Le marché des cryptomonnaies a démarré la semaine de manière relativement calme, en partie en raison du congé nord-américain. Néanmoins, deux dynamiques ressortent : d’une part, l’or poursuit son envolée avec un nouveau sommet à 3 500 $ l’once, porté par l’anticipation de baisses de taux de la Fed et par l’inquiétude liée à la situation budgétaire mondiale ; d’autre part, Bitcoin peine à franchir ses zones de résistance, tandis qu’un mouvement de capitaux se réoriente vers Ethereum. Les jetons adossés à l’or (PAXG, XAUT) ont brièvement suivi la hausse avant de corriger, illustrant une simple pause dans une tendance haussière plus large. Bitcoin a brièvement dépassé les 110 000 $, mais reste freiné par des résistances techniques comme le nuage Ichimoku. L’activité du réseau demeure atone : le nombre d’adresses actives a chuté à 690 000 et les frais de transaction restent faibles, signe d’un manque d’engagement du côté des petits investisseurs. Toutefois, les volumes de transfert ont bondi à 10,8 milliards $, reflétant surtout des arbitrages réalisés par de grandes entités. Dans le même temps, un portefeuille de « baleine » a liquidé plus de 425 BTC pour acquérir environ 10 500 ETH, renforçant l’idée d’un repositionnement institutionnel vers Ethereum.
Certains observateurs relèvent néanmoins des signaux techniques pouvant indiquer un creux pour Bitcoin. Un indicateur suivi par Vibes Capital Management se situe à des niveaux déjà observés lors des planchers de marché d’août 2024 et d’avril 2025, laissant entrevoir un scénario de reprise. Du côté des altcoins, la volatilité reste vive : le jeton WLFI, lié à Donald Trump, s’est effondré après son lancement, tandis que le HYPE de Hyperliquid a bondi, porté par des revenus records et des volumes de transactions perpétuelles dépassant 400 milliards de dollars. Sur le plan macroéconomique, l’attention se tourne vers l’Europe et l’Asie. Sur Polymarket, les parieurs estiment quasi certain l’échec du vote de confiance du 8 septembre en France, ce qui pourrait raviver les tensions obligataires au sein de l’Union européenne et peser sur l’euro. Aux États-Unis, les positions des fonds CTA dans les actions atteignent des niveaux d’optimisme extrêmes, tandis que le marché attend le discours de Donald Trump et les chiffres de l’emploi vendredi. Enfin, au Japon, le yen a reculé après des indices laissant présager un relèvement futur des taux par la Banque du Japon. Tout cela laisse présager une semaine marquée par une forte volatilité.
Depuis une dizaine de jours, l’or enregistre une progression marquée de plus de 5 %, atteignant près de 3 480 $ l’once et frôlant ainsi son record historique d’avril dernier à 3 499 $. Ce mouvement s’explique par une transformation notable du marché obligataire américain : la courbe des taux du Trésor s’est fortement pentifiée, un phénomène où les rendements à court terme chutent plus vite que ceux à long terme. Ce type d’évolution, appelé « bull steepening », favorise généralement les actifs qui ne rapportent pas d’intérêt, comme l’or et, par extension, le bitcoin.
La baisse rapide des rendements obligataires à deux ans réduit le coût d’opportunité de détenir des actifs non productifs de revenus. Ole Hansen, stratège matières premières chez Saxo Bank, rappelle d’ailleurs que les fonds adossés à l’or ont vu leurs avoirs fondre de 800 tonnes entre 2022 et 2024, période durant laquelle les hausses de taux de la Fed rendaient l’or beaucoup moins attrayant. Le recul actuel des taux courts ouvre donc la voie à un regain d’intérêt de la part des gestionnaires d’actifs pour ce type de valeur refuge. Dans ce contexte, le bitcoin bénéficie indirectement du même effet. Comme l’or, il est perçu comme un actif rare et non générateur de rendement, ce qui renforce sa valeur en période de baisse des rendements à court terme. Toutefois, la relative fermeté des taux longs, alimentée par des anticipations d’inflation persistante et par des craintes sur la crédibilité budgétaire américaine, souligne que les investisseurs exigent une prime de risque supplémentaire. Cet environnement soutient la demande pour les actifs considérés comme des couvertures contre l’inflation et l’incertitude politique.
Historiquement, de tels épisodes de « bull steepening » se sont révélés favorables à l’or et aux minières aurifères, mais nettement moins porteurs pour les actions, souvent pénalisées par ces dynamiques de marché. Le bitcoin se trouve ainsi dans une situation singulière : d’un côté, il est corrélé au Nasdaq en tant que technologie émergente ; de l’autre, il partage avec l’or les attributs d’une réserve de valeur. Cette double identité pourrait jouer en sa faveur si la tendance actuelle se prolonge.
Au début de la semaine, le Bitcoin est reparti à la hausse en franchissant de nouveau la barre des 110 000 $, après avoir brièvement reculé à 107 500 $ durant le week-end. Cette remontée intervient dans un contexte où un rapport de CoinShares a mis en évidence l’ampleur des flux institutionnels vers les cryptomonnaies en août, totalisant 4,37 milliards de dollars. Fait marquant, c’est Ethereum qui a dominé ces investissements, attirant à lui seul la majorité des capitaux, malgré une performance boursière plutôt morose. En effet, sur la seule dernière semaine, Ethereum a perdu 4,3 % de sa valeur et s’échange autour de 4 406 $, contre un recul de seulement 2 % pour le Bitcoin. Pourtant, les produits financiers liés à ETH – notamment les ETF et ETP – ont enregistré des entrées massives de 1,42 milliard $, soit 57 % de l’ensemble des flux institutionnels hebdomadaires. À titre de comparaison, Bitcoin n’a attiré « que » 748 millions $, soit presque deux fois moins.
La tendance est encore plus nette à l’échelle mensuelle : alors que les fonds investis dans Ethereum ont grimpé à près de 4 milliards $, Bitcoin a enregistré des sorties nettes de 301 millions $. Ce déséquilibre s’explique en partie par la déception des marchés face aux données d’inflation (Core PCE) publiées vendredi, qui ont réduit les espoirs d’une baisse de taux de la Fed en septembre. Malgré cela, CoinShares insiste sur le fait que la répartition géographique des flux – très concentrés aux États-Unis, mais également visibles en Europe et au Canada – reflète davantage des prises de bénéfices que de réels signaux négatifs. Sur le plan de la structure du marché, la domination du Bitcoin (part de sa capitalisation par rapport à l’ensemble des cryptos) est restée stable autour de 58 % au cours des derniers jours, malgré la pression d’Ethereum. Certains prévisionnistes estiment que cette dominance pourrait évoluer fortement dans les prochaines semaines, oscillant entre une hausse vers 63 % ou un recul vers 53 %.
Selon une analyse publiée par JP Morgan, le prix actuel du Bitcoin sous-estime son potentiel. Les stratèges estiment qu’il devrait s’établir autour de 126 000 $ l’unité, soit bien au-dessus des seuils observés récemment. Malgré une stabilité apparente au cours des derniers jours, la banque pense que cette cible reste atteignable d’ici la fin de l’année, en partie grâce à l’évolution des conditions de marché et à l’intérêt croissant des investisseurs institutionnels. La volatilité du Bitcoin, traditionnellement l’un de ses traits distinctifs, s’est fortement réduite au fil des mois. Alors qu’elle avoisinait encore 60 % en début d’année, elle se situe aujourd’hui autour de 30 %, un plancher historique. Cette accalmie, jugée inhabituelle, coïncide avec la montée en puissance des ETF au comptant aux États-Unis et des achats massifs de BTC par les trésoreries d’entreprises cotées, un phénomène qui contribue à stabiliser le marché.
Les analystes de JP Morgan soulignent que cette baisse de volatilité rapproche progressivement le profil de risque du Bitcoin de celui de l’or, renforçant ainsi son attrait comme actif de réserve. Si cette convergence se poursuit, les allocations institutionnelles vers BTC pourraient, à terme, rivaliser avec celles traditionnellement destinées au métal précieux. Plusieurs sociétés cotées, à l’image de Strategy (ex-MicroStrategy), ont déjà intégré cette logique, utilisant le Bitcoin comme levier pour améliorer la valeur offerte à leurs actionnaires. Cette analyse s’inscrit dans un débat récurrent opposant Bitcoin et or en tant que réserves de valeur. Historiquement, la cryptomonnaie a parfois évolué de concert avec le métal jaune, mais elle a aussi montré une corrélation croissante avec les marchés actions, en particulier le secteur technologique. Néanmoins, JP Morgan considère que l’actuelle combinaison de volatilité réduite et d’adoption institutionnelle crée un contexte favorable à une revalorisation significative du Bitcoin dans les prochains mois.
Le réseau Bitcoin vient de franchir une étape historique : son taux de hachage moyen sur sept jours a atteint pour la première fois le niveau colossal de 1 zettahash par seconde, selon les données de Glassnode. Bien que ce seuil ait déjà été brièvement touché plus tôt cette année, c’est la première fois qu’il se maintient sur une période prolongée, signe d’une croissance solide et durable de la puissance de calcul mobilisée pour sécuriser le protocole. Pour donner un ordre de grandeur, un zettahash correspond à 1 000 exahashs. Le réseau n’avait franchi le cap d’un exahash qu’en 2016, et il affichait encore environ 800 EH/s en début d’année 2025. En moins d’une décennie, la capacité de calcul a donc été multipliée par mille, illustrant l’industrialisation fulgurante du minage et l’investissement massif des acteurs du secteur.
Cette montée en puissance va entraîner, d’ici quelques jours, un ajustement de difficulté estimé à plus de 7 %, soit la deuxième plus forte hausse de l’année. Les ajustements de difficulté ont lieu environ toutes les deux semaines afin de maintenir un rythme constant d’environ dix minutes pour la création de nouveaux blocs, quel que soit le niveau de puissance de calcul disponible sur le réseau. Après cette révision, la difficulté du minage devrait atteindre près de 139 trillions, établissant un nouveau record. Cette évolution confirme que la sécurité du réseau n’a jamais été aussi robuste, mais elle signifie aussi que les mineurs devront fournir des efforts énergétiques et financiers toujours plus conséquents pour rester compétitifs dans cet écosystème hautement concurrentiel.
Un investisseur majeur en Bitcoin, identifié comme une « baleine » contrôlant environ 5 milliards de dollars en BTC, a récemment procédé à un arbitrage spectaculaire en faveur d’Ethereum. Selon les données d’Hypurrscan, cet acteur a déposé 2 000 BTC – soit près de 216 millions de dollars – sur la plateforme Hyperliquid avant de les écouler progressivement contre plus de 42 000 ETH. Les transactions ont été réalisées par petites ventes de 1 à 1,5 BTC, une stratégie visant à limiter l’impact sur le marché. Arkham Intelligence a relié cette adresse à un portefeuille beaucoup plus vaste, qui aurait déplacé plus de 1,1 milliard de dollars en BTC vers une nouvelle adresse avant de se lancer dans des achats massifs d’Ethereum via Hyperunit. Selon leurs données, ce même acteur aurait déjà accumulé 2,5 milliards de dollars d’ETH la semaine précédente, confirmant une stratégie claire de diversification ou de repositionnement entre les deux plus grandes cryptomonnaies. Ce phénomène n’est pas isolé : d’autres détenteurs historiques de Bitcoin ont adopté des tactiques similaires. La semaine passée, un autre « whale » a pris des positions longues à effet de levier sur ETH pour une valeur de 75 millions $. Par ailleurs, un investisseur de la première heure a récemment transféré puis liquidé une quantité record de BTC datant de l’ère Satoshi, représentant plus de 9 milliards de dollars, via Galaxy Digital. Ces mouvements massifs illustrent l’activation soudaine des grandes fortunes du secteur.
Le Salvador a récemment transféré ses avoirs en Bitcoin vers de nouvelles adresses, invoquant des raisons de sécurité liées notamment aux menaces potentielles de l’informatique quantique. Jusqu’à présent, le pays utilisait une seule adresse publique pour stocker ses réserves, un choix qui favorisait la transparence, mais augmentait les risques. Désormais, les fonds sont répartis dans plusieurs portefeuilles limités à 500 BTC chacun, une méthode censée réduire l’exposition aux attaques potentielles qui pourraient exploiter la visibilité des clés publiques une fois une transaction émise. Officiellement, le gouvernement détient 6 286 BTC, soit près de 686 millions de dollars au cours actuel. Arkham Intelligence confirme que le pays continue d’acheter régulièrement un bitcoin par jour, conformément à l’annonce du président Nayib Bukele en 2022. Toutefois, cette stratégie entre en contradiction avec les engagements pris auprès du Fonds monétaire international (FMI), qui a exigé un ralentissement de l’accumulation de Bitcoin en échange d’un soutien financier. Le FMI a d’ailleurs précisé en juillet que les mouvements récents correspondaient davantage à des réallocations internes qu’à de véritables acquisitions.
L’annonce du Salvador souligne un dilemme : d’un côté, le pays cherche à renforcer la sécurité et la gestion à long terme de ses réserves de cryptomonnaie ; de l’autre, il doit composer avec les pressions internationales et les conditions imposées par le FMI. Si le gouvernement continue de publier ses transactions via un tableau de bord public, la question de savoir s’il poursuit réellement ses achats reste floue, entre communication politique et contraintes économiques. Depuis 2021, le Bitcoin est reconnu comme monnaie légale dans le pays aux côtés du dollar américain, mais l’adoption par la population demeure limitée. Malgré la promotion active de Bukele et la mise en place d’un portefeuille numérique étatique, les Salvadoriens restent majoritairement indifférents à l’usage quotidien du BTC. La popularité du président repose surtout sur sa politique sécuritaire et sa lutte contre les gangs, plutôt que sur ses choix financiers liés aux cryptomonnaies.
Le bitcoin vient de générer un signal rare qui n’est apparu que deux fois au cours de la dernière année, et à chaque fois lors de creux de marché significatifs. Selon Frank Fetter, analyste quantitatif chez Vibes Capital Management, les détenteurs de court terme – ceux qui conservent leurs BTC depuis moins de six mois – ont atteint un seuil critique de rentabilité alors que le prix est tombé à environ 107 000 $. Cette situation correspond à un point d’équilibre entre leur coût d’acquisition et le prix actuel, un niveau qui joue souvent le rôle de support dans les phases de correction haussière. L’indicateur MVRV (Market Value to Realized Value), appliqué à cette catégorie d’investisseurs, confirme cet état de fragilité. En y ajoutant les bandes de Bollinger, Fetter souligne que le marché a imprimé un signal de survente particulièrement rare. Ce phénomène ne s’était produit qu’en août 2024, lors de la crise du yen japonais, et en avril 2025, après l’annonce des nouveaux tarifs commerciaux américains qui avaient provoqué une chute du Bitcoin sous 75 000 $.
Ces précédents laissent penser que la configuration actuelle pourrait marquer la fin d’une correction et le début d’un nouveau cycle de reprise. En parallèle, l’indice de force relative (RSI) sur des horizons courts – notamment en quatre heures – montre une divergence haussière avec l’évolution du prix, renforçant l’hypothèse d’un retournement à la hausse. Après avoir glissé tout au long du mois d’août le long de la borne basse des bandes de Bollinger, le Bitcoin semble ainsi préparer un rebond technique. Bien que le marché reste volatil, la convergence de plusieurs signaux techniques – MVRV en zone de survente, bandes de Bollinger et divergences RSI – suggère qu’un point bas significatif pourrait avoir été atteint autour de 107 000 $.
Outre la majorité de ses capitaux exposés au bitcoin, le fonds Rivemont crypto a conservé ses positions en ETH, XRP et SOL au cours de la dernière semaine.
Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.
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