Nous revoici avec nos communications hebdomadaires après une courte pause estivale. Le prix du bitcoin a brièvement chuté sous les 110 000 $ hier, laissant présager que nous aurons droit à un premier mois de recul après quatre mois de hausse. Ce léger recul ne raconte pas toute l’histoire toutefois. En parallèle, de nombreux altcoins surperforment présentement le bitcoin, menées par ETH qui effectue une impressionnante poussée. Le fonds Rivemont crypto a près de 25% de ses actifs en ETH, si bien que de la valeur ajoutée est activement crée pour les investisseurs. Nous détenons également une position dans XRP et SOL.
Après un pic à 117 000 $ vendredi dernier, stimulé par les propos de Jerome Powell laissant entrevoir une possible baisse des taux d’intérêt, la tendance s’est rapidement inversée, le discours ayant perdu de son effet sur le sentiment des marchés. Selon plusieurs analystes, cette correction s’explique par une combinaison de prises de profits, de résistances techniques et de révisions des attentes vis-à-vis de la politique monétaire américaine. Le climat a été encore plus tendu après la vente massive de 24 000 BTC par un grand détenteur, provoquant des liquidations en chaîne sur les marchés de produits dérivés. Par ailleurs, l’annonce du président Donald Trump de révoquer la gouverneure de la Fed, Lisa Cook, a ajouté un facteur politique supplémentaire d’incertitude concernant l’indépendance de la banque centrale.
Les seuils techniques actuels sont désormais surveillés de près : les 105 000 $ correspondant à la zone de cassure de juin, et surtout le seuil psychologique des 100 000 $. Une chute nette sous ce dernier niveau pourrait déclencher des ventes forcées et accentuer la pression baissière, tandis que la zone des 118 000 à 120 000 $ constitue une résistance majeure tant que le contexte macroéconomique demeure flou. Les marchés se tournent maintenant vers deux indicateurs majeurs attendus cette semaine : la révision du PIB américain du deuxième trimestre, dont la croissance pourrait être ajustée à la hausse à 3,1 %, et l’indice des dépenses de consommation (PCE) de base. Ce dernier est anticipé en légère accélération, de 2,8 % à 2,9 %. Si ces données montraient une croissance en repli combinée à une inflation plus forte qu’attendu, cela pourrait remettre en question la trajectoire de baisse des taux de la Fed en septembre et pour le reste de l’année.
Depuis le début de juin, l’Ethereum s’est nettement distingué du Bitcoin grâce à une dynamique d’achats soutenue. Alors que le BTC n’a progressé que de 9 %, l’ETH a bondi d’environ 70 %, portant le ratio ETH/BTC à un sommet annuel de 0,037. Cette performance exceptionnelle est attribuée à deux facteurs principaux : l’énorme afflux de capitaux dans les FNB au comptant sur l’Ethereum (près de 9,4 milliards de dollars depuis le 2 juin) et l’accumulation rapide d’ETH par des trésoreries d’entreprises, lesquelles détiennent désormais plus de 2 % de l’offre en circulation, contre seulement 0,2 % il y a deux mois. L’étude de K33 Research souligne aussi la montée en puissance des produits dérivés liés à l’Ethereum, en particulier le FNB à effet de levier 2x de VolatilityShares. Celui-ci a accru son exposition de l’équivalent de 456 000 ETH depuis juin et représente désormais environ 61 % de l’intérêt ouvert sur les contrats à terme ETH du CME, soit 1,14 million d’ETH. Cette demande concentrée pour des produits amplifiés traduit un appétit marqué pour l’exposition à la hausse d’Ethereum, en parallèle des flux massifs vers les FNB au comptant.
Du côté du Bitcoin, le climat est plus hésitant. Les contrats à terme et options se sont refroidis après la publication d’un indice des prix à la production supérieur aux attentes en juillet, qui a brutalement fait reculer le BTC de 121 000 $ à 117 700 $ en quelques minutes, déclenchant plus d’un milliard de dollars de liquidations. Les primes sur les contrats CME sont retombées à 5,5 % annualisés, et l’intérêt ouvert, bien que légèrement en hausse, reste proche de ses creux de mai. La volatilité s’est accrue sur le marché des options, les investisseurs payant davantage pour se protéger contre une baisse. Enfin, si les FNB Bitcoin ont terminé le deuxième trimestre à un niveau record de 134,6 milliards de dollars d’actifs, alimentés par la hausse des prix et des réallocations institutionnelles, les flux nets se sont révélés plus faibles en août. Le volume quotidien moyen du BTC au comptant s’est établi autour de 3,4 milliards de dollars, avec des pics de volatilité liés aux annonces macroéconomiques. Dans l’ensemble, la corrélation du Bitcoin avec l’Ethereum reste solide, tandis que ses liens avec l’or et le S&P 500 se sont atténués, laissant présager une volatilité bidirectionnelle importante à l’approche de résistances clés.
Un portefeuille Bitcoin resté inactif pendant sept ans a refait surface en effectuant un mouvement spectaculaire vers l’Ethereum. Selon la firme d’analyse Lookonchain, ce détenteur historique — qui avait reçu à l’époque plus de 100 000 BTC — a récemment vendu une partie importante de ses avoirs pour acheter environ 62 900 ETH, soit près de 270 millions de dollars en achats au comptant. En parallèle, il a ouvert une position longue en produits dérivés équivalente à 135 000 ETH, évaluée à 580 millions de dollars. Les analystes soupçonnent qu’il ne s’agit pas d’une opération isolée, mais d’une stratégie plus large menée par la même entité contrôlant plusieurs portefeuilles. En effet, d’autres adresses dormantes, également associées à ce “Bitcoin OG”, ont montré des dépôts massifs sur la plateforme Hyperliquid avant de basculer vers l’ETH. Lookonchain affirme avoir identifié au total six portefeuilles liés à cette même baleine, qui détiendraient encore plus de 83 000 BTC, pour une valeur proche de 9,5 milliards de dollars. Ce regain d’activité de vieux portefeuilles intervient alors que le marché atteint des sommets inédits, poussant plusieurs détenteurs de longue date à réallouer leurs actifs. Le timing est notable : le Bitcoin a récemment chuté vers 110 000 $, son plus bas en deux semaines, tandis que l’Ethereum se rapproche de son record historique de 4 878 $ atteint en 2021. Cette rotation d’actifs reflète un repositionnement stratégique au profit de l’ETH dans un contexte de marché volatil.
Un député philippin, Miguel Luis Villafuerte, a récemment présenté un projet de loi visant à créer une réserve stratégique nationale en Bitcoin. Cette initiative prévoit que la banque centrale du pays achète 2 000 BTC par an pendant cinq ans, pour constituer un stock total de 10 000 BTC. Les avoirs seraient placés en stockage à froid et soumis à une période de blocage d’au moins vingt ans, ce qui en ferait un actif strictement réservé à des objectifs précis de stabilité financière. Le texte stipule que durant cette période de conservation, ces bitcoins ne pourraient en aucun cas être vendus ou échangés, sauf pour rembourser la dette publique. Une fois la période de vingt ans écoulée, le gouverneur de la banque centrale ne pourrait céder plus de 10 % du total sur une période de deux ans, afin de préserver le caractère stratégique de cette réserve.
Pour le député Villafuerte, l’importance croissante du Bitcoin dans l’équilibre financier mondial justifie une telle démarche. Le projet placerait les Philippines aux côtés de pays comme le Salvador et le Bhoutan, qui ont déjà fait de la cryptomonnaie un actif stratégique national. Actuellement, plusieurs États détiennent déjà des réserves significatives, souvent issues de saisies judiciaires. Les États-Unis et la Chine figurent parmi les plus gros détenteurs, et au total, les gouvernements à travers le monde possèdent environ 517 000 BTC, soit près de 2,5 % de l’offre maximale de 21 millions d’unités. Cette initiative philippine renforcerait donc la tendance croissante à considérer le Bitcoin comme une ressource souveraine de long terme.
La société Strategy a renforcé sa position de leader parmi les détenteurs institutionnels de Bitcoin en annonçant l’achat de 3 081 BTC supplémentaires pour une valeur de 356,9 millions de dollars, à un prix moyen d’environ 115 800 $ par unité. Avec cette opération, son trésor atteint désormais 632 457 BTC, ce qui représente plus de 70 milliards de dollars aux prix actuels. Globalement, la firme a acquis ses bitcoins à un prix moyen de 73 527 $, pour un coût total d’environ 46,5 milliards, ce qui lui confère près de 23,5 milliards de gains latents. Le financement de ces achats s’est effectué par le biais des programmes d’émissions d’actions et de titres préférentiels de l’entreprise. Entre le 18 et le 24 août, Strategy a levé plus de 357 millions de dollars en vendant différentes classes de titres, notamment des actions ordinaires et des actions privilégiées à coupons fixes. Ces instruments de financement, jugés attractifs par les analystes, permettent à la société de continuer à accumuler du BTC tout en maintenant une structure d’endettement relativement modeste. La stratégie adoptée par l’entreprise repose sur un principe simple : utiliser la valorisation boursière élevée de ses actions par rapport à la valeur nette de ses avoirs en bitcoin pour lever du capital et accroître encore ses réserves. Avec une capitalisation boursière avoisinant 112 milliards de dollars, contre 70 milliards d’actifs en BTC, le titre se négocie avec une prime d’environ 60 %, ce que la direction considère comme un atout stratégique. Cette approche a été récemment confirmée par Michael Saylor, président exécutif, qui a rappelé que l’adoption du “Bitcoin Standard” par la société a généré une performance annualisée supérieure aux grands indices et aux actions technologiques de référence.
Selon une étude publiée par Goldman Sachs, le marché des stablecoins pourrait atteindre plusieurs milliers de milliards de dollars dans les prochaines années. Les chercheurs de la banque estiment que les paiements représentent le plus grand potentiel de croissance encore largement inexploité. Jusqu’ici, l’usage des stablecoins repose principalement sur les échanges liés aux cryptomonnaies et la demande d’exposition au dollar en dehors des États-Unis, mais l’essor des paiements numériques pourrait transformer radicalement ce secteur. Goldman Sachs prévoit notamment une forte expansion de l’USDC, le stablecoin émis par Circle, dont la capitalisation pourrait grimper de 77 milliards de dollars d’ici la fin 2027. Cette progression serait soutenue par l’adoption de nouvelles lois encadrant le secteur, qui apportent davantage de légitimité à l’écosystème. En parallèle, Tether (USDT) conserve sa place dominante comme premier émetteur mondial, bien qu’il reste interdit aux investisseurs américains. Circle espère quant à lui bénéficier du climat plus favorable instauré par une administration Trump jugée plus ouverte aux cryptos.
Toutefois, certains analystes, comme ceux de Mizuho Securities, soulignent que la concurrence pourrait freiner la croissance d’USDC. De grandes banques américaines, dont Bank of America, ont déjà exprimé leur volonté d’émettre leurs propres jetons adossés au dollar, ce qui pourrait redistribuer les parts de marché. De son côté, Tether a fait savoir qu’il prépare une stratégie pour pénétrer le marché américain, malgré son exclusion actuelle. Même au niveau institutionnel, les perspectives demeurent ambitieuses. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a récemment affirmé que le marché des stablecoins adossés au dollar et garantis par des bons du Trésor pourrait facilement franchir le seuil des 2 000 milliards de dollars. Selon lui, cette évolution renforcerait l’usage mondial du dollar via ces instruments numériques et pourrait même aller bien au-delà de cette estimation.
Le récent repli du Bitcoin depuis son sommet de 124 500 $ alimente les inquiétudes quant à un possible point haut du cycle. Pourtant, selon plusieurs analystes, rien n’indique que la hausse soit terminée. Les 30 indicateurs de surchauffe généralement utilisés pour identifier un sommet de marché demeurent neutres. Des métriques comme le Puell Multiple (1,39 contre un seuil critique à 2,2) ou le MVRV Z-Score confirment que l’actif reste loin des zones traditionnellement associées aux fins de cycle haussiers. Les données on-chain montrent un schéma classique de capitulation : les nouveaux acheteurs, ayant acquis leurs BTC il y a moins d’un mois, vendent à perte (-3,5 % en moyenne), tandis que les investisseurs plus aguerris conservent leurs positions et affichent encore des gains latents (+4,5 % pour les détenteurs à court terme). Cette redistribution des jetons vers des mains plus solides est perçue comme un signe de consolidation saine, renforçant la base du marché pour un nouveau mouvement haussier.
Le marché a également été secoué par environ 70 millions de dollars de positions longues liquidées lorsque le prix est brièvement tombé sous 111 000 $. Cette purge a fait chuter l’intérêt ouvert et les volumes acheteurs cumulés sur Binance, signe d’un désengagement des investisseurs trop exposés. Pour certains analystes, cette “remise à zéro” réduit les risques de pression baissière et prépare le terrain pour une reprise, avec une zone de liquidité identifiée autour de 117 000 à 118 000 $ susceptible d’attirer les cours.
Enfin, d’un point de vue technique, la correction actuelle de 12 % reste modeste comparée aux reculs de 20 à 30 % observés lors des précédentes phases de ce cycle haussier. Tant que le prix se maintient au-dessus de la moyenne mobile exponentielle des 20 semaines (autour de 108 000 $), le scénario d’un retour vers les sommets récents reste valide, avec un objectif potentiel de 150 000 $ d’ici la fin de 2025. En revanche, une rupture nette sous ce seuil pourrait entraîner un repli plus marqué vers la zone des 95 000 $, correspondant à la moyenne mobile des 50 semaines.
Les Investissements Rivemont, gestionnaire du Fonds Rivemont crypto.
Les renseignements présentés le sont en date du 26 août 2025, à moins qu’une autre date ne soit mentionnée, et à titre d’information seulement. Ils proviennent de sources que nous jugeons fiables, mais non garanties. Il ne s’agit pas de conseils financiers, juridiques ou fiscaux. Les investissements Rivemont ne sont pas responsables des erreurs ou omissions relativement aux renseignements, ni des pertes ou dommages subis.



