Passez à l'action

Bulletin crypto – semaine 405

Malgré une semaine de baisse sur le marché des cryptomonnaies, le mois de septembre, généralement baissier historiquement, demeure pour l’instant dans le vert pour la présente année. Le marché du Bitcoin reste en phase d’attente autour de 113 000 $, alors que les investisseurs scrutent à la fois les prochaines déclarations de Jerome Powell et la publication de l’indice PCE de base en fin de semaine. Après l’importante correction provoquée par l’effet de levier la semaine passée, les analystes estiment que les positions à terme se sont assainies et que la liquidité est revenue. Le seuil de 115 200 $ est désormais perçu comme un niveau charnière : au-dessus, une reprise vers les sommets historiques reste envisageable, mais en cas de cassure à la baisse, le risque d’un retour vers la zone 105 500–115 000 $ s’intensifie.

Les marchés dérivés témoignent d’une stabilisation progressive. Après plus de 1,7 milliard de dollars de liquidations lundi, le Bitcoin s’est replacé dans son couloir de 110 000–120 000 $, tandis que l’intérêt pour les options se concentre sur les appels d’octobre entre 120 000 et 125 000 $. Cette dynamique traduit l’importance des prochains catalyseurs macroéconomiques : les propos de Powell et l’évolution de l’inflation. En parallèle, l’open interest global a reculé, réduisant le risque de ventes forcées, ce qui contribue à calmer la volatilité immédiate.

Les flux institutionnels restent néanmoins partagés. Les FNB américains sur le Bitcoin ont enregistré plus de 360 millions de dollars de retraits nets lundi, et les produits liés à l’Ether ont également subi des sorties. Pourtant, certains indicateurs suggèrent un optimisme sous-jacent : les grandes adresses détenant entre 10 et 10 000 BTC ont accumulé environ 56 000 bitcoins depuis fin août, et les réserves en bourse ont diminué de plus de 30 000 BTC en un mois. Autrement dit, les grands détenteurs profitent du repli pour renforcer leurs positions, malgré les signaux prudents envoyés par Wall Street.

La difficulté de minage du Bitcoin vient de franchir un nouveau sommet historique, atteignant 142,3 trillions, ce qui représente une hausse de près de 30 % depuis le début de l’année. Concrètement, cela signifie que les mineurs doivent effectuer davantage de calculs pour valider chaque bloc, rendant l’activité plus exigeante en termes de puissance de calcul. Cette augmentation est le reflet d’un réseau en pleine expansion, qui s’ajuste automatiquement toutes les deux semaines environ pour maintenir un temps moyen de dix minutes par bloc. Cette progression est généralement considérée comme un signe de robustesse du réseau. Plus le hashrate et la difficulté augmentent, plus la sécurité de la blockchain se renforce, rendant toute tentative d’attaque, comme le tristement célèbre scénario du « 51 % », de plus en plus irréalisable. Des spécialistes soulignent que ce mécanisme d’ajustement fait partie des aspects les plus ingénieux du protocole, donnant au système une capacité d’autorégulation proche d’un organisme vivant.

Toutefois, cette complexité accrue ne touche pas tous les mineurs de la même manière. Les exploitants disposant d’une infrastructure performante et d’un accès à une énergie bon marché peuvent continuer à prospérer, tandis que les acteurs moins compétitifs risquent d’être évincés. L’augmentation du prix du Bitcoin joue ici un rôle crucial, puisqu’un cours élevé compense largement les coûts additionnels liés à l’électricité et aux équipements. Enfin, l’amélioration constante du matériel de minage permet d’atténuer l’impact énergétique de cette hausse de difficulté. Les nouvelles générations de machines offrent une meilleure efficacité énergétique, réduisant le coût par unité de calcul. Tant que le prix du Bitcoin demeure élevé, les grands mineurs devraient donc rester actifs, contribuant à la solidité et à la sécurité de l’écosystème, tout en maintenant la compétitivité du secteur.

Les développeurs d’Ethereum ont décidé d’accélérer leur calendrier en fixant au 3 décembre 2025 la mise en service du nouveau protocole « Fusaka », alors que son lancement n’était initialement prévu qu’en 2026. Cette mise à jour vise à soutenir la montée en puissance des rollups, ces solutions de regroupement de transactions qui réduisent les coûts, en augmentant progressivement l’espace de données temporaire appelé « blobs ». L’idée est de relever la capacité par étapes afin de limiter les risques techniques, plutôt que de procéder à un saut brutal. Les essais récents sur le réseau de test Fusaka Devnet-5 ont mis en lumière des erreurs de configuration et des bogues logiciels, réduisant le temps disponible pour évaluer correctement la capacité. Malgré cela, les développeurs ont convenu de relever les blobs à deux paliers : d’abord 10/15 par bloc, puis 14/21. Un nouveau testnet, Devnet-6, sera lancé pour vérifier ces chiffres avant l’activation sur les réseaux de test publics à l’automne, puis sur le réseau principal.

Cette approche progressive répond à une urgence claire : permettre aux rollups de gérer un plus grand volume de transactions à moindre coût, alors que l’utilisation du réseau ne cesse de croître. Les discussions techniques ont également révélé certaines difficultés du client Prysm, l’un des validateurs majeurs d’Ethereum, qui a eu du mal à maintenir la charge, entraînant la création de blocs « orphelins ». D’autres améliorations, notamment une version allégée de la bibliothèque ckzg pour la vérification des blobs, sont en préparation afin de faciliter l’intégration par les différentes équipes clientes. Fusaka s’inscrit dans la continuité de la mise à jour Pectra, déployée en mai dernier, qui avait déjà permis d’augmenter les capacités de données et d’améliorer l’expérience utilisateur. Si Pectra a marqué un tournant dans la feuille de route d’Ethereum, les experts rappelaient que les besoins en scalabilité allaient continuer de croître. Fusaka anticipe cette pression en introduisant plus tôt que prévu une hausse de la capacité des blobs, dans le but de préserver la fluidité et l’accessibilité des transactions sur le réseau.

Le fonds de recouvrement de FTX vient d’annoncer une nouvelle étape dans son plan de remboursement des créanciers. Le 30 septembre, une troisième vague de paiements sera effectuée pour un total de 1,6 milliard de dollars. Quatre catégories de créanciers recevront ces fonds, avec des remboursements variant entre 78 % et 120 % de la valeur de leurs avoirs bloqués lors de la faillite de la plateforme en novembre 2022. Les versements transiteront par les plateformes Bitgo, Kraken et Payoneer. Cette distribution s’inscrit dans la stratégie progressive de restitution mise en place depuis la faillite de l’échange en 2022. FTX, qui permettait à ses clients d’acheter, vendre et spéculer sur les cryptomonnaies, s’est effondré après une gestion frauduleuse orchestrée par son fondateur Sam Bankman-Fried et ses proches collaborateurs. La crise est née notamment du détournement des dépôts des clients pour financer les paris risqués de la société sœur Alameda Research. La chute de FTX a marqué l’un des plus grands scandales financiers de l’histoire récente, surpassant même, selon l’avocat John J. Ray III chargé de la restructuration, le retentissant dossier Enron du début des années 2000. L’effondrement de l’entreprise a englouti plusieurs milliards de dollars et laissé des centaines de milliers de victimes dans le monde.

La société japonaise Metaplanet a franchi une étape majeure dans sa stratégie Bitcoin en annonçant l’achat de 5 419 BTC pour un montant avoisinant 632,5 millions de dollars, à un prix moyen de 116 724 $ par unité. Grâce à cette opération, ses réserves atteignent désormais 25 555 BTC, évaluées à près de 2,91 milliards de dollars, et propulsent l’entreprise au cinquième rang mondial des détenteurs corporatifs de Bitcoin, derrière des acteurs comme Strategy ou Marathon Digital. Cet investissement, financé en grande partie par une levée de fonds internationale de 1,45 milliard de dollars, représente déjà 85 % de l’objectif fixé par Metaplanet pour la fin de 2025, soit 30 000 BTC. L’entreprise a également indiqué vouloir viser les 100 000 BTC d’ici 2026. Pour son président Simon Gerovich, cette stratégie constitue désormais un moteur de croissance à part entière, générant des revenus et bénéfices réguliers depuis que la gestion de trésorerie en Bitcoin est devenue une activité formelle de l’entreprise fin 2024. Metaplanet affiche d’ailleurs des rendements impressionnants liés à ses positions : 95,6 % au premier trimestre 2025, 129,4 % au deuxième, et déjà 10,3 % pour la période allant du 1er juillet au 22 septembre. La société a également créé récemment une filiale à Miami, Metaplanet Income Corp., dotée de 15 millions de dollars, afin de séparer les activités de produits dérivés de celles liées à sa trésorerie Bitcoin.

La société Strategy (anciennement MicroStrategy) poursuit son accumulation de Bitcoin avec l’achat de 850 BTC supplémentaires entre le 15 et le 21 septembre, pour près de 100 millions de dollars, à un prix moyen de 117 344 $ l’unité. Ses réserves totales atteignent désormais 639 835 BTC, soit environ 72 milliards de dollars au cours actuel. Acquis pour un coût global de 47,3 milliards (frais inclus), ces avoirs représentent plus de 3 % de l’offre maximale de Bitcoin, générant un gain latent estimé à 25 milliards de dollars. Ces acquisitions sont financées grâce à l’émission de titres, notamment des actions ordinaires de classe A (MSTR) et plusieurs séries d’actions privilégiées perpétuelles (STRK, STRC, STRF, STRD), chacune offrant des profils de rendement et de risque différents. Cette stratégie s’inscrit dans le cadre du plan « 42/42 » de la société, qui vise à lever 84 milliards de dollars d’ici 2027 afin de renforcer ses réserves en Bitcoin, un objectif révisé à la hausse par rapport au plan initial de 42 milliards.

Selon les analystes de Deutsche Bank, le parcours d’adoption du Bitcoin présente de fortes similitudes avec celui de l’or. Comme le métal précieux autrefois, la cryptomonnaie a longtemps suscité scepticisme et méfiance. Mais à mesure que son intégration progresse auprès des investisseurs institutionnels et que l’incertitude réglementaire se dissipe dans des marchés clés comme les États-Unis et le Royaume-Uni, sa volatilité tend à diminuer. En août, la volatilité sur 30 jours est d’ailleurs tombée à un niveau historiquement bas, malgré un prix record. Les chercheurs estiment que ce phénomène traduit une décorrélation progressive entre le prix du Bitcoin et son niveau de volatilité, signe que l’actif gagne en maturité et trouve peu à peu sa place dans les portefeuilles traditionnels. Pour eux, le Bitcoin entre dans une nouvelle phase où il n’est plus perçu uniquement comme un actif spéculatif, mais comme une réserve de valeur crédible, à l’instar de l’or au fil du temps. Deutsche Bank va plus loin en anticipant que d’ici 2030, or et Bitcoin pourraient coexister dans les bilans des banques centrales. Les économies émergentes, souvent confrontées à des pressions inflationnistes, auraient même un intérêt particulier à utiliser le Bitcoin comme actif de réserve complémentaire. La banque rappelle qu’elle avait déjà qualifié le Bitcoin « d’or du XXIe siècle », une thèse qu’elle confirme avec cette analyse.

Le mouvement de correction du Bitcoin vers la zone des 112 000 $ pourrait bien marquer un point bas local, d’après plusieurs indicateurs. Après avoir touché un creux à 111 571 $, la cryptomonnaie n’affiche qu’une baisse d’environ 10 % par rapport à son sommet historique de 124 500 $. Malgré cette volatilité, différents signaux suggèrent que ce niveau constitue davantage une phase d’accumulation qu’un début de tendance baissière durable. La demande reste particulièrement forte aux États-Unis, comme l’indique un Coinbase Premium Index positif, signe que les particuliers continuent d’acheter malgré la baisse. Ce soutien est complété par un intérêt institutionnel croissant : les produits d’investissement Bitcoin ont enregistré près d’un milliard de dollars d’entrées en une semaine, dont 876 millions pour les ETF au comptant américains. Des acteurs majeurs comme Metaplanet et Strategy poursuivent d’ailleurs leurs achats massifs, renforçant l’idée d’une consolidation saine du marché.

Un autre élément en faveur des acheteurs réside dans la baisse continue des réserves de Bitcoin sur les plateformes d’échange. Cette diminution reflète un mouvement de retraits vers des portefeuilles privés, souvent interprété comme un signe de confiance à long terme. Moins de liquidité disponible sur les échanges signifie également une pression vendeuse réduite, ce qui peut limiter les risques de nouvelles corrections brusques.

 

 

Enfin, même si les marchés dérivés montrent encore une pression vendeuse, le prix du Bitcoin se maintient dans une fourchette étroite entre 110 000 $ et 120 000 $, traduisant une absorption de cette offre par des acheteurs de fond. Avec une demande retail et institutionnelle robuste, une réduction des réserves sur les échanges et un risque de liquidations en recul, les conditions semblent réunies pour que Bitcoin ait trouvé un plancher solide autour des 112 000 $.

Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.

Les renseignements présentés le sont en date du 23 septembre 2025, à moins qu’une autre date ne soit mentionnée, et à titre d’information seulement. Ils proviennent de sources que nous jugeons fiables, mais non garanties. Il ne s’agit pas de conseils financiers, juridiques ou fiscaux. Les investissements Rivemont ne sont pas responsables des erreurs ou omissions relativement aux renseignements, ni des pertes ou dommages subis.