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Bulletin crypto – Semaine 392

Au cours des dernières heures, le bitcoin a rebondi au‑dessus de 108 000 $, profitant d’un apaisement des tensions géopolitiques après l’annonce d’un cessez-le-feu provisoire entre l’Iran et Israël. La cryptomonnaie avait chuté sous les 100 000 $ durant le week-end, mais cette trêve a permis aux marchés de reprendre confiance : la capitalisation totale des actifs numériques est remontée à 3,4 milliards de dollars, et des jetons majeurs comme Ether et Solana ont également progressé.

 

 

Cette embellie a touché les marchés boursiers américains : l’indice S&P 500 a dépassé à nouveau le seuil psychologique des 6 000 points, bien que l’optimisme soit tempéré par la prudence affichée par la Réserve fédérale. Jerome Powell, son président, a réitéré devant le Congrès que les taux d’intérêt resteraient inchangés tant que les données économiques ne justifieraient pas un assouplissement, ce qui reporte tout espoir de baisse à la fin de l’année. Malgré l’absence de signal positif de la part de la Fed, l’appétit institutionnel pour le bitcoin ne faiblit pas. Les fonds négociés en bourse américains ont engrangé des afflux de près de 589 millions de dollars en une seule journée, tandis que les investissements dans les fonds liés à l’ether poursuivent leur hausse.

 

 

Enfin, l’intérêt croissant de certains États américains et de grandes entreprises pour le bitcoin se confirme : des initiatives publiques en Arizona, en Ohio et au Texas visent à constituer des réserves en BTC, et la société japonaise Metaplanet a levé plus d’un demi-milliard de dollars pour accroître ses avoirs. Selon plusieurs analystes, cette dynamique institutionnelle robuste pourrait compenser les incertitudes macroéconomiques et soutenir la poursuite de la hausse du marché.

 

 

Le prix du bitcoin continue d’être fortement influencé par les flux d’investissements dans les FNB spécialisés, selon l’analyse de Vetle Lunde, responsable de la recherche chez K33. La corrélation statistique très élevée entre ces flux et les variations du cours du bitcoin démontre clairement que ces fonds négociés en bourse demeurent un moteur central du marché. Cependant, malgré leur croissance récente, les entreprises détenant du bitcoin en trésorerie ont un impact nettement plus limité sur le marché. Cette différence d’impact s’explique principalement par la méthode utilisée par les entreprises pour acquérir du bitcoin. Tandis que certaines sociétés, comme Strategy, achètent directement sur le marché en utilisant des capitaux levés, générant une véritable demande, beaucoup d’autres entreprises récentes préfèrent les échanges d’actions contre du bitcoin (in-kind swaps). Ce mécanisme d’échange direct, comme celui utilisé par Twenty One, financée par Softbank, avec Tether et Bitfinex, ne crée aucune demande nette supplémentaire sur le marché.

 

 

Les fonds négociés en bourse (FNB) américains sur Ethereum ont franchi cette semaine la barre symbolique des 4 milliards de dollars d’entrées nettes cumulées, seulement onze mois après leur lancement en juillet 2024. Ce seuil remarquable a été atteint malgré des retraits massifs de 4,3 milliards de dollars provenant de l’ancien fonds Grayscale ETHE, qui a été converti et dont les frais étaient plus élevés. Sans cette conversion, les entrées nettes totales auraient même dépassé les 8 milliards de dollars. Parmi les fonds ayant le plus contribué récemment à cette performance, le fonds Fidelity (FETH) se distingue avec plus de 60 millions de dollars en une journée, devançant même le fonds ETHA de BlackRock, habituellement leader du marché, qui a récolté près de 26 millions. Par ailleurs, la part de marché de Grayscale (ETHE) a fortement diminué, passant de près de 90 % au lancement à environ 30 %, permettant ainsi à BlackRock (31,8 %) de devenir le premier gestionnaire sur ce segment. Ce succès des FNB Ethereum contraste cependant avec la performance exceptionnelle des FNB Bitcoin américains, qui avaient récolté près de 35 milliards de dollars après onze mois de lancement, et affichent aujourd’hui un total de plus de 47 milliards. Toutefois, si l’on tient compte du poids relatif d’Ethereum dans le marché (environ 14 % de la capitalisation du Bitcoin), ces performances apparaissent davantage comparables.

 

 

Le hashrate du Bitcoin a connu une chute importante de plus de 15 % depuis le 15 juin dernier, la plus marquée depuis trois ans. Selon les données disponibles, cette baisse est passée de près de 943,6 milliards de terahashes par seconde (TH/s) à environ 800 TH/s en quelques jours seulement, suscitant de nombreuses hypothèses concernant ses causes potentielles. La piste géopolitique, notamment les récents événements impliquant l’Iran, a été évoquée par plusieurs observateurs. En effet, l’Iran héberge de vastes opérations minières liées au Bitcoin, souvent contrôlées ou protégées par l’État. Récemment, le pays a subi une coupure quasi-totale d’Internet à la suite de menaces de cyberattaques, suivie de frappes américaines sur ses installations nucléaires, entraînant des coupures de courant. Toutefois, ces événements n’expliquent directement qu’une faible partie (environ 3 %) du recul total du hashrate.

 

 

 

 

 

 

En réalité, la baisse avait déjà commencé avant ces incidents, indiquant que d’autres facteurs pourraient être à l’origine du phénomène. Parmi ceux-ci, on identifie l’augmentation des coûts de l’électricité, exacerbée par les fortes chaleurs estivales aux États-Unis. Cette vague de chaleur réduit l’efficacité du minage et pousse certaines installations peu rentables à arrêter temporairement leurs opérations. La hausse des prix de l’énergie dans certaines régions américaines, liée à une forte demande électrique, accentue également ce phénomène. Enfin, il est important de rappeler que le hashrate du Bitcoin n’est pas directement mesuré mais plutôt calculé en fonction du temps nécessaire à la validation des blocs et de la difficulté actuelle du réseau. Cette méthode de calcul comporte donc une part d’imprécision. Ainsi, la baisse récente semble résulter d’une combinaison complexe de facteurs économiques, environnementaux et géopolitiques, plutôt que d’un événement isolé.
 

La Chambre des représentants de l’Arizona a adopté le projet de loi HB 2324, visant à créer une réserve étatique en Bitcoin et autres actifs numériques. Cette réserve sera alimentée exclusivement par les cryptomonnaies saisies lors d’enquêtes criminelles. Le projet établit également des règles précises quant à la saisie, au stockage et à la revente de ces actifs numériques, avec une répartition définie des recettes entre les autorités policières, le fonds général de l’État, et la nouvelle réserve créée. Selon les modalités prévues, les premiers 300 000 dollars tirés des actifs numériques confisqués seront automatiquement versés au bureau du procureur général de l’État, tandis que le reste des fonds sera divisé entre le trésor public de l’Arizona et le fonds de réserve en cryptomonnaies. Ce nouveau projet de loi fait suite à un autre texte législatif, le HB 2749, approuvé en mai, qui permet déjà à l’État de détenir des cryptomonnaies non réclamées sous leur forme originale, tout en récupérant les récompenses obtenues par le staking. Le parcours législatif du HB 2324 a été complexe, puisque cette proposition avait d’abord échoué lors d’un vote final en mai avant d’être relancée récemment grâce à une série de manœuvres procédurales. Après un vote serré au Sénat, le texte vient donc d’être définitivement adopté par la Chambre des représentants. Le gouverneur Hobbs devra désormais décider si elle entérine ou non cette loi, sachant que par le passé elle a déjà exprimé des réserves face à l’exposition directe des fonds publics aux risques liés au marché des cryptomonnaies.

 

 

La société Strategy, anciennement MicroStrategy, a récemment acquis 245 bitcoins pour environ 24,8 millions de dollars, portant ainsi ses avoirs totaux à 592 345 BTC, équivalant à environ 60 milliards de dollars au prix actuel. Cet achat, réalisé entre le 16 et le 22 juin, constitue cependant l’une de ses plus faibles acquisitions depuis le début de l’année, marquant une certaine retenue dans sa stratégie d’investissement, alors que des incertitudes géopolitiques se sont intensifiées au Moyen-Orient.

 

 

Paolo Ardoino, PDG de Tether, affirme que son entreprise pourrait devenir le plus grand mineur de Bitcoin au monde d’ici la fin de l’année 2025. Tether, qui détient actuellement plus de 100 000 bitcoins, ne considère toutefois pas le minage comme une simple source de profit, mais plutôt comme une stratégie visant à sécuriser son investissement massif dans cette cryptomonnaie, évalué à plus de 10 milliards de dollars. Malgré sa petite équipe de moins de 200 personnes, Tether a dégagé environ 13 milliards de dollars de bénéfices en 2024 et poursuit une stratégie de diversification active dans plusieurs secteurs comme l’intelligence artificielle, les télécommunications, et les infrastructures énergétiques. Depuis 2023, Tether a ainsi investi plus de deux milliards de dollars dans des installations de minage réparties entre l’Uruguay, le Paraguay et le Salvador, notamment dans des sous-stations électriques et des infrastructures basées sur des énergies renouvelables. La compagnie n’a toutefois pas dévoilé publiquement sa puissance actuelle de minage (hashrate), rendant difficile d’évaluer précisément ses affirmations ambitieuses. À titre comparatif, les principaux mineurs de bitcoin, tels que MARA et CleanSpark, affichent des puissances respectives de 57,3 EH/s et 50 EH/s, sur un réseau global dont le hashrate total atteint environ 810 EH/s.

 

 

Le marché demeure en phase de consolidation, et les carnets d’ordres des plateformes d’échange montrent une hausse notable de la liquidité à proximité du prix actuel, ce qui annonce généralement des mouvements rapides à venir (« liquidity grabs »). Les analystes estiment qu’une poussée jusqu’à 111 000 $ est désormais possible, compte tenu de la liquidité importante présente à ce niveau. Enfin, le niveau exact auquel clôturera le mois de juin sera déterminant pour confirmer ou non une éventuelle sortie du Bitcoin de sa récente fourchette de prix. Selon l’analyste Rekt Capital, une clôture mensuelle au-dessus d’environ 102 400 $ constituerait un signal clair de sortie de cette zone de consolidation, dans un contexte marqué par l’attente des prochaines données économiques américaines et la perspective d’un assouplissement des taux d’intérêt par la Réserve fédérale.

 

 

Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.

 

 

Les renseignements présentés le sont en date du 25 juin 2025, à moins qu’une autre date ne soit mentionnée, et à titre d’information seulement. Ils proviennent de sources que nous jugeons fiables, mais non garanties. Il ne s’agit pas de conseils financiers, juridiques ou fiscaux. Les investissements Rivemont ne sont pas responsables des erreurs ou omissions relativement aux renseignements, ni des pertes ou dommages subis.