seule séance, près de 700 millions de dollars ont afflué vers ces produits, portant les apports cumulés des premiers jours de 2026 à plus d’un milliard. Cette reprise des flux s’inscrit dans un climat de marché plus serein, alors que les investisseurs semblent progressivement revenir vers les actifs numériques après une période de prudence marquée en fin d’année.

La majorité des fonds ont bénéficié de ces entrées, avec une concentration notable sur les produits les plus établis. Les FNB gérés par BlackRock et Fidelity ont capté l’essentiel des nouveaux capitaux, mais d’autres acteurs du secteur ont également profité de ce mouvement. Ce retour de l’intérêt institutionnel traduit une volonté renouvelée de s’exposer au bitcoin via des véhicules réglementés, perçus comme plus sécurisés et mieux adaptés aux grandes allocations.

Le ratio cuivre/or est souvent utilisé comme baromètre macroéconomique pour jauger la vigueur de la croissance et l’appétit des investisseurs pour le risque. Le cuivre, étroitement lié à l’activité industrielle, tend à se renforcer lorsque les perspectives économiques s’améliorent, tandis que l’or joue davantage un rôle défensif en période d’incertitude. Lorsque le cuivre surperforme l’or, cela traduit généralement un climat plus favorable aux actifs risqués, un contexte qui a souvent bénéficié au bitcoin par le passé.

 

 

L’évolution historique de ce ratio montre des liens intéressants avec les grands cycles du bitcoin. Les sommets du ratio observés lors des précédentes phases d’euphorie économique ont coïncidé avec des pics majeurs du marché crypto. Mais surtout, les retournements haussiers du ratio après de longues périodes de faiblesse ont fréquemment précédé des phases de reprise marquées du bitcoin, en particulier lorsqu’ils survenaient autour des événements de réduction de moitié de la récompense des mineurs.

Lors du dernier halving du bitcoin au printemps 2024, le ratio cuivre/or était encore orienté à la baisse, ce qui contrastait avec les schémas observés lors des cycles précédents. Depuis, la tendance s’est inversée : le ratio s’est redressé après avoir touché un creux à l’automne, signalant un changement potentiel du régime macroéconomique. Cette inflexion intervient alors même que les deux métaux évoluent à proximité de leurs sommets historiques.

La récente surperformance du cuivre par rapport à l’or, si elle reflète avant tout un regain des anticipations de croissance mondiale plutôt que de simples contraintes d’offre, pourrait envoyer un signal favorable aux actifs à risque. Dans ce contexte, ce mouvement macroéconomique renforcerait l’hypothèse d’un environnement plus porteur pour le bitcoin à l’horizon 2026, en cohérence avec la dynamique observée lors des précédents cycles haussiers.

L’année 2026 pourrait marquer un tournant majeur dans l’organisation des marchés crypto, sous l’effet combiné d’une réglementation plus mature et d’une présence institutionnelle accrue. Les experts anticipent une concentration progressive de la liquidité sur un nombre plus restreint de plateformes, à mesure que de nouveaux cadres juridiques en Europe, en Asie et aux États-Unis modifient les comportements de négociation. Cette évolution impose aux infrastructures existantes de démontrer qu’elles peuvent offrir une qualité d’exécution et une stabilité comparables à celles des marchés financiers traditionnels.

Les fragilités actuelles ont été mises en lumière lors de la crise de liquidations d’octobre 2025, durant laquelle des positions à effet de levier massives ont été liquidées en quelques heures, révélant des carnets d’ordres trop peu profonds et des mécanismes de gestion du risque insuffisants. Pour les acteurs institutionnels, ce type de dysfonctionnement est difficilement acceptable. Le défi de 2026 consistera donc à combler ces lacunes, tant dans la finance décentralisée que sur les plateformes centralisées, en améliorant la profondeur de marché, la formation des prix et la résilience face aux chocs.

Sur le plan réglementaire, le centre de gravité se déplace progressivement. Après une première phase axée sur l’octroi de licences et la définition des activités encadrées, l’attention se porte désormais sur la structure des marchés et les règles de gouvernance nécessaires pour relier efficacement la finance traditionnelle et les actifs numériques. L’entrée en vigueur de MiCA en Europe, l’harmonisation des règles en Asie et les avancées législatives aux États-Unis illustrent cette transition vers un cadre plus opérationnel et exigeant.

Aux États-Unis, l’avancée d’un projet de loi visant à clarifier le partage des compétences entre les régulateurs pourrait accélérer cette transformation, même si des tensions politiques subsistent. En toile de fond, une question centrale demeure : les infrastructures crypto seront-elles capables d’évoluer assez rapidement pour absorber des volumes institutionnels croissants — qu’il s’agisse de stablecoins, d’actifs tokenisés ou de produits liés aux FNB — tout en évitant les épisodes de fragilité qui freinent encore l’entrée massive des capitaux traditionnels.

Morgan Stanley a déposé auprès du régulateur américain des documents visant à lancer des fonds négociés en Bourse adossés au bitcoin et à Solana, confirmant l’intérêt croissant des grandes institutions financières pour les actifs numériques. Ces démarches concernent deux produits distincts, dont un fonds sur Solana intégrant une composante de jalonnement, et placeraient la banque au même niveau que d’autres acteurs majeurs déjà présents sur ce segment si l’approbation est accordée.

Cette initiative intervient dans un contexte d’essor rapide des FNB crypto aux États-Unis. Les volumes de transactions cumulés sur les produits au comptant ont franchi le seuil des 2 000 milliards de dollars, illustrant une accélération marquée de l’activité et de la liquidité. Les FNB bitcoin détiennent désormais une part significative de l’offre totale en circulation, même si le prix du bitcoin reste sous des seuils psychologiques importants, ce qui témoigne d’un intérêt soutenu indépendamment des fluctuations à court terme.

L’environnement réglementaire plus favorable joue également un rôle clé dans cette dynamique. Les autorités américaines ont récemment simplifié et accéléré les procédures d’inscription pour certains produits liés aux cryptomonnaies, réduisant les délais qui freinaient auparavant leur lancement. Cette évolution coïncide avec une ouverture accrue des grandes firmes de Wall Street, encouragées par un cadre plus clair et plus prévisible.

Enfin, ces dépôts s’inscrivent dans une stratégie plus large de Morgan Stanley visant à intégrer progressivement les cryptomonnaies dans ses offres traditionnelles. La banque a déjà défini des balises d’allocation pour certains portefeuilles et élargi l’accès aux actifs numériques pour sa clientèle, y compris dans des comptes à long terme. L’arrivée potentielle de FNB sur le bitcoin et Solana reflète ainsi la volonté de répondre à une demande croissante pour des solutions réglementées, à mesure que le marché crypto gagne en maturité et en crédibilité institutionnelle.

L’activité sur le réseau Ethereum a atteint un niveau inédit à la toute fin de l’année, avec un nombre de transactions quotidiennes jamais observé auparavant. Ce record dépasse largement les sommets enregistrés lors de la grande phase d’euphorie de 2021, marquée par l’explosion des NFT et de la finance décentralisée. Parallèlement, le nombre d’adresses actives et de nouveaux utilisateurs a fortement progressé, signalant un regain d’utilisation réelle du réseau au-delà de la simple spéculation.

Cette accélération s’explique en grande partie par une série d’améliorations techniques majeures déployées récemment. Les mises à jour ont permis de réduire sensiblement les frais, d’augmenter la capacité de traitement et d’améliorer l’expérience utilisateur, tout en renforçant l’attrait du réseau pour les acteurs institutionnels. Les avancées liées aux rollups, à l’abstraction de comptes et aux performances des solutions de seconde couche ont rendu l’écosystème plus efficace et plus accessible.

Ethereum demeure ainsi le socle central de nombreuses activités clés de l’économie crypto. La majorité des stablecoins, des projets de tokenisation d’actifs réels, des protocoles de rendement et de jalonnement, ainsi que de nombreuses applications de trading, de jeux et de NFT, continuent de s’appuyer sur Ethereum ou sur des chaînes compatibles avec son environnement technique. Malgré l’émergence de concurrents solides, cette position dominante reste largement intacte.

D’autres évolutions importantes sont attendues en 2026, avec de nouvelles mises à jour visant à améliorer encore les performances globales du réseau, sa décentralisation et sa viabilité à long terme. Dans un contexte où le prix de l’ether a parfois déçu les investisseurs, cette intensification de l’activité pourrait toutefois préparer le terrain à un regain d’intérêt marqué, notamment de la part des grands investisseurs à l’affût d’opportunités sous-estimées.

Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.

Les renseignements présentés le sont en date du 6 janvier 2026, à moins qu’une autre date ne soit mentionnée, et à titre d’information seulement. Ils proviennent de sources que nous jugeons fiables, mais non garanties. Il ne s’agit pas de conseils financiers, juridiques ou fiscaux. Les investissements Rivemont ne sont pas responsables des erreurs ou omissions relativement aux renseignements, ni des pertes ou dommages subis.