Le bitcoin a terminé le mois de juin au-dessus du cap des 107 000 $, ce qui représente une fermeture de mois record pour l’actif crypto. Il s’agit du troisième mois haussier consécutif, alors que nous ne sommes qu’à quelques points de pourcentage de fracasser les niveaux les plus hauts atteints en mai dernier.
Les fonds négociés en bourse (FNB) américains sur le Bitcoin connaissent une période particulièrement positive, enregistrant une série ininterrompue de quinze journées consécutives d’entrées nettes, totalisant ainsi près de 4,7 milliards de dollars. Ces afflux continus se produisent alors que le Bitcoin demeure à moins de 5 % de ses sommets historiques, témoignant d’un fort intérêt institutionnel pour la cryptomonnaie. Parmi ces fonds, le IBIT de BlackRock se démarque clairement, représentant à lui seul environ 81 % des entrées nettes durant cette période, soit 3,8 milliards de dollars. Cependant, après un pic notable de 501,2 millions vendredi dernier, le rythme des entrées a légèrement ralenti, avec seulement 102,1 millions enregistrés lundi. Cela contraste avec le fonds ARKB d’Ark Invest et 21Shares, qui a subi une sortie nette de 10,2 millions de dollars. Depuis leur lancement en janvier 2024, ces FNB Bitcoin ont accumulé près de 49,3 milliards de dollars d’entrées nettes, portant leurs actifs sous gestion à environ 128 milliards de dollars. Parallèlement, les FNB américains sur Ethereum connaissent eux aussi un succès notable, ayant enregistré 31,8 millions de dollars d’entrées nettes lundi dernier et cumulant désormais 4,2 milliards de dollars depuis leur introduction en juillet 2024.
Pour que le Bitcoin puisse dépasser ses niveaux actuels et atteindre de nouveaux sommets historiques, plusieurs analystes affirment qu’il faudra un catalyseur important. Celui-ci pourrait provenir soit d’une amélioration des conditions macroéconomiques, d’un renforcement significatif des flux entrants vers les fonds négociés en bourse (FNB), ou d’une augmentation globale de la liquidité sur les marchés financiers. De son côté, Nicolai Søndergaard de chez Nansen estime que les politiques monétaires plus accommodantes de la Réserve fédérale pourraient jouer ce rôle décisif. Toutefois, il souligne que les récentes déclarations prudentes de Jerome Powell et la révision à la baisse des prévisions d’inflation rendent incertain tout changement rapide de politique monétaire aux États-Unis. Cette incertitude maintient donc le marché dans une position d’attente, soumis aux aléas géopolitiques et aux futures décisions économiques américaines.
Le réseau Bitcoin a connu une baisse marquée de sa difficulté de minage, qui a chuté d’environ 7,5 %, représentant la plus forte réduction depuis juillet 2021, lors de l’interdiction massive du minage en Chine. Ce réajustement, automatique et programmé toutes les 2016 blocs, vise à maintenir un rythme de création de blocs d’environ un toutes les 10 minutes. Avant la baisse de dimanche, le réseau produisait des blocs plus lentement que prévu, avec un temps moyen de 10 minutes et 38 secondes. Cette baisse de difficulté est directement liée à une chute du hashrate (puissance de calcul) du réseau, passé de 902 EH/s à 838 EH/s. Une grande partie de cette baisse serait attribuable aux vagues de chaleur estivales, en particulier au Texas, où les opérateurs de réseau incitent les mineurs à réduire temporairement leur consommation énergétique en échange de crédits d’électricité. Cette flexibilité énergétique fait partie des arguments en faveur de l’intégration du minage dans certains marchés énergétiques américains.
Cette correction permet aux mineurs restants de bénéficier d’une rentabilité temporairement améliorée, avec une hausse du « hashprice » (revenu estimé par unité de puissance de calcul) à environ 60 $ par PH/s par jour. Ce soulagement pourrait toutefois être de courte durée, car une reprise progressive du hashrate est attendue, ce qui ferait mécaniquement baisser ce revenu. Historiquement, de telles baisses de difficulté sont rares et significatives. La dernière comparable remonte à la répression chinoise de 2021, qui avait provoqué une chute drastique du hashrate mondial et poussé les mineurs à se relocaliser dans d’autres pays. Si le contexte est aujourd’hui différent, les ajustements récents montrent que le réseau Bitcoin reste très sensible aux conditions externes comme la météo, les politiques énergétiques, et les dynamiques géopolitiques.
Alors que les républicains du Sénat américain s’efforcent d’adopter le vaste projet de loi budgétaire surnommé le « Big Beautiful Bill » du président Trump, une initiative de dernière minute cherche à y intégrer un amendement favorable au secteur des cryptomonnaies. Cette proposition, portée par la sénatrice Cynthia Lummis, vise à alléger la fiscalité entourant l’usage et la détention de cryptoactifs, notamment en introduisant une exemption de minimis pour les petits montants, ce qui pourrait faciliter l’utilisation de cryptos dans les transactions courantes. L’amendement en question inclurait également deux mesures qui suscitent peu de controverse : d’abord, une clarification du traitement fiscal des récompenses issues du staking ou du minage, en précisant que ces revenus ne seraient imposables qu’au moment de leur vente. Ensuite, une disposition comptable dite « mark-to-market » permettrait aux entreprises de déclarer plus librement les gains non réalisés liés à leurs réserves en cryptomonnaies, sans être contraintes de les comptabiliser comme revenus imposables tant qu’ils ne sont pas concrétisés. L’exemption de minimis pour les petites transactions crypto, comme acheter un café avec du bitcoin, est considérée par beaucoup comme essentielle à l’adoption des cryptomonnaies dans les paiements du quotidien. Toutefois, le seuil exact pour cette exemption reste flou : il aurait oscillé entre 600 $, 200 $ et actuellement environ 300 $ selon les versions successives du texte. Malgré l’incertitude entourant l’adoption finale de l’amendement, les partisans du projet espèrent l’intégrer avant la fin des délibérations en cours. Pour plusieurs observateurs du secteur, c’est un véritable « coup de poker législatif » : soit l’amendement est intégré aujourd’hui, soit il ne verra pas le jour dans cette version du projet de loi.
Ripple a annoncé qu’elle renonce à faire appel dans le cadre de son litige de longue date avec la SEC (Securities and Exchange Commission), marquant ainsi la fin officielle d’une bataille judiciaire amorcée en 2020. Ce revirement intervient peu après le refus par la juge fédérale Analisa Torres de réduire l’amende de 125 millions de dollars infligée à Ripple ou d’annuler l’injonction imposée précédemment. L’affaire portait sur des ventes présumées illégales de titres non enregistrés sous forme de jetons XRP. Si la justice avait reconnu en 2023 que les ventes de XRP aux investisseurs particuliers via des plateformes ne constituaient pas des valeurs mobilières, elle avait néanmoins statué que certaines ventes à des investisseurs institutionnels violaient la réglementation. Malgré cela, la qualification juridique du XRP en tant que non-valeur mobilière reste inchangée, un point crucial pour Ripple et l’ensemble du secteur. Initialement, la SEC réclamait une amende de 2 milliards de dollars, mais cette somme a été ramenée par les tribunaux à 125 millions. Ripple et la SEC ont ensuite tenté conjointement de faire réduire cette pénalité à 50 millions, sans succès. Le PDG Brad Garlinghouse a déclaré vouloir tourner la page pour se concentrer désormais sur la mission première de Ripple : bâtir l’« internet de la valeur ».
La société Strategy poursuit ses acquisitions massives de Bitcoin avec un nouvel achat de 4 980 BTC, représentant environ 532,6 millions de dollars au prix actuel. Cette transaction, effectuée entre le 23 et le 29 juin, constitue l’une des plus importantes de l’entreprise ces dernières semaines. Elle porte les avoirs totaux de Strategy à 597 325 bitcoins, d’une valeur avoisinant les 64 milliards de dollars. Dans la foulée de Strategy, d’autres sociétés comme Metaplanet — souvent surnommée le « Strategy du Japon » — ont également renforcé leurs positions en Bitcoin. Metaplanet a ainsi récemment annoncé l’achat de 1 005 BTC supplémentaires, portant ses avoirs à 13 350 BTC. D’autres acteurs comme Semler Scientific et GameStop emboîtent le pas, confirmant une tendance croissante à intégrer le Bitcoin dans les stratégies de trésorerie des entreprises.
La Deutsche Bank, la plus grande banque d’Allemagne, prévoit de lancer un service de garde de cryptomonnaies en 2026, en partenariat avec la plateforme autrichienne Bitpanda et la société suisse Taurus, spécialisée dans les technologies liées aux actifs numériques. Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de la banque visant à renforcer sa présence dans le secteur des actifs numériques en Europe. Depuis 2020, la Deutsche Bank manifeste un intérêt croissant pour les cryptomonnaies. En juin dernier, Sabih Behzad, responsable des actifs numériques de la banque, a évoqué la possibilité pour l’institution de s’impliquer dans le marché des stablecoins, que ce soit en tant qu’émetteur ou en rejoignant un consortium existant. La banque étudie aussi la création de solutions de dépôts tokenisés destinées aux paiements. Il ne s’agit pas du premier effort de la Deutsche Bank dans le domaine. En 2023, elle avait déjà déposé une demande de licence pour la garde d’actifs numériques en Allemagne, et travaillé avec Taurus pour développer des offres de conservation de cryptos. Elle avait aussi exploré la mise en place d’une blockchain de niveau 2 (L2) sur Ethereum, utilisant la technologie ZKsync. Cette annonce survient dans un contexte de forte dynamique en Allemagne, où d’autres grandes institutions financières s’engagent également dans les cryptomonnaies. La Sparkassen-Finanzgruppe, un réseau de banques régionales allemandes, a récemment annoncé vouloir offrir des services de négociation de cryptomonnaies à ses 50 millions de clients, signalant une adoption croissante de ces actifs dans le paysage bancaire européen.
Le Bitcoin se maintient au-dessus des 107 000 $, ce qui renforce l’optimisme des analystes qui voient dans les conditions actuelles un terrain propice à l’atteinte d’un nouveau sommet historique. Plusieurs facteurs alimentent cette perspective, notamment l’apaisement des tensions géopolitiques entre l’Iran et Israël, la baisse des craintes inflationnistes et la possibilité d’un assouplissement de la politique monétaire américaine. Selon Jeff Mei, de la plateforme BTSE, la pression pourrait s’intensifier sur Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, ce qui pourrait mener à une réduction des taux d’intérêt plus tôt que prévu. Une telle décision favoriserait les marchés financiers, y compris les cryptomonnaies. D’ailleurs, les marchés anticipent déjà une probabilité de plus de 20 % d’une baisse de taux dès la prochaine réunion du FOMC à la fin juillet. De son côté, l’analyste Rachael Lucas souligne que plusieurs catalyseurs soutiennent cette dynamique haussière : les achats d’institutionnels, l’intégration du Bitcoin dans des produits financiers comme les hypothèques garanties, et les progrès réglementaires dans certaines juridictions. Elle note aussi l’intérêt grandissant de la finance traditionnelle pour les cryptomonnaies, avec notamment des agences américaines explorant leur utilisation dans l’évaluation des dossiers hypothécaires.
Le prix du Bitcoin suscite un optimisme croissant, certains analystes anticipant une envolée jusqu’à 200 000 $ d’ici la fin de 2025. Cette prévision repose notamment sur une hausse marquée de la rentabilité des bitcoins en circulation : près de 98 % de l’offre actuelle est en situation de profit, selon les données de Glassnode. Ce niveau historiquement élevé traduit un sentiment haussier du marché, mais laisse aussi entrevoir un risque accru de correction à court terme, car les investisseurs pourraient être tentés d’encaisser leurs gains. L’analyse de la rentabilité montre que le ratio bénéfices/pertes réalisés a bondi à 2,8, soit une hausse de 156 % depuis le 22 juin. Cela reflète la confiance du marché, mais aussi une possible saturation si la dynamique des prix ralentit. Glassnode souligne que le marché est entré dans une phase de « confiance prudente », portée par des investisseurs institutionnels plus actifs et une reprise de l’accumulation. Toutefois, pour que cette tendance haussière perdure, une demande soutenue et une confiance globale du marché seront nécessaires.
Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.
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