Ce fut une semaine particulièrement tranquille dans l’univers des cryptomonnaies, autant au niveau des marchés que des actualités. Le bitcoin se transige en légère hausse relativement à la semaine dernière, mais sans pour autant avoir quitté son canal de consolidation actuel. Cette action peut se montrer quelque peu décevante alors que l’or, lui, bat ses records haussiers en parallèle. Les altcoins principaux continuent quant à eux à tirer leur épingle du jeu.
Cette morosité pour la semaine n’enlève pas le positivisme de plusieurs analystes. Tom Lee, associé directeur de Fundstrat Global Advisors, a récemment réaffirmé son optimisme quant à l’évolution du Bitcoin. Selon lui, la cryptomonnaie pourrait atteindre la barre symbolique des 200 000 $ d’ici la fin de l’année. Cette perspective repose principalement sur l’éventualité d’une baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine, prévue lors de la réunion de politique monétaire du 17 septembre. D’après Lee, les actifs numériques, au même titre qu’Ethereum, réagissent très fortement aux décisions monétaires, ce qui ferait de cette date un moment clé. Au moment de son intervention, le Bitcoin s’échangeait un peu au-dessus de 112 000 $, soit en deçà de son sommet historique de plus de 124 000 $ atteint le mois précédent. Le recul récent s’explique par les incertitudes macroéconomiques, notamment l’inflation persistante et les inquiétudes liées à l’économie américaine. Malgré ces obstacles, Lee estime que la tendance reste favorable et qu’un changement de cap de la Fed pourrait relancer la dynamique haussière.
Tom Lee n’en est pas à sa première prévision ambitieuse. Dans le passé, certaines de ses anticipations se sont avérées justes concernant la direction générale du marché, même si les échéanciers annoncés n’ont pas toujours été respectés. Par exemple, en 2018, il voyait le Bitcoin grimper à 125 000 $ avant 2022, alors qu’il avait plafonné à environ 47 000 $ cette année-là, après avoir brièvement touché les 69 000 $ en 2021 avant de rechuter lourdement. Historiquement, les périodes de baisse des taux d’intérêt ont largement profité au marché des cryptomonnaies, en raison d’une plus grande liquidité sur les marchés financiers. Toutefois, la Réserve fédérale a jusqu’ici résisté aux pressions politiques, notamment celles de Donald Trump, pour maintenir ses taux élevés afin de contenir l’inflation. Si un assouplissement monétaire se concrétise, il pourrait redonner un souffle supplémentaire au Bitcoin et, selon Lee, permettre d’atteindre des sommets encore jamais vus.
Gemini, la plateforme d’échange fondée par les frères Winklevoss, s’apprête à entrer en bourse et a obtenu un soutien de taille : le Nasdaq prévoit d’investir 50 millions de dollars dans l’entreprise au moment de son introduction. Selon Reuters, cet investissement se fera sous la forme d’un placement privé et vise à consolider le partenariat stratégique entre les deux entités. L’accord n’étant pas encore officiellement annoncé, il pourrait toutefois évoluer selon la conjoncture des marchés. Ce rapprochement ouvre des synergies intéressantes. Les clients institutionnels de Gemini auront accès à la plateforme Calypso de Nasdaq pour la gestion et le suivi des garanties de trading, tandis que les utilisateurs du Nasdaq pourront bénéficier des services de conservation et de staking de Gemini. Ce type de complémentarité vise à renforcer l’attractivité de Gemini face à une concurrence croissante dans l’écosystème crypto.
Dans le cadre de son IPO, Gemini prévoit de mettre en vente près de 16,7 millions d’actions ordinaires de classe A, avec un prix compris entre 17 et 19 dollars l’unité. L’objectif est de lever plus de 300 millions de dollars, ce qui positionnerait l’entreprise comme la troisième plateforme d’échange crypto cotée aux États-Unis, après Coinbase et Bullish. Le titre devrait être négocié sous le symbole GEMI dès vendredi sur le Nasdaq. Toutefois, la situation financière de Gemini soulève des questions. La société a déclaré une perte nette de 282,5 millions de dollars pour la première moitié de 2025, contre 41,4 millions un an plus tôt. Ses résultats ajustés sont également passés d’un bénéfice de 32 millions à une perte de 113,5 millions. En 2024, Gemini avait déjà enregistré 158,5 millions de pertes pour un chiffre d’affaires de 142,2 millions. Ces difficultés contrastent avec les ambitions affichées, mais n’empêchent pas l’entreprise de miser sur sa notoriété et sur le dynamisme actuel du secteur pour réussir son entrée en bourse.
Lors du Forum économique de l’Est à Vladivostok, Anton Kobyakov, conseiller de Vladimir Poutine, a affirmé que les États-Unis utilisent l’or et les cryptomonnaies pour tenter d’alléger leur dette colossale, aujourd’hui estimée à 35 000 milliards de dollars. Selon lui, Washington chercherait à redéfinir les règles de fonctionnement de ces marchés afin de restaurer la confiance dans le dollar, tout en transférant le poids de cette stratégie au reste du monde. Kobyakov a suggéré que les États-Unis pourraient convertir une partie de leur dette en stablecoins, avant de la dévaluer pour repartir sur de nouvelles bases. Il a résumé cette approche en expliquant que la dette pourrait être « placée dans le nuage crypto, dévaluée, puis effacée », une vision qu’il présente comme une menace pour ceux qui voient ces actifs numériques comme une alternative prometteuse.
Cette interprétation s’inscrit dans un débat plus large : certains acteurs de l’industrie estiment au contraire que la crise de la dette américaine pourrait profiter aux cryptomonnaies. Des voix comme celle de Brian Armstrong, PDG de Coinbase, considèrent même que cette dynamique pourrait ouvrir la voie à l’adoption du Bitcoin comme monnaie de réserve mondiale. Aux États-Unis, la tendance réglementaire va également dans le sens d’une intégration accrue, avec la récente adoption du GENIUS Act qui encadre l’émission et l’usage des stablecoins. Malgré ses critiques, la Russie elle-même explore l’usage de ces technologies. Un fabricant d’armement public travaille sur un stablecoin adossé au rouble, qui devrait voir le jour sur la blockchain Tron. Par ailleurs, même si Moscou a interdit les paiements en crypto en 2022, le pays s’est progressivement montré plus ouvert aux règlements numériques, notamment pour les échanges internationaux et les investisseurs fortunés. Cette ambivalence illustre le rôle stratégique que les cryptomonnaies et les stablecoins prennent désormais dans les rivalités économiques mondiales.
CoinShares, gestionnaire européen d’actifs numériques basé à Jersey, a annoncé son intention d’entrer en bourse aux États-Unis via le Nasdaq, grâce à un accord avec la société d’investissement Vine Hill Capital Investment Corp. L’opération valorise l’entreprise à environ 1,2 milliard de dollars avant financement, et marque une étape importante pour un acteur qui administre près de 10 milliards de dollars d’actifs. Jusqu’ici coté au Nasdaq Stockholm, CoinShares prévoit de retirer son titre de la place suédoise une fois l’introduction américaine réalisée. Pour Jean-Marie Mognetti, PDG et cofondateur de CoinShares, il ne s’agit pas simplement d’un transfert de place boursière. Selon lui, cette opération symbolise une véritable transformation stratégique destinée à renforcer l’ambition de leadership mondial de la société, dans un contexte où l’environnement réglementaire américain devient plus favorable aux acteurs du secteur. Cette démarche s’inscrit dans la continuité de l’acquisition de Valkyrie Funds l’an dernier, qui a permis à CoinShares de renforcer son offre en FNB Bitcoin et Ethereum.
Cette introduction aux États-Unis intervient dans un mouvement plus large qui voit de nombreuses entreprises crypto franchir le pas de la cotation. Parmi les exemples récents, on retrouve l’exchange Bullish, soutenu par Peter Thiel, qui a fait ses débuts à la Bourse de New York, ainsi que Circle, émetteur du stablecoin USDC, dont l’introduction en juin a été un succès remarqué. D’autres sociétés comme Gemini et Figure Technologies s’apprêtent également à suivre cette voie. Le climat politique actuel, marqué par le soutien affirmé de Donald Trump à l’industrie, contribue à cet engouement. Le président américain a multiplié les initiatives personnelles dans l’écosystème des actifs numériques, allant jusqu’à lancer son propre mème coin basé sur Solana et une plateforme baptisée World Liberty Financial. Ses fils sont aussi impliqués, détenant une part d’American Bitcoin, une société de minage qui a récemment fait son entrée au Nasdaq avec une envolée initiale de plus de 80 % avant de retomber, illustrant la volatilité caractéristique du secteur.
SOL Strategies, une société canadienne spécialisée dans la trésorerie et l’infrastructure liées à Solana, a obtenu l’autorisation d’inscrire ses actions ordinaires au Nasdaq. L’entreprise prévoit de débuter ses échanges le 9 septembre sous le symbole STKE. Elle conservera sa présence à la Bourse canadienne sous le ticker HODL, mais retirera sa cotation du marché américain OTCQB, les actionnaires de ce dernier voyant leurs titres automatiquement transférés vers la nouvelle inscription au Nasdaq. Pour Leah Wald, présidente et directrice générale, cette cotation représente une étape stratégique : elle ouvre l’accès à des marchés de capitaux plus profonds, augmente la visibilité institutionnelle et favorise de nouvelles collaborations. Du côté des investisseurs, l’inscription devrait se traduire par une liquidité renforcée, une base d’actionnaires élargie et une crédibilité accrue grâce à la notoriété du Nasdaq.
La société entend utiliser cette opportunité pour accélérer ses opérations de validateurs sur Solana et attirer davantage d’investisseurs institutionnels. Au 31 août, SOL Strategies détenait 435 064 SOL dans sa trésorerie, soit environ 89 millions de dollars, ainsi que plus de 3 millions de SOL mis en staking via ses validateurs, représentant environ 741 millions de dollars. Cela fait de l’entreprise le troisième plus grand détenteur de trésorerie en SOL parmi les sociétés cotées, derrière Upexi et DeFi Development Corp. Sur le plan boursier, l’annonce a eu un effet immédiat : les actions HODL cotées à la Bourse canadienne ont bondi de près de 20 % pour atteindre 10,21 CAD (environ 7,37 USD). Cette dynamique s’ajoute à de solides performances financières, avec des revenus annuels estimés à 8,7 millions USD au deuxième trimestre 2025, contre 3,5 millions à la fin de 2024. Pour Wald, cette inscription place SOL Strategies aux côtés des entreprises les plus innovantes du marché et confirme ses ambitions de s’imposer comme un acteur de premier plan dans l’écosystème public des cryptomonnaies.
Strategy Inc., l’entreprise dirigée par Michael Saylor (anciennement MicroStrategy), a annoncé un nouvel achat massif de Bitcoin : 1 955 BTC pour un montant de 217,4 millions de dollars, à un prix moyen de 111 196 $ l’unité. Avec cette opération, la société détient désormais 638 460 BTC, soit environ 71,5 milliards de dollars au cours actuel, consolidant sa place de premier détenteur de Bitcoin coté en bourse dans le monde. Cet investissement intervient quelques jours seulement après que Strategy a été écartée de l’indice S&P 500, une décision qui a profité à Robinhood, dont l’action a bondi de 7 %, alors que celle de Strategy reculait de près de 3 % dans les échanges hors séance. Malgré ce revers, des analystes comme QCP Capital ont souligné la solidité du marché, le Bitcoin parvenant à se maintenir au-dessus de 110 000 $, signe d’une résilience face à ces turbulences.
Le financement de cet achat a été rendu possible grâce au programme de vente directe d’actions sur le marché, avec l’émission de plus de 591 000 actions ordinaires pour environ 200,5 millions de dollars, complétée par la vente de titres préférentiels à hauteur de 16,9 millions. Selon les documents déposés auprès de la SEC, l’entreprise affiche désormais un rendement Bitcoin (BTC Yield) de 25,8 % depuis le début de 2025 pour ses actionnaires. Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large d’accumulation institutionnelle. La société japonaise Metaplanet a acquis 136 BTC supplémentaires pour 15,2 millions de dollars, portant son total à plus de 20 000 BTC. Parallèlement, El Salvador a profité du quatrième anniversaire de sa loi reconnaissant le Bitcoin comme monnaie légale pour ajouter 21 BTC à ses réserves. Au total, les entreprises spécialisées dans la trésorerie en Bitcoin dépassent désormais le million de BTC détenus, constituant une base d’acheteurs de plus en plus solide pour soutenir le marché.
Le Bitcoin a brièvement franchi les 113 000 $ en amont de l’ouverture de Wall Street mardi, suscitant un regain d’optimisme chez certains traders qui y voient le signe d’un retour possible vers de nouveaux sommets historiques. Après avoir tenu le seuil des 110 000 $ au cours du week-end, l’actif a réussi à regagner sa moyenne mobile simple à 20 jours ainsi que la zone clé des 112 000 $, éléments que plusieurs analystes considèrent comme des signaux positifs pour une nouvelle phase haussière. Pour Michaël van de Poppe, le rapprochement du Bitcoin avec l’or, qui vient d’inscrire de nouveaux records, pourrait annoncer un mouvement similaire sur le marché crypto. D’autres observateurs, comme Crypto Tony, ont confirmé que le franchissement des 113 000 $ constitue un bon point d’entrée pour des positions longues. Toutefois, cette vision optimiste n’est pas partagée par tous : certains, à l’image de Ted Pillows, mettent en garde contre une demande insuffisante sur le marché au comptant, laissant planer des doutes sur la solidité du rebond actuel.
Les carnets d’ordres révèlent par ailleurs une forte concentration de ventes potentielles juste au-dessus des niveaux actuels, notamment jusqu’à 114 500 $, ce qui pourrait constituer une barrière technique importante. Des analystes estiment que cette zone correspond à un terrain propice aux positions vendeuses à effet de levier, susceptible de provoquer un essoufflement rapide de la progression. Malgré ces résistances, les perspectives macroéconomiques nourrissent l’espoir d’un nouvel élan. La Réserve fédérale américaine est en effet attendue sur une baisse de ses taux dès la semaine prochaine, un catalyseur qui, selon certains experts, pourrait relancer la dynamique haussière et ramener le Bitcoin vers ses plus hauts niveaux. Néanmoins, les analystes rappellent qu’un repli vers des zones de support reste toujours possible dans un marché aussi volatil.
Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.
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