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Bulletin crypto – semaine 419

Le bitcoin a brièvement franchi le seuil des 90 000 $ à l’approche du Nouvel An, dans un contexte de marché peu liquide typique de la fin d’année. Après une progression d’environ 3 % en 24 heures, la cryptomonnaie est toutefois rapidement revenue sous ce niveau, confirmant une évolution en range observée tout au long du mois de décembre. Les analystes s’accordent pour dire que ce mouvement ne découle pas d’un événement fondamental majeur, mais plutôt de dynamiques techniques.

Selon plusieurs spécialistes, la reconquête du seuil des 90 000 $ — considéré comme une résistance clé — aurait déclenché des rachats de positions vendeuses et des achats guidés par l’élan du marché. Après une phase de consolidation, certains niveaux techniques se sont transformés en zones de soutien, favorisant un rebond mécanique. Toutefois, cette dynamique reste fragile, le bitcoin étant resté cantonné ces dernières semaines dans une fourchette comprise approximativement entre 86 500 $ et 90 000 $.

Cette stagnation s’explique en partie par des sorties importantes des FNB Bitcoin au comptant, estimées à plus d’un milliard de dollars, liées notamment à des stratégies de cristallisation de pertes fiscales et à une réduction générale du risque en fin d’année. Malgré cela, le sentiment de marché montre des signes timides d’amélioration : l’indice de peur et d’avidité crypto est passé d’un niveau de « peur extrême » à simplement « peur », suggérant une stabilisation progressive de la confiance, même si la liquidité demeure limitée.

À court terme, les observateurs surveillent la capacité du bitcoin à se maintenir durablement au-dessus de 90 000 $, alors que les volumes devraient rester faibles jusqu’au début de janvier. À plus long terme, certains investisseurs estiment que les cryptomonnaies paraissent sous-évaluées par rapport aux actions américaines ou aux métaux précieux. Les regards se tournent déjà vers de possibles catalyseurs futurs, comme un retour des flux vers les FNB, des avancées réglementaires et l’orientation de la politique monétaire américaine, qui pourraient raviver une phase d’adoption institutionnelle.

Les données récentes de Glassnode montrent que la phase de stabilisation du bitcoin autour de 80 000 $ a surtout profité aux grands détenteurs, communément appelés « whales ». Depuis le creux observé à la fin novembre, ces acteurs majeurs du réseau ont été les principaux acheteurs, tandis que le prix s’est progressivement rapproché de la zone des 90 000 $. Leur comportement contraste nettement avec celui des investisseurs de plus petite taille.

Parmi les différentes catégories de portefeuilles, le groupe détenant entre 1 000 et 10 000 bitcoins se distingue clairement. Il affiche un score d’accumulation très élevé, proche du maximum, ce qui indique des achats soutenus et continus sur les dernières semaines. Cette mesure, qui analyse les flux nets sur une période d’environ deux semaines, suggère que ces acteurs considèrent la zone des 80 000 $ comme un niveau attractif, rarement revisité sur une période prolongée.

À l’inverse, les détenteurs de moins de 1 000 bitcoins montrent des signes marqués de distribution. Leur comportement s’inscrit dans un climat psychologique dégradé, alors que l’indice de peur et d’avidité du marché crypto est resté durablement en territoire de « peur » ou de « peur extrême ». Cette pression vendeuse est interprétée comme une forme de capitulation, typique des phases d’incertitude prolongée.

Enfin, les portefeuilles détenant plus de 10 000 bitcoins avaient eux aussi acheté de manière agressive lors du passage du bitcoin sous les 80 000 $ à la fin novembre. Bien que leur rythme d’achats se soit atténué depuis, ils ne sont pas encore passés en mode vendeur. Cette attitude tranche avec celle observée lors des sommets précédents, notamment autour des 100 000 $, où la distribution par ces grands acteurs était nettement plus prononcée.

À l’approche de 2026, Grayscale estime que l’évolution des marchés crypto dépendra avant tout de l’environnement réglementaire, bien davantage que des inquiétudes liées à l’informatique quantique. Selon le gestionnaire d’actifs, l’enjeu central pour les investisseurs concerne la capacité des États-Unis à mettre en place un cadre juridique clair et cohérent pour les actifs numériques, un chantier qui pourrait aboutir dès l’an prochain.

Les analystes de Grayscale anticipent l’adoption d’une loi américaine sur la structure des marchés crypto bénéficiant d’un appui bipartisan. Même si certains points techniques restent à négocier, l’orientation générale serait déjà tracée : rapprocher les règles applicables aux cryptomonnaies de celles des marchés financiers traditionnels, avec des exigences de transparence, des définitions plus précises des actifs numériques et des balises pour encadrer les acteurs internes. Une telle clarification pourrait lever de nombreux freins à l’entrée des institutions.

Un cadre réglementaire harmonisé, aux États-Unis et potentiellement dans d’autres grandes juridictions, favoriserait selon Grayscale une adoption plus large par les institutions financières. Celles-ci seraient alors plus enclines à détenir des actifs numériques et à utiliser directement les blockchains pour certaines opérations. Ce mouvement marquerait le début d’une phase plus institutionnelle du secteur, avec une activité on-chain soutenue par une plus grande certitude juridique.

La part des fonds protégés par les mécanismes de confidentialité de Zcash s’est maintenue autour de 23 %, après une forte progression depuis le début de 2025 où elle se situait près de 8 %. Même si l’engouement spéculatif autour du jeton ZEC s’est atténué, les indicateurs liés à l’utilisation des transactions protégées montrent une stabilité notable. Cela suggère que les utilisateurs ayant adopté ces fonctionnalités de confidentialité continuent de les utiliser, plutôt que de les abandonner une fois l’effet de nouveauté passé. Cette phase de consolidation fait suite à une période de croissance rapide, durant laquelle les enjeux de confidentialité ont occupé une place centrale dans les discussions au sein de l’écosystème crypto. Le maintien de niveaux élevés indique que l’intérêt pour la protection de la vie privée repose désormais sur des usages concrets, et non uniquement sur une dynamique de marché temporaire ou spéculative. À noter que le fonds Rivemont crypto a récemment pris une modeste position en ZEC.

Caroline Ellison, ancienne co-directrice générale d’Alameda Research, devrait être libérée de la garde fédérale le 21 janvier 2026. Condamnée à une peine de deux ans pour sa participation à l’effondrement de l’écosystème FTX, elle a déjà quitté la prison fédérale du Connecticut à l’automne 2025 pour être placée en régime de confinement communautaire, ce qui marque la dernière phase de sa détention.

Ellison avait plaidé coupable fin 2022 à plusieurs chefs d’accusation liés à des fraudes et à des conspirations ayant entraîné des pertes massives pour les clients de FTX. Sa collaboration étroite avec les autorités, notamment son témoignage clé contre Sam Bankman-Fried, a joué un rôle important dans la condamnation du fondateur de FTX, qui a écopé d’une peine de 25 ans de prison. Lors de sa sentence prononcée en septembre 2024, la justice a également ordonné à Ellison de renoncer à 11 milliards de dollars.

Sa libération anticipée, environ dix mois avant la fin théorique de sa peine, s’explique vraisemblablement par des crédits pour bonne conduite et par son aide jugée déterminante dans les enquêtes et les procédures de récupération d’actifs. Le responsable de la liquidation de FTX a d’ailleurs souligné que sa coopération avait permis de récupérer plusieurs centaines de millions de dollars au bénéfice des créanciers.

En parallèle, Ellison a accepté une interdiction de dix ans d’exercer des fonctions de direction ou d’administratrice au sein de sociétés cotées ou d’entreprises liées aux cryptomonnaies, et restera sous surveillance judiciaire après sa libération. De son côté, Sam Bankman-Fried poursuit ses démarches pour obtenir une grâce présidentielle tout en contestant sa condamnation, mais sa date de libération demeure fixée, à ce stade, à 2044.

Après une courte interruption, Strategy, la société de trésorerie bitcoin dirigée par Michael Saylor, a repris ses achats en acquérant 1 229 BTC pour un montant d’environ 109 millions de dollars. Cette opération, réalisée entre le 22 et le 28 décembre, marque le retour de la stratégie d’accumulation active de l’entreprise, financée cette fois encore par l’émission d’actions ordinaires via son programme de vente « at-the-market ». Le signal avait été discrètement donné par Saylor lui-même à travers un message évocateur suggérant un retour aux achats de bitcoin.

Grâce à cette transaction, les avoirs totaux de Strategy atteignent désormais près de 672 500 bitcoins, accumulés à un coût moyen avoisinant 75 000 $ par unité. À des niveaux de prix proches de 87 000 $, cette position représente une valeur de marché nettement supérieure au montant investi, générant un gain latent de plusieurs milliards de dollars. En parallèle, l’entreprise n’a procédé à aucune vente de ses différentes catégories d’actions privilégiées, conservant ainsi une marge de manœuvre financière importante pour de futures opérations.

La reprise des achats intervient après une phase de renforcement des liquidités en dollars américains, Strategy ayant porté sa réserve de trésorerie à plus de 2 milliards de dollars. Cette réserve est destinée à assurer le service de la dette et le versement de dividendes, et a été interprétée par certains analystes comme une mesure de prudence face à un possible cycle baissier prolongé du marché crypto. D’autres y voient au contraire un signe de solidité financière, renforçant la capacité de l’entreprise à traverser des périodes de forte volatilité.

Les détenteurs de bitcoin à long terme ont récemment modifié leur comportement, passant d’une phase de vente à une phase d’accumulation nette pour la première fois depuis l’été. Selon les données on-chain, ces acteurs — définis comme des entités conservant leurs bitcoins depuis au moins 155 jours — affichent désormais un solde positif sur 30 jours, avec environ 33 000 BTC ajoutés à leurs positions. Ce retournement contribue à réduire l’une des principales sources de pression vendeuse observées ces derniers mois.

Ce changement intervient après une période de ventes particulièrement intenses. Lors de la correction en cours, les détenteurs de long terme ont cédé plus d’un million de bitcoins, un volume inédit depuis 2019. Cette vague de distribution, survenue alors que le marché reculait de plus de 30 %, a constitué l’un des facteurs majeurs de la baisse, aux côtés des ventes forcées des mineurs confrontés à des conditions de rentabilité dégradées.

Le retour à l’accumulation s’explique en partie par l’arrivée à maturité d’acheteurs plus récents. Après environ six mois de détention, ces investisseurs basculent mécaniquement dans la catégorie des détenteurs de long terme, et leurs achats commencent désormais à dépasser les ventes. Ce phénomène suggère une stabilisation progressive de la base d’investisseurs, avec un noyau de détenteurs moins enclins à céder leurs actifs dans la phase actuelle.

À l’approche de 2026, plusieurs traders estiment que le recul récent du bitcoin pourrait masquer une configuration haussière plus large. Après avoir corrigé d’environ 30 % depuis son sommet historique atteint début octobre, le marché montre des signes techniques laissant entrevoir un possible rebond. Certains analystes évoquent notamment un scénario récurrent de « piège baissier » en fin d’année, où une cassure temporaire des supports déclenche des ventes avant un retournement marqué au début de l’année suivante.

Plusieurs facteurs soutiennent cette lecture optimiste. La pression vendeuse des détenteurs de long terme semble s’atténuer, tandis que les sorties des FNB Bitcoin au comptant ralentissent nettement. Sur le plan macroéconomique, les perspectives de détente monétaire et l’amélioration des conditions de liquidité pourraient prolonger le cycle haussier au-delà des schémas traditionnels. Dans ce contexte, certains observateurs considèrent que le cycle classique de quatre ans perd de sa pertinence, à mesure que l’adoption institutionnelle via les FNB et les trésoreries d’entreprise modifie la structure du marché.

Du côté de l’analyse graphique, le prix du bitcoin évolue actuellement au sein d’un triangle symétrique, une figure de consolidation souvent associée à un mouvement directionnel à venir. Une clôture franche au-dessus de la zone des 90 000 $ serait interprétée comme un signal de poursuite haussière, avec un objectif technique situé autour de 107 000 $, soit un potentiel de progression d’un peu plus de 20 % par rapport aux niveaux actuels.

Enfin, certaines institutions financières partagent cette vision constructive à moyen terme. Des prévisions évoquent des niveaux à six chiffres dans les douze prochains mois, soutenus principalement par un retour de la demande institutionnelle. Même si ces signaux ne garantissent pas un nouveau sommet à court terme, ils alimentent l’idée qu’un rebond significatif pourrait se mettre en place en début d’année, ouvrant la voie à un scénario haussier pour 2026.

Nos meilleurs vœux de santé, bonheur et prospérité à tous nos lecteurs à l’approche de la nouvelle année!

Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.

Les renseignements présentés le sont en date du 30 décembre 2025, à moins qu’une autre date ne soit mentionnée, et à titre d’information seulement. Ils proviennent de sources que nous jugeons fiables, mais non garanties. Il ne s’agit pas de conseils financiers, juridiques ou fiscaux. Les investissements Rivemont ne sont pas responsables des erreurs ou omissions relativement aux renseignements, ni des pertes ou dommages subis.