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Bulletin crypto – semaine 411

Le Bitcoin a chuté sous les 104 000 $, entraînant plus de 1,3 milliard $ de liquidations, dont la majorité provenait de positions longues à effet de levier. Cette baisse survient dans un contexte marqué par les sorties continues des FNB Bitcoin, la vente d’anciens détenteurs et une aversion croissante au risque sur les marchés mondiaux. Les analystes estiment que le marché reste dans une phase de fragilité : tant que le prix ne parvient pas à se stabiliser au-delà de certaines zones clés, le manque de confiance et la pression temporelle risquent d’alourdir le fardeau des acheteurs.

La tendance négative s’est étendue à l’ensemble des cryptomonnaies : Ethereum a perdu environ 6 %, Binance Coin 8 %, et Solana près de 10 %, ramenant la capitalisation totale du marché à environ 3,6 billions $. Les FNB Bitcoin au comptant ont enregistré quatre journées consécutives de sorties nettes, tandis que les FNB Ethereum ont subi des retraits similaires. Seule Solana a attiré des entrées de capitaux, signe d’un intérêt spéculatif résiduel pour les actifs plus volatils malgré le repli général.

L’indice de peur et de cupidité des cryptos a chuté à 21, illustrant la nervosité des investisseurs. Depuis le krach du 10 octobre, la combinaison d’un climat macroéconomique incertain, du blocage du gouvernement américain et d’une liquidité mondiale réduite a poussé les traders à réduire leur exposition au risque. Certains observateurs notent toutefois que le lancement réussi du FNB Solana pourrait redonner un peu d’élan si la situation budgétaire américaine se normalise et que la confiance revient.

Sur le plan technique, les données en chaîne et les marchés dérivés confirment une diminution de la profondeur et des volumes, ce qui accentue la volatilité. À court terme, nous observons la moyenne mobile sur 50 semaines – autour de 102 500 $ – qui a soutenu le marché haussier des dernières années.

Historiquement, le bitcoin nous a montré que c’est lorsque la confiance en les marchés est basse que se sont dessinés les meilleures occasions d’achat. Nous demeurons confiant que le seul psychologique des 100 000 $ non seulement tiendra, mais permettra conséquemment un renversement de tendance. Avec les marchés boursiers américains et ceux de l’or encore en tendance haussière, cela apparaît à tout le moins vraisemblable.

La crise actuelle trouve aussi son origine dans le secteur DeFi, où plusieurs protocoles ont subi des pertes importantes. Stream Finance a révélé avoir perdu 93 millions $ d’actifs, portant le total de la dette douteuse dans la DeFi à près de 284 millions $. Cet incident a ravivé les peurs de contagion : plusieurs stablecoins et coffres-forts automatisés ont été contraints à des remboursements forcés, accentuant la pression sur l’ensemble du marché. Ces événements surviennent après une série d’incidents récents — dont un piratage de 128 millions $ sur Balancer — qui avaient déjà affaibli la confiance des investisseurs.

Les craintes internes au marché s’ajoutent à des vents contraires d’ordre macroéconomique : données décevantes sur l’emploi aux États-Unis, ton plus ferme de la Réserve fédérale, et incertitude entourant la fermeture partielle du gouvernement américain. Cette combinaison de facteurs a provoqué une vague de liquidation à travers tous les actifs à risque, cryptos inclus. Les analystes soulignent que les marchés obligataires, eux aussi instables, alimentent cette nervosité générale.

Malgré cette phase de stress, certains observateurs voient un potentiel de stabilisation. Selon eux, le “nettoyage” actuel du levier financier pourrait assainir le marché et poser les bases d’une reprise plus durable une fois la contagion DeFi maîtrisée et les conditions macroéconomiques clarifiées. Si la volatilité reste élevée à court terme, ce processus de purge pourrait finalement permettre une nouvelle phase d’accumulation plus saine et mieux soutenue.

Selon Rachel Lin, directrice générale de SynFutures, cette correction correspond à un « redémarrage de cycle » plutôt qu’à une fin de tendance. Elle estime que le mois d’octobre pourrait servir de tremplin à une reprise haussière, comme cela s’est souvent produit par le passé. D’un point de vue historique, novembre s’avère l’un des mois les plus performants pour le Bitcoin, avec un rendement moyen de 42 % sur les douze dernières années.

Les perspectives pour la fin d’année demeurent globalement positives : si le scénario post-halving classique se maintient, le Bitcoin pourrait se diriger vers une fourchette de 120 000 $ à 150 000 $ d’ici la fin de 2025. Les flux entrants dans les FNB et la solidité de la demande structurelle en chaîne soutiennent cette vision optimiste. Les analystes s’attendent à une phase de stabilisation début novembre, suivie d’un regain d’élan haussier dès que le ton de la Fed deviendra plus conciliant.

Les nouveaux FNB au comptant sur Solana ont connu un lancement spectaculaire aux États-Unis, attirant environ 200 millions $ d’entrées nettes dès leur première semaine de cotation. Le produit de Bitwise, BSOL, s’est imposé comme la vedette, avec près de 420 millions $ de flux totaux (y compris le capital de départ), soit beaucoup plus que tous les autres FNB crypto combinés sur la même période. En seulement quelques jours, BSOL est devenu l’un des fonds les plus performants de la semaine à la Bourse de New York. Grayscale, de son côté, a lancé GSOL un jour plus tard : malgré des entrées plus modestes d’environ 2 millions $, le fonds détient déjà plus de 100 millions $ d’actifs nets grâce à son capital initial.

Ces deux fonds se distinguent aussi par leur mécanisme de staking : ils mettent en jeu leurs jetons Solana afin de générer des rendements supplémentaires. Grayscale prévoit de redistribuer 77 % des récompenses nettes de staking à ses investisseurs, tandis que Bitwise applique une approche similaire avec des frais de gestion plus bas (0,2 % contre 0,35 % pour GSOL). Le succès rapide de ces produits témoigne d’un fort appétit institutionnel pour Solana, déjà soutenu par un autre FNB concurrent, SSK de REX-Osprey, qui gère environ 400 millions $ d’actifs depuis son lancement en juillet.

En parallèle, les FNB au comptant sur Bitcoin et Ethereum ont également affiché un mois d’octobre solide. Les fonds Bitcoin ont enregistré 3,61 milliards $ d’entrées, légèrement au-dessus de septembre, tout en atteignant un record de 133,45 milliards $ de volume mensuel, soit une hausse de 83 %. Ethereum a connu son deuxième meilleur mois en volume, avec 55,25 milliards $ d’échanges et 668 millions $ d’afflux nets, portant la valeur totale détenue par ces fonds à plus de 25 milliards $, soit environ 5 % de l’offre mondiale d’ETH.

Dans l’ensemble, ces chiffres confirment l’essor des produits institutionnels liés aux cryptomonnaies. Alors que Bitcoin et Ethereum consolident leur domination, Solana s’impose désormais comme la nouvelle vedette des FNB émergents, attirant des capitaux considérables dès sa première semaine. Cette dynamique souligne un intérêt croissant pour les actifs offrant à la fois rendement de staking et exposition directe à la blockchain, dans un marché de plus en plus structuré autour des produits financiers réglementés.

Le volume mensuel des transactions en stablecoins sur Ethereum a atteint un nouveau record historique de 2,82 billions $ en octobre, en hausse de 45 % par rapport à septembre. Cette envolée traduit un regain d’activité autour des actifs stables, alors même que le marché global des cryptomonnaies ralentissait après plusieurs mois d’euphorie. Les investisseurs, en quête de rendements stables dans un contexte de prise de profits généralisée, ont massivement réorienté leurs capitaux vers des instruments offrant des revenus passifs, comme le yield farming et les jetons de rendement liquide. Le USDC de Circle domine largement le marché, totalisant 1,62 billion $ de volume sur le mois, devant le USDT de Tether à 895 milliards $. Ces deux stablecoins voient leur utilisation croître nettement, tandis que le DAI de MakerDAO recule légèrement à 136 milliards $, bien en deçà de ses niveaux de mai dernier. Selon Min Jung, analyste chez Presto Research, l’engouement pour les stablecoins s’est renforcé après l’introduction en bourse de Circle et l’adoption du Genius Act, qui a consolidé la confiance dans ce segment.

Cette activité accrue intervient alors que Bitcoin et Ethereum ont reculé respectivement de 11,5 % et 16,4 % en octobre. Pour Vincent Liu, directeur des investissements chez Kronos Research, cette hausse des volumes reflète une gestion stratégique de la liquidité : les traders conservent leurs gains dans des stablecoins afin de se repositionner plus tard, tout en profitant de rendements liés au staking ou aux dépôts sur protocoles DeFi. Les stablecoins agissent ainsi comme une couverture temporaire contre la volatilité tout en générant des revenus. Enfin, les émetteurs de stablecoins — principalement Tether et Circle — sont devenus les plus grands générateurs de revenus de tout l’écosystème crypto. En octobre, ils ont capté entre 65 % et 70 % des revenus quotidiens du secteur, dépassant les plateformes de prêts, les bourses décentralisées et les projets d’infrastructure. Cette domination repose sur leurs placements en obligations du Trésor américain, qui leur procurent des intérêts stables. Selon Nick Ruck, de LVRG Research, cette dynamique illustre la maturation du marché crypto, où les stablecoins sont de plus en plus utilisés pour des transactions réelles et transfrontalières, au-delà de la simple spéculation.

La Banque centrale européenne (BCE) a reçu pour mandat d’accélérer le développement du euro numérique, son projet de monnaie numérique de banque centrale (MNBC). Selon le calendrier actuel, un projet pilote serait lancé à la mi-2027, avec un déploiement complet prévu pour 2029, à condition que le Parlement européen adopte la législation nécessaire d’ici 2026. Christine Lagarde, présidente de la BCE, a confirmé que l’institution entrait dans la « phase finale » du projet, soulignant que cette initiative vise à numériser la monnaie fiduciaire tout en renforçant la souveraineté monétaire de la zone euro. Le digital euro se distinguera des stablecoins : il ne reposera pas sur une blockchain publique, mais sur une infrastructure contrôlée par la BCE, intégrant toutefois certains principes de sécurité et de traçabilité issus des technologies de registre distribué. L’objectif principal est de créer une forme électronique de l’euro, accessible à tous les citoyens européens, tout en conservant la confiance et la stabilité du système monétaire traditionnel. Le coût total du projet jusqu’à son lancement est estimé à 1,3 milliard d’euros, avec des dépenses annuelles d’exploitation d’environ 320 millions d’euros.

Cependant, le projet suscite une forte méfiance au sein de la communauté crypto. De nombreux partisans des actifs décentralisés craignent que les MNBC n’accroissent le contrôle des banques centrales sur les utilisateurs, en facilitant le gel de fonds et la surveillance des transactions. Ces inquiétudes contrastent avec le rôle croissant des stablecoins privés comme USDT et USDC, qui eux aussi peuvent bloquer certains portefeuilles en cas d’activités illicites. Sur le plan international, l’Europe s’inscrit dans une course mondiale aux MNBC : la Chine, l’Inde et la Russie testent déjà leurs versions, tandis que le Nigeria a lancé son eNaira en 2021. Les États-Unis, à l’inverse, ont interdit tout projet de MNBC fédérale sous la présidence Trump, préférant soutenir les stablecoins privés via le GENIUS Act et l’initiative World Liberty Financial. Cette divergence de stratégie a renforcé la domination du dollar numérique sur les marchés, les stablecoins libellés en USD représentant désormais plus de 300 milliards $ de capitalisation, tandis que les initiatives en euros peinent encore à s’imposer face à une régulation européenne jugée plus restrictive.

L’entreprise Strategy (anciennement MicroStrategy) a profité de la récente baisse du Bitcoin pour renforcer une nouvelle fois ses réserves. Elle a acquis 397 BTC pour environ 45,6 millions $, à un prix moyen de 114 771 $ l’unité. Bien que ce soit l’un de ses achats les plus modestes de l’année, cette opération s’inscrit dans la continuité de sa stratégie d’accumulation à long terme. Au total, la société détient désormais 641 205 bitcoins, d’une valeur estimée à 69,1 milliards $, consolidant ainsi sa position de plus grand détenteur institutionnel de Bitcoin au monde. Depuis son virage vers le Bitcoin en août 2020, Strategy a investi environ 47,4 milliards $ dans la cryptomonnaie, initialement pour se protéger contre l’inflation et offrir un meilleur rendement à ses actionnaires. Son pari s’est avéré payant sur le long terme : le titre a grimpé de plus de 1 700 % depuis les premiers achats. Le modèle de Strategy a d’ailleurs inspiré d’autres entreprises, qui ont à leur tour intégré des cryptomonnaies comme le Bitcoin ou l’Ethereum à leurs bilans afin de dynamiser leur valeur boursière.

Pour finaliser, malgré un climat de panique à court terme et une dynamique baissière renforcée, certains observateurs voient dans cette correction une phase de purge saine. Si le Bitcoin parvient à stabiliser sa trajectoire autour de la moyenne mobile exponentielle sur 50 semaines — située près de 102 000 $ — il pourrait retrouver une base solide pour une reprise ultérieure. En attendant, la prudence domine, et les marchés scrutent avec attention la zone clé des 100 000 $, dont la perte confirmerait un changement temporaire de tendance.

Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.

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