Le bitcoin évolue sous le seuil des 90 000 $ dans un contexte de fin d’année marqué par une liquidité réduite et une attitude prudente des investisseurs. Après une tentative avortée de reprise en début de semaine, le marché s’est de nouveau replié, entraînant avec lui les principales cryptomonnaies. Cette incapacité à prolonger les rebonds alimente un climat défensif, où les corrections restent limitées mais récurrentes, tandis que la capitalisation totale du marché recule autour de 3 000 milliards de dollars.
Les flux financiers confirment cette nervosité. Les FNB Bitcoin au comptant aux États-Unis ont enregistré des sorties nettes, signe d’un désengagement temporaire, alors que certains produits liés à Ethereum, Solana et XRP ont continué d’attirer des capitaux. Cette divergence illustre un repositionnement sélectif plutôt qu’un retour franc de l’appétit pour le risque, dans un environnement où les investisseurs semblent hésiter à renforcer leurs positions sur le bitcoin à court terme.
L’événement central de la semaine reste l’échéance exceptionnelle des options de fin décembre, dont l’ampleur pourrait accentuer la volatilité. Des centaines de milliers de contrats arrivent à maturité, concentrés autour de niveaux de prix clés, ce qui accroît la sensibilité du marché aux mouvements brusques. Bien que les indicateurs de volatilité restent contenus, la baisse de la profondeur de marché et le débouclage de positions à effet de levier augmentent le risque de mouvements rapides, à la hausse comme à la baisse.
En toile de fond, la hausse marquée de l’or contraste avec la difficulté du bitcoin à trouver une direction claire, soulignant un regain d’intérêt pour les valeurs refuges à l’approche de la fin d’année. Les incertitudes politiques et monétaires renforcent cette posture prudente, même si les analystes rappellent que les mouvements observés durant la semaine de Noël ont souvent tendance à s’estomper avec le retour de la liquidité en janvier. Pour l’instant, le bitcoin se dirige vers l’un de ses trimestres de fin d’année les plus faibles depuis plusieurs années, reflet d’un marché en attente de nouveaux catalyseurs.
Sur le plan technique, Bitcoin évolue dans une fourchette étroite et demeure nettement en retrait par rapport à ses sommets de 2025. Sa performance annuelle reste négative et les tentatives de rattrapage apparaissent peu convaincantes dans un contexte où l’optimisme du début d’année a laissé place à la déception. Les données saisonnières confirment cette faiblesse : le quatrième trimestre en cours figure parmi les plus mauvais depuis plusieurs années, hors périodes de marché baissier marqué. Un facteur saisonnier bien connu des marchés boursiers pourrait toutefois offrir un certain soutien. Historiquement, la dernière semaine de décembre et les premiers jours de janvier sont souvent marqués par une progression des actions américaines, un phénomène communément appelé « rallye du Père Noël ». Une répétition de ce schéma pourrait améliorer le climat de marché et, indirectement, bénéficier au bitcoin.
Les statistiques de long terme montrent que le S&P 500 a fréquemment progressé durant cette période festive, avec une majorité d’années positives et une remarquable constance sur plusieurs décennies. Après deux fins d’année décevantes consécutives, les probabilités penchent en faveur d’un rebond boursier à l’approche du nouvel an. Cette dynamique prend une importance accrue pour le bitcoin, dont l’évolution est de plus en plus corrélée aux marchés actions en raison de l’arrivée massive d’investisseurs institutionnels via les FNB.
L’historique de Bitcoin sur cette période est toutefois contrasté. Certaines années ont été marquées par de fortes hausses de fin d’année, tandis que d’autres ont connu des replis notables. En moyenne, la performance reste positive, mais elle varie fortement selon le contexte macroéconomique et la structure du marché à chaque époque. Cette incertitude explique pourquoi un éventuel rebond saisonnier demeure davantage un espoir qu’une certitude.
Les autorités américaines des marchés financiers ont proposé des accords de règlement visant plusieurs anciens hauts responsables de FTX et d’Alameda Research, tous proches de Sam Bankman-Fried. Ces ententes, soumises à un tribunal fédéral de New York, font suite à leur rôle clé dans l’enquête et au témoignage qu’ils ont livré contre l’ancien dirigeant de la plateforme, aujourd’hui condamné pénalement.
Sans reconnaître officiellement les accusations, les anciens cadres concernés acceptent de se conformer à de strictes limitations pour l’avenir. Celles-ci incluent l’interdiction de récidiver en matière d’infractions aux lois sur les valeurs mobilières, des restrictions sur certaines activités financières et, surtout, l’exclusion temporaire de postes de direction ou d’administrateur au sein d’entreprises cotées en bourse. La durée de ces interdictions varie selon les individus, pouvant aller jusqu’à une décennie.
Caroline Ellison, ex-dirigeante d’Alameda Research, se voit imposer la sanction la plus lourde sur le plan professionnel, avec une interdiction de dix ans d’occuper des fonctions de direction dans des sociétés publiques. Les autres anciens cadres, dont Gary Wang et Nishad Singh, sont soumis à des mesures similaires, mais sur une période plus courte. Leur coopération étroite avec les autorités leur a permis d’éviter de lourdes peines de prison, les juges ayant salué leur contribution à la résolution du dossier et au processus de faillite.
Ces règlements s’inscrivent dans le vaste démantèlement judiciaire du groupe FTX, après la condamnation de Sam Bankman-Fried à 25 ans d’emprisonnement pour le détournement massif de fonds de clients. Malgré l’issue des procès et la reconnaissance des faits par plusieurs anciens collaborateurs, l’ex-PDG continue de contester le verdict et soutient que l’entreprise n’était pas insolvable, une position qui reste largement rejetée par les autorités et les tribunaux.
À l’approche des fêtes, Strategy a marqué une pause temporaire dans son programme d’accumulation de bitcoin. Après deux semaines de rachats massifs, la société a choisi de renforcer sa réserve en liquidités, en y ajoutant près de 750 millions de dollars. Cette décision porte son coussin de trésorerie à un peu plus de 2,1 milliards de dollars, tandis que son stock de bitcoins demeure inchangé, à un niveau record de plus de 670 000 unités.
Cette réserve en dollars, mise en place plus tôt en décembre, s’inscrit dans une nouvelle structure financière visant à concilier détention de bitcoin et flexibilité opérationnelle. Elle doit notamment soutenir le versement futur de dividendes et offrir une marge de manœuvre en période de volatilité. Malgré ce recentrage ponctuel sur le cash, la stratégie de long terme reste clairement orientée vers le bitcoin, que l’entreprise continue de considérer comme l’actif central de son bilan et de sa politique de financement.
En parallèle, Strategy est engagée dans un bras de fer avec MSCI concernant les règles de composition des grands indices boursiers. Le groupe conteste un projet visant à exclure les sociétés dont les actifs numériques dépassent la moitié du bilan, estimant qu’une telle approche introduirait une instabilité excessive dans les indices. Bien que ce débat soit toujours en cours, l’entreprise a conservé sa place au sein du Nasdaq 100, en attendant une décision finale attendue à la mi-janvier.
Plus largement, le secteur des entreprises détenant du bitcoin en trésorerie continue de s’élargir, avec près de 200 sociétés cotées désormais exposées à l’actif. Toutefois, malgré l’accumulation observée en 2025, la performance boursière de ces acteurs reste sous pression. Strategy n’échappe pas à cette tendance, son action affichant un recul marqué sur l’année, illustrant le décalage persistant entre la relative stabilité du bitcoin et la valorisation des sociétés fortement dépendantes de celui-ci.
Arthur Hayes, cofondateur de BitMEX, anticipe une trajectoire spectaculaire pour le bitcoin au début de l’an prochain. Selon lui, la cryptomonnaie pourrait s’envoler jusqu’à 200 000 dollars d’ici mars, avant de corriger et de se stabiliser à un niveau durablement supérieur à 124 000 dollars. D’ici la fin de l’année en cours, il s’attend toutefois à une phase de consolidation, avec un bitcoin évoluant dans une large fourchette comprise entre 80 000 et 100 000 dollars.
Le principal moteur de ce scénario serait un changement récent dans la politique monétaire américaine. Hayes met en avant les « Reserve Management Purchases » (RMP), un nouvel outil évoqué par la Réserve fédérale, qu’il assimile à une forme indirecte d’assouplissement quantitatif. À ses yeux, ce mécanisme revient à injecter des liquidités dans le système financier, un environnement historiquement favorable aux actifs rares comme le bitcoin, l’or et certaines valeurs minières.
Dans cette logique, Hayes estime que les marchés finiront par interpréter le RMP comme une relance monétaire déguisée, déclenchant une forte réévaluation des actifs risqués dès le début de l’année. Il prévoit que l’enthousiasme culminera vers mars, moment où les attentes autour de l’effet de ces politiques seraient à leur maximum. Une fois ce pic atteint, le bitcoin reculerait pour former un plancher plus élevé, reflétant une adoption soutenue et une confiance renforcée dans son rôle de réserve de valeur face aux monnaies traditionnelles.
Selon un nouveau modèle de valorisation élaboré par des analystes de CF Benchmarks, le bitcoin pourrait atteindre environ 1,4 million de dollars par unité d’ici 2035 dans un scénario central. Cette projection impliquerait une progression de plus de quinze fois par rapport aux niveaux actuels. Le modèle envisage également deux trajectoires alternatives : une hypothèse prudente autour de 637 000 $, et un scénario très optimiste frôlant les 3 millions de dollars par bitcoin.
Ces estimations reposent sur l’idée que le bitcoin capterait une part croissante du rôle traditionnellement occupé par l’or comme réserve de valeur. Dans le scénario de base, il représenterait environ un tiers de la capitalisation du métal jaune, tout en offrant un rendement annualisé élevé sur le long terme. Les auteurs soulignent qu’une participation institutionnelle accrue, une meilleure liquidité et un cadre réglementaire plus clair pourraient réduire progressivement la volatilité et renforcer l’attrait du bitcoin dans les portefeuilles diversifiés.
Dans l’hypothèse la plus favorable, le bitcoin deviendrait un actif de référence à l’échelle mondiale, soutenu non seulement par les investisseurs institutionnels, mais aussi par une adoption étatique. À l’inverse, le scénario défavorable suppose une croissance plus modérée, alignée sur sa tendance historique, limitant sa part du marché de la valeur refuge. Même dans ce cas, la valorisation resterait néanmoins très supérieure aux prix actuels.
Ces projections ambitieuses s’inscrivent dans une lignée de prévisions similaires formulées par plusieurs figures influentes du secteur, qui voient le bitcoin atteindre des niveaux à sept chiffres au cours de la prochaine décennie. Pour l’instant, toutefois, l’actif reste loin de ces objectifs : il se négocie bien en deçà de son sommet récent, illustrant l’écart important entre les perspectives de long terme et la réalité des fluctuations à court terme.
Joyeux Noël à tous nos lecteurs!
Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.
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