Le marché des cryptomonnaies a retrouvé des couleurs en fin septembre, avec une capitalisation totale qui remonte autour de 3,9 billions de dollars. Le Bitcoin a progressé de 3,5 %, repassant au-dessus des 114 000 $ hier, tandis que Solana a consolidé à plus de 113 milliards de capitalisation. Près de 95 % des principales cryptos affichent des gains, signe d’un souffle nouveau après une semaine difficile marquée par de fortes pressions à la baisse. Cette reprise a été soutenue par un regain d’intérêt institutionnel et par des conditions macroéconomiques plus favorables.
La tendance crypto s’aligne également sur les marchés traditionnels, qui poursuivent leur redressement. Le S&P 500 et le Nasdaq 100 ont progressé, tirés notamment par des valeurs technologiques comme Nvidia ou Microsoft. En parallèle, l’or a atteint un sommet historique autour de 3 850 $ l’once, reflétant une forte demande pour les valeurs refuges malgré la reprise des actifs plus risqués. Du côté monétaire, la Fed a abaissé son taux directeur de 25 points de base, mais Jerome Powell a insisté sur l’incertitude persistante concernant l’inflation, tempérant les espoirs d’un cycle accommodant durable.
Sur le plan technique, le Bitcoin montre une reprise modérée, mais sans véritable tendance tranchée. L’indice RSI se situe à 52, une zone neutre qui traduit l’absence de domination claire des acheteurs ou des vendeurs. L’ADX, indicateur de force de tendance, reste à 18, soulignant un marché sans direction ferme, où le BTC oscille latéralement. Seule l’évolution des moyennes mobiles exponentielles (EMA) apporte un signal encore positif, le 50 jours se tenant au-dessus du 200 jours. Cependant, l’écart se réduit, laissant craindre la formation d’un “death cross”, généralement interprété comme un signe baissier.
L’éventualité d’une fermeture du gouvernement américain plane à la fin septembre et pourrait retarder la publication du rapport mensuel sur l’emploi, un indicateur essentiel pour les investisseurs afin d’anticiper les décisions de la Réserve fédérale en matière de taux. Une telle situation risquerait d’accroître la volatilité sur les marchés. Les analystes estiment que l’absence de données économiques fiables pourrait fragiliser les actifs risqués à court terme, tout en créant un environnement propice à des mouvements brusques de type « chute puis rebond ». L’histoire montre que l’impact d’un shutdown n’est pas uniforme. En octobre 2013, lors d’une fermeture de 16 jours, le Bitcoin avait progressé de 14 %, profitant d’un marché haussier déjà bien engagé. À l’inverse, durant la fermeture record de 35 jours entre décembre 2018 et janvier 2019, la cryptomonnaie avait perdu 6 %, dans un contexte marqué par un marché baissier et un recul de la demande. Cette différence souligne que la conjoncture générale du marché est déterminante pour mesurer l’effet réel d’un blocage gouvernemental sur le prix du BTC.
Aujourd’hui, certains estiment que la configuration ressemble davantage à celle de 2013 qu’à celle de 2018. Selon Cryptoquant, la demande pour le Bitcoin reste soutenue alors que le quatrième trimestre approche, une période souvent favorable à la performance de l’actif. Toutefois, les marchés de prédiction traduisent une certaine prudence : près de 75 % des utilisateurs doutent désormais que la Fed procède à deux baisses de taux en 2025, alors qu’ils n’étaient que 40 % au début du mois à partager cette opinion.
En résumé, si un shutdown devait se matérialiser, son effet sur le Bitcoin dépendra largement du contexte global et de la psychologie des investisseurs. À court terme, l’incertitude et le manque de données officielles pourraient provoquer une forte instabilité, mais sur le moyen terme, la tendance reste influencée par la progression de la demande et par la perspective d’une politique monétaire plus souple.
Selon l’analyste Eric Balchunas de Bloomberg, l’approbation d’un FNB Solana par la SEC semble désormais inévitable. Ce revirement est lié à l’adoption récente par l’organisme de régulation de nouvelles règles de « listing générique » qui rendent caducs les délais de traitement liés aux dépôts 19b-4. Désormais, le processus repose surtout sur les enregistrements S-1, et Solana vient tout juste de déposer sa quatrième version amendée, ce qui laisse penser qu’un feu vert officiel pourrait tomber à tout moment. L’arrivée potentielle d’un FNB Solana pourrait créer une vague d’achats spéculatifs avant l’annonce officielle, suivie d’une correction rapide une fois le produit lancé, un scénario déjà observé lors du lancement des FNB Bitcoin et Ethereum. Ces derniers offrent un point de comparaison intéressant : les FNB Bitcoin au comptant ont attiré plus de 12 milliards de dollars de flux en dix semaines, alors que les FNB Ethereum ont d’abord enregistré des sorties de capitaux avant de se stabiliser et d’atteindre environ 3,5 milliards d’entrées en trois mois.
SWIFT, le réseau qui relie plus de 11 500 institutions financières dans le monde, a annoncé un partenariat stratégique avec Consensys et une trentaine de grandes banques internationales – parmi lesquelles Bank of America, Citi, Deutsche Bank, JP Morgan et Wells Fargo – afin de développer un prototype basé sur la blockchain. Ce projet vise à tester un système de paiements transfrontaliers en temps réel, fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, grâce à un registre sécurisé et à l’utilisation de contrats intelligents pour l’enregistrement et la validation des transactions. Le prototype, dont les détails techniques restent à préciser, pourrait reposer soit directement sur Ethereum, soit sur Linea, une solution de seconde couche incubée par Consensys. L’enjeu est considérable : si une part, même minime, du volume quotidien de SWIFT venait à être traitée “on-chain”, l’impact sur l’écosystème Ethereum serait immense. Pour donner une idée, SWIFT traite chaque jour environ 53 millions de messages financiers représentant une valeur nette de 7,5 billions de dollars, alors que l’Ethereum mainnet ne gère qu’environ 1,4 million de transactions quotidiennes. Consensys souligne que cette initiative marque une étape importante dans la convergence entre la finance traditionnelle et la finance décentralisée. L’intégration potentielle de volumes financiers d’une telle ampleur pourrait transformer l’échelle et l’utilisation des réseaux blockchain. Même un transfert de 6 % des opérations de SWIFT vers Ethereum doublerait le nombre de transactions du réseau. Pour Linea, l’effet serait encore plus spectaculaire : seulement 0,5 % du volume de SWIFT suffirait à multiplier par deux son activité.
Selon Matt Hougan, directeur des investissements chez Bitwise, la trajectoire de Tether pourrait un jour le hisser au rang d’entreprise la plus rentable de l’histoire, dépassant même Saudi Aramco. Dans une note adressée à ses clients, il souligne que l’idée d’une valorisation de 500 milliards de dollars pour l’émetteur du stablecoin USDT, bien que surprenante au premier abord, devient plus cohérente lorsqu’on la compare à l’énorme marché monétaire mondial que l’entreprise est en train de pénétrer. Avec plus de 400 millions d’utilisateurs revendiqués et une croissance de 35 millions de portefeuilles par trimestre, Tether est devenu un acteur incontournable, notamment dans les pays émergents, tout en consolidant le rôle international du dollar américain.
L’entreprise détient déjà plus de 127 milliards de dollars en bons du Trésor américain, la plaçant au même rang que des puissances économiques comme l’Allemagne ou les Émirats arabes unis. Hougan estime que si une part significative des économies émergentes basculait vers une utilisation massive de l’USDT, Tether pourrait gérer plusieurs trillions d’actifs. À titre d’exemple, un portefeuille de 3 000 milliards de dollars lui permettrait de dégager plus de bénéfices que les 120 milliards réalisés par Aramco en 2024. Avec une équipe de moins de 200 personnes, Tether a déjà engrangé environ 13 milliards de dollars de profits en 2024 et diversifie ses investissements dans des secteurs tels que l’IA, l’énergie, les télécommunications ou encore le minage de Bitcoin.
Strategy, anciennement MicroStrategy, poursuit sa stratégie agressive d’accumulation de bitcoins. Entre le 22 et le 28 septembre, l’entreprise a acheté 196 BTC supplémentaires pour environ 22,1 millions de dollars, à un prix moyen de 113 048 $ par unité. Avec cette opération, ses réserves atteignent désormais 640 031 BTC, valorisés près de 71,8 milliards de dollars, alors que son coût total d’acquisition s’élève à 47,4 milliards. Cela représente plus de 3 % de l’offre totale prévue de Bitcoin, générant une plus-value latente estimée à 24,4 milliards de dollars. Ces achats ont été financés par l’émission d’actions ordinaires (MSTR) et par plusieurs programmes d’actions privilégiées perpétuelles (STRK, STRC, STRF et STRD), chacun ayant un profil de risque-rendement distinct. Ces instruments font partie du plan « 42/42 », qui vise à lever jusqu’à 84 milliards de dollars d’ici 2027 pour continuer à renforcer la trésorerie en bitcoin, un doublement de l’objectif initial. Michael Saylor, cofondateur et président exécutif, a de nouveau laissé entendre qu’un autre dépôt réglementaire suivrait bientôt, rappelant son mantra « Always ₿e Stacking ».
Le Bitcoin s’échangeait récemment autour de 113 500 $, soit environ 4 % au-dessus de son plancher local de 108 650 $. Plusieurs indicateurs suggèrent que ce niveau pourrait bien marquer la fin de la correction. L’un des signaux les plus surveillés est le « dormancy flow ajusté par entité », tombé sous le seuil de 250 000 — une zone historiquement considérée comme propice aux achats. Ce même indicateur avait déjà précédé des rebonds majeurs, comme en juillet 2021, avant que le BTC ne reparte vers ses sommets historiques.
Un autre élément favorable est l’évolution du NUPL (Net Unrealized Profit/Loss) des détenteurs de court terme. Passé en territoire négatif, il traduit une capitulation de ceux qui ont acheté récemment. Historiquement, ces phases de capitulation marquent des planchers locaux, car elles signifient que la majorité des vendeurs s’est déjà délestée de ses positions, laissant place à une reprise soutenue par les investisseurs de long terme. On avait observé un scénario similaire lors du creux d’avril, suivi d’une hausse de 65 %.
Les graphiques viennent renforcer cette lecture optimiste. Sur une période de 12 heures, un schéma en « V » s’est formé après la chute de 7,8 % sous les 109 000 $, avec un rebond rapide qui a ramené l’actif vers la zone actuelle. L’indice RSI est remonté de 27 (survente) à 53, signalant une dynamique acheteuse croissante. À plus grande échelle, la figure en double creux sur le graphique journalier projette une cible vers 118 000 $, voire 124 500 $ si cette résistance est franchie.
Certains analystes évoquent même un potentiel prolongement vers 140 000 $ si la barrière entre 112 000 $ et 114 000 $ est solidement dépassée. Dans un contexte post-halving, souvent propice aux cycles haussiers, la structure actuelle du marché laisse penser que le point bas a peut-être été atteint et qu’un nouveau mouvement ascendant est en préparation.
Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.
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